Fausse note pour la fin de l'ère Clamadieu chez Solvay

Jean-Pierre Clamadieu quittera la direction de Solvay à la fin du mois pour rejoindre la présidence d'Engie. ©Bloomberg

Malgré des résultats annuels et trimestriels en ligne voire légèrement supérieurs aux attentes des analystes, le titre Solvay perdait 5% en matinée. C'est sans doute la mention d'une croissance "modeste" attendue pour 2019 qui a refroidi les investisseurs.

Après-demain, Jean-Pierre Clamadieu cédera les rênes du groupe Solvay à Ilham Kadri. La fin d’une époque qui aura été marquée par la transformation du groupe avec notamment le rachat emblématique, en 2015, de l’Américain Cytec, actif dans les composites pour l’aéronautique, pour 5,5 milliards de dollars.

Avant de rejoindre la présidence d’Engie, Jean-Pierre Clamadieu peut se féliciter d’avoir atteint ou dépassé les objectifs à moyen terme fixés pour la période 2016-2018 notamment en termes d’Ebitda (+7,5% en moyenne) et de cash-flow libre avec un total de 2,7 milliards d’euros.

Mais sur les trois dernières années, le cours de l’action n’a pas affiché une vitalité éclatante avec un gain limité à 16%. Cela correspond aussi, plus ou moins, au bilan boursier de Solvay depuis l’accession de Jean-Pierre Clamadieu au poste de CEO en mai 2012 avec, toutefois, une envolée jusqu’à 132 euros (+53%) en avril 2015.

Prévisions floues

Pour 2018, le job a été accompli, sans surprise, bonne au mauvaise. Les chiffres du dernier trimestre (chiffre d’affaires et Ebitda sous-jacent) sont en ligne voire légèrement supérieurs aux estimations des analystes. Et la prévision d’une croissance de l'Ebitda sous-jacent comprise entre 5% et 6% pour l'ensemble de 2018 a été réalisée avec une progression de 5,3%.

La déception manifestée en Bourse ce matin - le titre cédait 5% en matinée - vient sans doute du fait que pour l’exercice en cours, Solvay s’est abstenu de plaquer des chiffres sur ses prévisions. Le groupe évoque une "croissance 2019 modeste, plus prononcée dans la seconde moitié de l’année, le premier trimestre étant attendu au même niveau que l’an dernier."

Solvay a précisé lors d'une conférence téléphonique que cette croissance "modeste" serait surtout observable au second semestre.

Toujours à l'achat

Wim Hoste de KBC Securities, qui continue d’apprécier Solvay ("acheter"; 120 euros) pour la transformation de son portefeuille et le potentiel à long terme dans les composites, rappelle toutefois que le groupe avait déjà formulé des prévisions à moyen terme (2019-2021) d’une croissance de l’Ebitda comprise entre 6 et 9% annuellement.

Chez ING, Stijn Demeester ("acheter"; 145 euros) note que le consensus des analystes compilé par Bloomberg table sur une progression de 3,8% de l’Ebitda sous-jacent en 2019. Il s’attend seulement à des révisons mineures au sein de ce consensus.

De son côté, Nathalie Debruyne de Degroof Petercam a décidé de réduire son objectif de cours à 135 euros contre 147 euros avant afin de refléter des ajustements dans ses estimations et le déclassement de certains concurrents.

Mais l’analyste reste à l’achat pour trois raisons:

1. Le nouveau visage de la société n’est pas encore reflété dans sa valorisation actuelle;

2. Le groupe affiche un solide profil de croissance, une résilience de ses bénéfices et une visibilité à long terme;

3. Solvay se négocie toujours avec une décote de 30% par rapport à ses pairs.

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