En trente ans, l'indice Bel 20 a rapporté 7,8% par an

©BELGA

L'indice vedette de la Bourse de Bruxelles fête ses trente ans ce jeudi. Son visage a bien changé. Il ne s'est toujours pas remis de la crise bancaire de 2008.

Trente ans serait l'âge de la maturité. Lancé officiellement le 18 mars 1991 sur base d'un cours fixé rétrospectivement à 1.000 points le 31 décembre 1990, le Bel 20 devient ce jeudi un indice boursier trentenaire. Celui qui y aurait investi il y a trente ans afficherait aujourd'hui un rendement total de 225%, ce qui revient à un rendement annuel moyen de 4%.

7,8%
REndement brut annuel, dividendes inclus
L'investisseur qui a misé sur le Bel 20 au cours des trente dernières années a récolté un rendement annuel brut de 7,8% en tenant compte des dividendes distribués.

Mais en tenant compte des dividendes perçus, l'investisseur fidèle à l'indice vedette du marché boursier belge a dégagé un rendement brut de 7,8% par an. Alors qu'il pesait 47 milliards d'euros lors de sa naissance officielle, le Bel 20 affiche aujourd'hui une capitalisation boursière totale de près de 300 milliards d'euros. Son poids devrait toutefois retomber à environ 265 milliards dès lundi prochain à cause du changement annuel de sa composition.

En effet, ING , qui pèse près de 40 milliards d'euros en bourse, et Barco , poids plume de l'indice avec moins de 2 milliards, vont céder leur place à Elia (6 milliards) et Melexis (3,5 milliards).

Titres présents dès l'origine

En trente ans, le Bel 20 a vu sa composition changer régulièrement, au gré de l'évolution des fleurons de l'économie belge. Parmi les composants de départ de l'indice phare de la Bourse de Bruxelles, en 1991, on trouve des noms qui fleurent bon le passé industriel de la Belgique, tels que le cimentier CBR, le pétrolier Petrofina, ou encore les énergéticiens Tractebel et Electrabel. Ces valeurs ont aujourd'hui disparu de la cote après des fusions et acquisitions.

La forte pondération du secteur financier lors de la crise bancaire de 2008 explique pourquoi l'indice belge n'a toujours pas retrouvé son record de mai 2007.

On retrouve néanmoins, dans l'indice actuel, des sociétés qui étaient déjà présentes à l'origine, fût-ce sous un autre nom ou avec un périmètre différent. Umicore (anciennement ACEC-Union Minière), UCB , Solvay et GBL n'ont jamais quitté l'indice belge en trente ans, tout comme Ageas même si, à l'origine, l'assureur s'appelait AG Assurances, avant de se transformer en Fortis lors de la fusion avec le CGER, la Générale de Banque et des bancassureurs néerlandais.

Sofina figure aussi parmi les pionniers du Bel 20. Le holding l'avait néanmoins quitté moins de deux ans après son lancement, pour n'y retrouver sa place qu'en mars 2017. Et enfin, Barco avait aussi inauguré l'indice, mais en était également sorti rapidement avant de faire encore l'aller-retour quelques années plus tard. Fidèle à cet historique, le groupe d'imagerie sortira à nouveau du Bel 20 après la clôture de vendredi.

Crise de 2008

Compte tenu de tous ces changements de composition au fil du temps, le Bel 20 d'aujourd'hui est très différent de celui d'il y a trente ans. À ses débuts, l'indice belge était porté sur la finance, avec la Générale de Banque, AG Assurances et la Royale Belge. Il comportait aussi des holdings (la Société générale de Belgique, le Groupe Bruxelles Lambert et Sofina ) et des valeurs industrielles, dont celles précitées, mais aussi Bekaert , Recticel ou encore Tessenderlo . Delhaize figurait aussi dans l'ensemble de départ.

Aujourd'hui, c'est Colruyt qui fait figure de seul groupe de distribution dans le Bel 20. On y trouve toujours des financières, telles que KBC et Ageas mais ING va s'en aller. La forte pondération de ce secteur lors de la crise bancaire de l'automne 2008 explique en grande partie pourquoi le Bel 20 n'a toujours pas retrouvé son sommet historique du 23 mai 2007. Et ce malgré l'essor récent des biotechs Argenx et Galapagos et l'intégration des télécoms (Proximus et Telenet ) et des sociétés immobilières Cofinimmo , Aedifica et WDP . L'indice a le mérite de continuer à refléter le tissu économique belge.

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