La crise sanitaire a raboté le salaire des patrons du Bel 20

L'an dernier, le CEO du groupe de biopharmacie UCB, Jean-Christophe Tellier, a gagné 126 fois plus que l'employé le moins bien payé de l'entreprise. ©saskia vanderstichele

Que gagnent les dirigeants du Bel 20? Quel écart cela représente-t-il avec les salaires de leurs propres salariés?

Depuis cette année, les entreprises cotées du pays sont légalement tenues de mentionner dans leur rapport de rémunération la différence de salaire entre le collaborateur le mieux payé – la plupart du temps le CEO – et le moins bien payé.

Sur ce plan, la palme revient au groupe de biopharmacie UCB, et à son CEO Jean-Christophe Tellier, qui a empoché l'an dernier 6,83 millions d'euros, soit 126 fois plus que l'employé le moins bien payé, qui a perçu 54.000 euros brut.

Chez Solvay, la CEO Ilham Kadri a gagné 108 fois plus que le collaborateur le moins bien payé en Belgique.

Le CEO d’AB InBev, Carlos Brito, a empoché quant à lui 66 fois le salaire du travailleur le moins bien payé du groupe.

Chez KBC, le CEO Johan Thijs a perçu 48 fois plus que l'employé le moins bien payé de KBC S.A., contre 40/1 chez Ageas et 62/1 chez Umicore.

L'obligation légale de publier la tension salariale est nouvelle, et toutes les entreprises ne la calculent pas de la même manière.

La tension salariale la plus faible parmi les entreprises du Bel 20 est rapportée chez Cofinimmo, dont le CEO Jean-Pierre Hanin ne gagne "que" 14 fois plus que les collaborateurs les moins bien payés. Le nombre d'employés de Cofinimmo est relativement limité, et la plupart d'entre eux détiennent un diplôme de l'enseignement supérieur.

Chez Proximus, le CEO Guillaume Boutin gagne 26 fois plus que l’employé le moins bien payé.

7,14
millions d'euros
En 2019 et 2020, Tim Van Hauwermeiren était le patron le mieux payé du Bel 20. Sa rémunération globale se montait à 7,14 millions, soit une hausse de 16%.

L'obligation légale de publier la tension salariale est nouvelle, et toutes les entreprises ne la calculent pas de la même manière. Telenet ne fournit par exemple que le rapport entre le salaire de base du CEO John Porter, ce qui aboutit à une différence de "seulement" 21,1/1. Chez Ackermans & van Haaren, on se base uniquement sur le salaire fixe du CEO Jan Suykens, ce qui aboutit à un ratio de 15/1.

La société de biotechnologie ArgenX se base sur la rémunération de son patron Tim Van Hauwermeiren, hors formules liées aux actions, et la compare avec le salaire moyen, ce qui donne un rapport de 6,7/1.

Champion de la rémunération

L'an dernier, tout comme en 2019, Tim Van Hauwermeiren était le patron le mieux payé du Bel 20. Sa rémunération globale se montait à 7,14 millions, soit une hausse de 16%. La rémunération du patron d’ArgenX comprend 92% de rémunération variable sous forme d’actions, un record parmi les entreprises du Bel 20.

Au deuxième rang, on trouve Jean-Christophe Tellier, CEO du groupe de biopharmacie UCB, avec une rémunération totale de 6,8 millions d'euros (+19% par rapport à 2019).

La troisième place revient au patron de Telenet John Porter, qui empoche 6 millions d'euros. Cette année, Telenet a modifié sa façon de communiquer sur les rémunérations de ses dirigeants. L'entreprise communique désormais également la rémunération liée à des actions acquises au cours de l'exercice sous revue, mais qui n’ont pas (encore) été réalisées. Il peut par ailleurs s'agir de bonus accordés pour les exercices précédents, mais dépendant de la réalisation de certains objectifs. Depuis 2020, Telenet verse également des sommes importantes dans un fonds de pension au bénéfice de Porter.

L'an dernier, Harold Boël, le patron de la société d'investissement Sofina a vu sa rémunération totale quasiment doubler. Boël a reçu un montant supplémentaire – pour 2019 et 2020 – dans le cadre d'un plan de compensation à moyen terme.

Chez Ageas, les deux CEO Bart De Smet et Hans De Cuyper – le dernier ayant a succédé au premier fin octobre 2020 – ont perçu ensemble une rémunération de 2,4 millions d'euros. Cette somme comprend une indemnité de départ contractuelle de 857.000 euros pour Bart De Smet, dont la moitié a été versée en 2020. De Smet percevra 25% en 2021 et les 25% restants en 2022.

La rémunération de Carlos Brito, CEO d'AB InBev, a baissé de près de 70% en 2020.

L'an dernier, Onno van de Stolpe, patron de la société de biopharmacie Galapagos, a vu sa rémunération plonger de 50%. La raison? En 2019, il s'était vu attribuer un bonus exceptionnel, qui ne s'est pas répété en 2020.

Carlos Brito, CEO d'AB InBev, a vu sa rémunération de 2020 fondre de près de 70%. Il a renoncé à une partie de son salaire de base, à cause de la crise du coronavirus, qui a fortement touché le groupe brassicole. Il n'a en outre perçu aucun bonus en 2020, alors que celui de 2019 – lié à la réalisation de certains objectifs financiers – était plutôt élevé.

Rapport de rémunération

En novembre 2020, le Corporate Governance Committee belge a adressé de nouveaux conseils aux sociétés cotées quant à la façon de communiquer sur les salaires de leurs dirigeants dans leur rapport de rémunération. Le comité recommande d'indiquer les montants versés pendant l'année sous revue, même s'il s'agit de reports de paiements d'années antérieures. Par conséquent, les chiffres peuvent être très différents des montants accordés pendant l'exercice sous revue.

Cette autre façon de communiquer ne permet pas toujours de comparer la rémunération de 2020 avec celle des autres années. Par ailleurs, toutes les entreprises n'ont pas suivi ces nouvelles recommandations, y compris quant aux rémunérations sous forme d'actions. Ceci, à son tour, rend plus difficile la comparaison entre les entreprises.

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés