Grâce à Sanofi, Kiadis règle ses problèmes financiers à court terme

Sanofi versera à Kiadis une avance de 17,5 millions d'euros et jusqu'à 857,5 millions d'euros sous forme de paiements d'étape. ©sanofi

En s'alliant avec le laboratoire français, la biotech gonfle encore son matelas de cash. De quoi lui permettre de tenir au moins jusque début 2021, selon KBC Securities.

Le retour en grâce de Kiadis Pharma ? La biotech néerlandaise a annoncé ce mercredi s'être alliée avec le laboratoire français Sanofi pour développer trois thérapies cellulaires encore au stade pré-clinique, notamment le K-NK004. Il s'agit d'un produit à base de protéines CD38 inactives ("knock-out") spécialement conçu pour être utilisé avec des anticorps monoclonaux anti-CD38 - tel que le Sarclisa de Sanofi - pour le traitement du myélome multiple. Une belle opportunité donc pour le groupe français qui a l'intention de faire des vagues dans l'oncologie et concurrencer le Darzalex du tandem Genmab-Janssen.

-73,9%
La descente aux enfers de kiadis
En 2019, l'action Kiadis a dégringolé de 73,92% pour tomber sous la barre de 2 euros l'unité.

Pour Kiadis, c'est un double soulagement après avoir connu des moments difficiles ces derniers mois. Rappelons qu'en novembre 2019, la biotech avait dû abandonner le développement de son produit phare, l'ATIR101, et licencier la moitié de son personnel pour se concentrer uniquement sur sa plateforme de thérapies cellulaires dites "natural killer" (NK). Une annonce très mal accueillie par les investisseurs et analystes. La société a perdu les trois quart de sa valeur en bourse l'an dernier pour tomber sous la barre de 2 euros l'action.

Cet accord avec Sanofi lui permet donc de rassurer les investisseurs en leur montrant qu'elle est sur la bonne voie. "L'accord avec Sanofi - avec son expertise de classe mondiale et sa profonde compréhension dans l'étude des cellules NK - témoigne du potentiel révolutionnaire de notre plateforme de cellules tueuses naturelles K-NK pour traiter les maladies mortelles", a réagi le CEO de Kiadis, Arthur Lahr, dans un communiqué.

De grands besoins de trésorerie

Autre soulagement: l'argent, nerf de la guerre pour toutes les biotechs. Sanofi versera à Kiadis une avance de 17,5 millions d'euros et jusqu'à 857,5 millions d'euros sous forme de paiements d'étape une fois les essais précliniques et cliniques effectués et les milestones régulatoires et commerciaux atteints. La société néerlandaise recevra également des royalties sur un montant à "deux chiffres" et basées les ventes.

"L'accord fournit à Kiadis un matelas financier nécessaire. (...) Nous pensons que la biotech a de quoi tenir jusqu'au premier trimestre 2021."
KBC Securities

"Outre la validation de sa plateforme par un grand partenaire pharmaceutique, l'accord fournit à Kiadis un matelas financier nécessaire", soulignent Lenny Van Steenhuyse et Sandra Cauwenberghs, analystes de KBC Securities. "Bien que la biotech donne peu d'indications en la matière, elle semble maintenir une forte consommation de trésorerie, que nous estimons à environ 12,5 millions d'euros par trimestre. À ce titre, nous pensons que Kiadis a de quoi tenir jusqu'au premier trimestre 2021".

Pour mémoire, la société disposait encore de 29,5 millions d'euros fin décembre, contre 60,3 millions fin 2018, selon son dernier rapport annuel. À noter que Sanofi supportera tous les coûts liés aux activités de recherche et développement, de production, de procédures réglementaires et du lancement commercial associés aux programmes K-NK sous licence. Kiadis conserve toutefois les droits exclusifs et sélectionnera des donneurs universels pour Sanofi; donneurs qui seront payés par Sanofi.

Le problème de financement de la biotech étant partiellement réglé grâce à cet accord et aux augmentations de capital réalisées en avril dernier, les analystes de KBC Securities ont donc décidé de relever sa recommandation à "conserver" contre "vendre" auparavant. L'objectif de cours est par contre maintenu à 2 euros. En cause, un domaine de développement clinique risqué et des besoins de financement encore présents à court terme puisque la biotech possède moins de 12 mois de trésorerie disponible.

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