"La probabilité d'une OPA sur EVS s'éloigne mais ne disparaît pas"

©Frédéric Pauwels / HUMA

EVS a fait entrer deux actionnaires de renom dans son tour de table via une augmentation de capital. Les analystes retiennent surtout l'aspect stratégique de cette opération qui pourrait contrer d'éventuelles velléités d'OPA dans le chef d'Evertz.

Le lendemain de Noël, EVS a surpris les rares investisseurs attentifs alors qu’Euronext Bruxelles était fermé pour permettre à tout un chacun de digérer, sans aigreur d’estomac, les dindes farcies et les bûches à la crème.

On s’est aperçu, à cette occasion, que le spécialiste des solutions de production vidéo en direct n’était pas resté les bras ballants depuis l’annonce, mi-octobre, de l’entrée dans son capital du concurrent Evertz Technologies à hauteur de 3,12%. Une prise de participation que certains voient comme les prémices d’un rachat potentiel.

Pour renforcer et stabiliser un actionnariat éclaté et pour la soutenir dans le développement de ses activités dans un marché confronté à des consolidations et des changements constants, la société liégeoise a ouvert son tour de table. Le holding anversois Ackermans & van Haaren (AvH) et Belfius Assurance ont pris chacun une participation de 2,45% via une augmentation de capital de 15 millions d’euros. Les nouveaux actionnaires seront représentés au sein du conseil d’administration.

Tenir Evertz à l'écart

"EVS ne souhaite pas lier cette opération avec l’entrée de son concurrent Evertz dans son capital, note Guy Sips de KBC Securities  mais nous pensons qu’elle entre parfaitement dans le cadre d’une stratégie visant à tenir Evertz à l’écart." L’analyste qui reste à "accumuler" sur la valeur avec un objectif de cours de 26 euros estime que cette augmentation de capital aura un impact dilutif réduit qui sera compensé par ses bénéfices. D’ailleurs pour lui, la levée de fonds est moins importante que l’expertise apportée par les nouveaux actionnaires.

Le scénario IRIS

A ce sujet, David Vagman d’ING rappelle que cet investissement d’AVH est similaire à celui réalisé en 2007 dans IRIS, une société alors cotée en Bourse et fondée par l’actuel président d’EVS. AVH avait investi 5 millions en 2007 via une augmentation de capital. Il a vendu sa participation deux ans plus tard à Canon dégageant une plus-value de 3 millions d’euros. Canon a ensuite retiré IRIS du marché. A l'actif d'AVH, il signale aussi que le holding est un important actionnaire de longue date d'Euro Media Group, un gros client d'EVS

"Attirer AvH et Belfius autour de la table renforcera la position du conseil d’administration lorsqu’il sentira prêt à vendre la société" juge l’analyste qui conseille toujours un achat de la valeur avec un "traget" fixé à 30 euros.

Des fonds superflus

Stefaan Genoe de son côté, estime qu’EVS disposait avant cette levée de fonds de suffisamment de cash avec des liquidités net évaluées à 40 millions d’euros à la fin de l’année. "Sachant cela, nous pensons que ces actionnaires de référence aurait dû acheter des titres existants plutôt que de nouvelle actions. La société n’a pas besoin de capital en plus" assure l’analyste de Degroof Petercam.

Les nouveaux venus détiendront ensemble 4,9% des parts, le fondateur Michel Counson possédant 5,8%. EVS dispose également de 1% d’actions propres. "Bien que cela ne constitue pas une minorité de blocage, cette position présente un contre-poids face à Evertz"

Pour Stefaan Genoe, cette transaction n’élimine pas le potentiel d’un rachat mais en réduit la probabilité. Du coup, il a décidé d’abaisser son objectif de cours à 27,5 euros contre 30 euros avant. Sa recommandation reste à "acheter".    

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