L'actionnaire en dernier recours pour AB InBev?

Il sera difficile pour AB InBev de remettre sur les rails son IPO en Asie dans un temps rapproché. Il va falloir au brasseur trouver d'autres pistes pour réduire son lourd passif. ©BELGA

Après le fiasco subi en Asie dans le dossier lié à l'IPO d'Apac, AB InBev va devoir concocter un plan B. On ne peut écarter la possibilité que le groupe choisisse de solliciter ses actionnaires pour réduire sa montagne de dettes.

Il n’y a pas de quoi s’alarmer outre-mesure. L’échec d’AB InBev à introduire ses activités en Asie (Apac) à la Bourse de Hong Kong via une offre en souscription (IPO) suscite malgré tout un certain nombre de questions auprès de ses actionnaires. Celle principalement de la manière dont le brasseur envisage de s’y prendre afin de réduire une fois pour toutes sa montagne de dettes vertigineuse. A la clôture de son exercice fiscal de 2018, celles-ci s’élevaient à 102 milliards de dollars (89 milliards d’euros).

On imagine mal AB InBev remettre en piste cette opération d’introduction en Bourse (IPO) dans un temps rapproché. Les candidats-investisseurs n’ont pas été dupes. Le prix qu’AB InBev proposait pour ses activités d’Asie était nettement trop élevé. Représentant une trentaine de fois le bénéfice attendu pour l’année …2020, soit presque deux fois ce que les analystes prévoient pour la société mère elle-même, de toute évidence, le prix de cette IPO n’avait pas de quoi séduire les investisseurs. Comme l’avancent les journalistes de Bloomberg, AB InBev a dû imaginer que sa position de leader sur le marché de la bière de luxe en Chine lui permettait de viser haut, voire très haut. On imagine à présent difficilement comment AB InBev pourrait retrouver la pleine confiance des candidats-investisseurs, même s’il devait cette fois accorder un rabais significatif.

Des solutions préconisées

L’échec qu’AB InBev vient de subir ternit en quelque sorte sa renommée de gagnant à tous les coups.

Comment AB InBev va-t-il procéder pour abaisser le montant de sa dette financière? Car, avec l’échec qu’il vient de subir et qui ternit en quelque sorte sa renommée de gagnant à tous les coups, il dispose désormais de moins de temps pour prouver qu’il est capable d’alléger son lourd passif. Le rating de sa dette financière (A-) auprès de l’agence de notation S&P correspond à celui d’entreprises généralement beaucoup moins endettées. AB InBev court plus que jamais le risque de le voir se détériorer. Avec, pour conséquence, que le coût de ses financements s’alourdira et pèsera sur les bénéfices.

Lors de la publication des résultats pour son premier trimestre, ses dirigeants avaient précisé que le coupon moyen sur la dette nette devrait se situer entre 3,75 et 4,00% cette année.

Quelles solutions AB InBev préconiserait-il? Dans les coulisses des marchés, on cite les réductions de coûts auxquelles le brasseur a coutume de recourir à chaque fois qu’il effectue une acquisition. Dans ce registre, sa marge de manœuvre se rétrécit néanmoins de mois en mois. Celles prévues (3,2 milliards de dollars) dans le cadre du rachat de SABMiller sont sur le point d’être totalement atteintes.

La vente de certains actifs peut constituer une autre solution. AB InBev détient plus de 60 marques de bières dans le monde. Le revers de la médaille de ces cessions serait d’assister à une baisse de revenus et de profits pour AB InBev.

Réduction du dividende? 

Certains observateurs avancent une nouvelle réduction du montant du dividende. Mais après l’avoir déjà diminué de 50% à l’automne dernier à 1,80 euro brut, on voit mal les dirigeants du groupe privilégier cette perspective au risque de susciter le mécontentement des actionnaires. L’annonce de cette décision l’an dernier avait été suivie par une chute de 15,5 milliards d’euros de la valeur du groupe en Bourse.

Enfin, l’éventualité d’une augmentation de capital peut aussi constituer un début de solution. Reste à savoir si les principaux actionnaires seront disposés à mettre la main au pot, sous peine d’être dilués. Une telle opération se réalisant d’ordinaire à des niveaux de cotation élevés, une remontée du cours de l’action AB InBev à la Bourse de Bruxelles pourrait bien être un indice selon lequel la société privilégierait cette piste. A suivre donc.

 AB InBev publiera ses résultats pour le 2e trimestre le 7 août prochain.

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