L'ancien propriétaire de Balta met l'action sous pression

Filip Balcaen a tenté par deux fois de racheter la société Balta fondée par sa famille ©Emy Elleboog

Balta a perdu près de de 6% ce lundi à la Bourse de Bruxelles. En cause: les propos de son ex-propriétaire. Filip Balcaen estime que le cours de Bourse actuel n’est pas encore vraiment bon marché.

Dans une interview accordée ce weekend à nos confrères du journal De Tijd, l'entrepreneur flamand Filip Balcaen a donné son avis sur Balta  et ses performances sur les marchés. Des propos que les investisseurs ont perçus comme un signal pour retirer leurs billes: le titre Balta a abandonné un peu moins de 6% ce lundi  Il évolue à présent autour des 3,3 euros, soit bien loin des 13 euros fixés à son premier jour de cotation en juin 2017 (voir graphique). 

Qu'est-ce que Filip Balcaen a pu dire et pourquoi cela déplaît-il autant au marché? L'homme connait très bien le spécialiste des revêtements de sol textile. Fondée en 1964 par son père, Paul, la société, connue alors sous le nom de Balcaen Tapijten, avait été revendue en 2004 par Filip au fonds d'investissement Doughty Hanson pour 600 millions d'euros.

Dans les colonnes du Tijd, le patron explique qu'il a par la suite "essayé de racheter la société à deux reprises", en 2009 d'abord, et en 2017 ensuite, juste avant l'introduction en Bourse de Balta. "Mais le montant fixé par les vendeurs était beaucoup trop élevé", avoue un Filip Balcaen qui ne comprend toujours pas pourquoi le prix d'IPO était si haut. Le patron flamand va même plus loin. Il craint en effet que "le prix actuel de l'action Balta n'est pas encore réellement bon marché" et que le titre pourrait "encore se replier davantage". 

Pour Filip Balcaen, Balta dégage encore des bénéfices et deux des quatre divisions du fabricant de tapis (les moquettes pour le secteur résidentiel et les dalles-moquettes pour les bureaux et les hôtels) ne se débrouillent pas trop mal. Toutefois les conditions de marché sont très mauvaises pour la division des tapis tissés, précise encore le fils du fondateur de Balta. Filip Balcaen pointe aussi l'endettement élevé de la société, ce qui laisse peu de marge pour les investissements.

Une proie facile 

L'interview de Filip Balcaen n'est pas le seul signal qui aiguille les marchés. Fin février, le titre avait déjà culbuté de 15% en quelques séances pour atterrir à la mi-mars à un plancher historique de 3,03 euros. Dans l'intervalle, Balta avait publié des résultats peu enthousiasmants avec un Ebitda ajusté pour 2019 du même tonneau que celui de l'an dernier.

Avec un prix si bas, deux analystes avaient fait à ce moment de Balta une proie potentielle pour un concurrent, soulignant notamment que la société de Vive-Saint-Bavon se négocie avec une décote tournant autour de 20% par rapport à la concurrence. 

La semaine dernière Balta, qui n'avait toujours pas remplacé le CEO remercié en août dernier, a confirmé au poste le patron intérimaire Cyrille Ragoucy. Un plan de redressement sur trois ans est sur les rails pour améliorer sa rentabilité et les bénéfices générés par le groupe.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect