La Bourse de Bruxelles veut faire revenir le petit investisseur en baissant le précompte mobilier

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Le patron d’Euronext Bruxelles plaide en faveur d’une réduction du précompte mobilier. Objectif: faire revenir le petit investisseur en bourse et attirer de nouvelles sociétés belges à la cote.

Lors d’une conférence organisée par Euronext Bruxelles, les responsables du marché bruxellois ont dit s’attendre à 2 ou 3 introductions en bourse (IPO) avec levée de fonds de la part de sociétés belges. Les noms n’ont pas été cités. "Et on espère peut-être davantage encore d’opérations", souligne Benoît Van Den Hove, responsable des listings.

L’an dernier, on a répertorié 6 arrivées à la cote: Sequana Medical (IPO), Titan Cement, Immupharma, Audiovalley, Advicenne, Akka Tech, les trois dernières étant des doubles cotations (dual listing). Dans le même temps, on a dénombré 10 sorties, souvent des petites capitalisations (dont Dexia).

Au fil des ans, le nombre de sociétés belges qui sont cotées s’est contracté de manière substantielle. Elles sont au nombre de 123 alors qu’elles étaient plus de 300 au début des années 70.

Les derniers listings en bourse ont par ailleurs souvent été le fait de sociétés étrangères. Vincent Van Dessel, le CEO du marché bruxellois, regrette ce manque de sociétés locales dans les arrivées en bourse. C’est pourquoi il lance un appel à destination du (futur) gouvernement. Pour le patron de la bourse, l’écosystème belge a besoin de davantage d’IPO de sociétés locales et d’une présence plus grande des actionnaires individuels.

Les "familles et fondateurs" détiennent plus de 50% de l’indice Bel 20.

Il préconise une seule mesure: une réduction du précompte mobilier sur les dividendes, de 30% à 20% par exemple, pour les sociétés cotées et à 15% pour les petites sociétés (capitalisation inférieure à 1 milliard d’euros). Cela ne coûterait pas (trop) cher à l’État puisque cela ne concerne que les particuliers (les institutionnels récupèrent le précompte mobilier) et cela aurait pour effet de soutenir l’activité, de créer des emplois et conserver un ancrage belge des sociétés. Cela pourrait également encourager les entreprises familiales à entrer en bourse.

Vincent Van Dessel constate d’année en année une baisse des volumes de transactions sur les petites capitalisations. Ce sont des sociétés qui ne sont pas négociées par les investisseurs institutionnels mais bien par les particuliers. Pour lui, ces petites sociétés risquent de connaître des difficultés de financement si elles n’attirent pas davantage l’intérêt de l’investisseur.

Du côté du particulier, il parle d’un réel découragement de l’investisseur, notamment en raison des multiples taxes qui se sont abattues sur la bourse. La taxe sur les opérations de bourse a été doublée, le précompte mobilier sur les dividendes également. Et puis, il y a eu la taxe sur les riches, sur la spéculation, sur les comptes-titres… Vincent Van Dessel ne cible pas trop la taxe sur les opérations de bourse (TOB) dans la mesure où il faut tenir compte aussi de l’absence de taxation des plus-values en Belgique. Pour lui, la réduction du précompte mobilier serait la mesure la plus efficace pour renforcer la présence locale à la fois des sociétés et des investisseurs individuels.

Actionnariat du Bel 20

Une étude a par ailleurs été réalisée sur l’actionnariat du Bel 20. Euronext a réussi à identifier au 30 juin dernier 67% de l’actionnariat de l’indice belge (en dessous d’un certain seuil de participation, les participations ne doivent pas être divulguées).

30,9%
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30,9% de l’actionnariat est aux mains de fonds de placement dont les principaux sont Vanguard, BlackRock et Amundi Asset Management.

Il apparaît que 52,7% de l’indice est détenu par des familles et des fondateurs ("families and founders"), des participations qui sont le plus souvent logées dans des fondations à l’étranger (Luxembourg et Pays-Bas). Ces "families and founders" sont présents dans 13 des sociétés du Bel 20, notamment dans AB InBev. Par ailleurs, 30,9% de l’actionnariat est aux mains de fonds de placement dont les principaux sont Vanguard, BlackRock et Amundi Asset Management. Ces fonds ont le plus souvent une stratégie de "buy and hold": ils achètent des actions et les gardent un certain temps en portefeuille. On constate aussi une progression de l’investissement passif (calqué sur l’indice Bel 20). L’Etat belge détient de son côté 2,5% du Bel 20, soit l’équivalent de 5 milliards d’euros.

Awards

Lors d’une cérémonie organisée ce jeudi soir avec Guberna, Euronext a par ailleurs décerné ses awards pour 2019, avec notamment un "Sustainable Growth Award" pour la croissance durable décerné à Umicore devant Telenet et UCB. Pour la petite histoire, cette année 2020 marque aussi les vingt ans de la création d’Euronext, qui réunissait à l’origine les marchés de Paris, Bruxelles et Amsterdam.

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