Faut-il souscrire à l'émission obligataire d'Atenor?

Le CEO d'Atenor, Stephan Sonneville. ©BELGA

Le promoteur immobilier Atenor s'adresse de nouveau aux investisseurs particuliers pour financer ses nombreux projets. Comme l'année passée, l'offre a de fortes chances d'être sursouscrite et de se terminer en quelques heures.

On ne change pas une équipe qui gagne. C'est un peu la première impression qui vient en tête quand on lit les conditions de la nouvelle émission obligataire d'Atenor  . Le promoteur immobilier a annoncé mercredi soir son intention de lever jusqu'à 60 millions d'euros via deux obligations à destination des investisseurs particuliers.

Rappelons qu'Atenor avait procédé de la même manière il y a un peu plus d'un an. Le groupe avait à l'époque récolté 50 millions d'euros en seulement une journée! L'offre avait été sursouscrite plus de deux fois.

La société remet donc le couvert cette année. Elle propose deux obligations:

  • l'une avec une échéance de quatre ans
  • l'autre avec une échéance de six ans

Pour quels coupons?

Les coupons bruts assortis à ces titres de dettes sont respectivement de 3,00% et 3,50%, payables le 8 mai de chaque année. C'est légèrement mieux que l'année passée où le coupon brut de l'obligation à 4 ans était de 2,875%.

Mais encore une fois, l'émission a lieu au-dessus du pair: les prix sont fixés à 101,50% pour la tranche à quatre ans et 101,875% pour la tranche à six ans. Alexandre Goldwasser, du site web spécialisé Goldwasser Exchange, y voit une raison marketing. "Cela permet d'avoir un plus haut coupon. Ce qui est dommage pour les investisseurs particuliers car ils payent le précompte mobilier de 30% sur le coupon et non sur le rendement".

Au final, les rendements actuariels nets s'élèvent à 1,709% et 2,114%.

"Un bel avantage de taux"

L'annonce d'Atenor arrive à un moment tout à fait opportun. Les rendements obligataires évoluent toujours à des niveaux historiquement bas. Le taux belge à 10 ans est par exemple tombé à 0,46% contre 0,78% au moment de sa précédente émission obligataire.

"Comparées au taux d'intérêt des emprunts d'État belges, qui s'établissent à -0,25% sur 4 ans et à -0,03% sur 6 ans, ces obligations offrent un bel avantage de taux"
Youry Huygen
L'Investisseur

Youry Huygen, analyste financier pour le magazine L'Investisseur, pointe cependant une fausse note. Les rendements nets proposés couvrent "difficilement" l'inflation attendue sur cette même période. Pour mémoire, le taux d'inflation en Belgique est passé à environ 2,3% le mois dernier. Ce qui implique une perte de pouvoir d'achat. "Mais pour ceux qui souhaitent étoffer la partie de leurs placements à taux fixe, ces obligations peuvent servir de diversification limitée".

Notons aussi que l'émission obligataire d'Atenor a lieu au moment où les comptes d'épargne des Belges sont pleins à craquer. En février, l'encours total des livrets a même atteint un plafond historique (272,6 milliards d'euros).

Encore sursouscrite

La période de souscription s'étend du lundi 29 avril au vendredi 3 mai 2019. Mais il y a de "fortes chances" que l'offre soit à nouveau sursouscrite cette année. "Nous estimons que les obligations seront souscrites comme des petits pains, compte tenu de la taille limitée de l'émission. Si vous êtes intéressé, souscrivez dès le premier jour", conseille Youry Huygen.

De son côté, Alexandre Goldwasser rappelle qu'il existe très peu d'émissions où le montant minimum de souscription est de 1.000 euros seulement. "Tous les ingrédients sont réunis" pour une opération réussie, estime-t-il. 

Reste la question d'une allocation convenable. Selon Alexandre Goldwasser, il est possible que des investisseurs qui auront souscrit pour des montants importants ne reçoivent qu'une partie des obligations demandées.

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