La crise du coronavirus creuse la décote des holdings

Bois Sauvage est une "opportunité unique" d'investir dans Neuhaus, selon Degroof Petercam. Le holding présente une décote de 30%. ©REUTERS

Lors de chaque crise boursière, la décote des holdings augmente. La crise du coronavirus n'a pas fait exception. C'est "une opportunité d’achat pour ceux qui investissent à long terme", estime Degroof Petercam.

La bourse de Bruxelles compte de nombreux holdings, qui peuvent représenter une alternative aux fonds d’investissement. La plupart d’entre eux sont, comme les fonds, très diversifiés et détiennent des participations dans des secteurs très variés. La société d’investissement flamande GIMV , par exemple, est présente au capital de 55 entreprises.

0,50%
Les frais de gestion des holdings atteignaient en moyenne environ 0,50% de leur valeur intrinsèque ces cinq dernières années.

Dans un rapport de 120 pages publié lundi, Joren Van Aken et Kris Kippers, analystes chez Degroof Petercam, comparent ces holdings avec les trackers, ces fonds cotés qui répliquent les résultats d’un indice, et ce, à faible coût. "Ces cinq dernières années, les frais de gestion des holdings se montaient en moyenne à environ 0,50% de leur valeur intrinsèque", a calculé Degroof Petercam. Par comparaison, les frais de gestion des trackers (cotés) représentaient 0,44% et ceux des fonds indiciels (non cotés) se montaient à 0,74% de leur valeur.

"Au niveau des coûts, les holdings tiennent bien la comparaison avec les fonds gérés passivement", concluent les experts de Degroof Petercam. Parmi les holdings belges, c’est Brederode, Bois Sauvage et Ackermans qui affichent les frais les plus bas (de 0,1 à 0,3% de leur valeur intrinsèque). Quest for Growth et GIMV sont les plus chers (de 1,5 à 1,6%). "Quest for Growth paie chaque année des frais de gestion de 1% à Capricorn Partners", explique Degroof Petercam.

Décote ou prime

L’analyse de Degroof Petercam suit le schéma suivant: tout d’abord, la maison de bourse détermine la décote/prime correcte à laquelle un holding doit se négocier. Cette évaluation est réalisée sur la base de différents paramètres, comme la liquidité, la communication, la diversification, le palmarès, la politique de dividende, l’endettement et le profil de croissance. La maison de bourse compare ensuite la décote/prime calculée avec la décote/prime réelle.

"Pendant la panique qui a suivi l’éclatement de la crise du coronavirus, les cours de bourse des holdings ont rapidement plongé sous la valeur réelle de leurs participations."
Joren Van Aken et Kris Kippers
Analystes chez Degroof Petercam

Bois Sauvage, qui a investi dans le producteur de pralines Neuhaus, et la pricav Quest for Growth, se négocient, par exemple, 29% en dessous de la valeur réelle de leur portefeuille, tandis que Degroof Petercam estime qu’une décote de respectivement 22 et 25% serait mieux adaptée. Par conséquent, la maison de bourse a relevé lundi son conseil pour Bois Sauvage de "conserver" à "acheter". Quest for Growth, également suivi depuis peu par Degroof Petercam, a obtenu la recommandation "acheter".

"Pendant la panique qui a suivi l’éclatement de la crise du coronavirus, les cours de bourse des holdings ont rapidement plongé sous la valeur réelle de leurs participations. Les décotes ont donc augmenté. Malgré la reprise boursière, elles n’ont toujours pas retrouvé leur niveau d’avant-crise", conclut Degroof Petercam.

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