La prudence d'Ontex surprend les analystes

Si Ontex se dit "bien positionné pour résister à l'environnement économique plus difficile", le groupe a tout de même suspendu ses prévisions annuelles. ©Wim Kempenaers (WKB)

Pas d'objectifs annuels, pas de dividende... Face au manque de visibilité créé par la crise actuelle, le fabricant de couches opte pour la prudence. Certains analystes n'y voient pourtant aucune raison vu le secteur dans lequel Ontex est actif.

La (trop?) grande prudence d'Ontex  cacherait-elle quelque chose? Le spécialiste de produits d’hygiène personnelle jetables a créé la surprise jeudi en annonçant la suspension de ses prévisions et le report d'un éventuel dividende. Certes, de nombreuses entreprises belges et internationales ont pris la même décision par crainte de l'impact du Covid-19 sur leurs activités. 

"Oui, en effet, il y a de l'incertitude mais les produits d'Ontex sont essentiels et pourraient même bénéficier de la tendance des consommateurs à se tourner vers des articles moins chers."
Fernand de Boer
Analyste chez Degroof Petercam

La crise actuelle ne semble pourtant pas affecter outre mesure Ontex. Le groupe belge affirme lui-même qu'il est "bien positionné pour résister à l'environnement économique plus difficile". Ses 18 sites de production restent ouverts et les perturbations sont jusqu'à présent "limitées".

Qui plus est, ses revenus au premier trimestre sont supérieurs aux attentes des analystes. "Nous nous attendions à une certaine amélioration, après un recul de 1,4% au dernier trimestre 2019, mais la demande a été beaucoup plus forte que prévu en Europe occidentale", souligne Reginald Watson, analyste chez ING, qui tablait sur une baisse de 0,4% durant les trois premiers mois de 2020.

Plutôt des raisons d'être optimiste

Chez Degroof Petecam, c'est l'incompréhension. "Nous sommes quelque peu surpris de voir la société abandonner ses perspectives et suspendre son dividende. Oui, en effet, il y a de l'incertitude mais les produits d'Ontex sont essentiels et pourraient même bénéficier de la tendance des consommateurs à se tourner vers des articles moins chers", explique Fernand de Boer. Selon lui, il n'y aucune raison pour laquelle la direction est aussi prudente.

9
millions d'euros
L'effet de change négatif a coûté 9 millions d'euros à Ontex durant le premier trimestre. Et cela risque de durer tout au long de l'année 2020 selon certains analystes.

L'analyste déplore également l'absence de commentaires sur l'évolution de l'Ebitda. "Une partie du levier opérationnel a très probablement été compensée par un effet de change négatif", pense-t-il. Ontex a estimé l'impact des taux de change sur ses ventes au premier trimestre à 9 millions d'euros. Fernand de Boer a dès lors revu à la baisse ses prévisions et s'attend désormais à un Ebitda ajusté de 245 millions d'euros cette année, en ligne avec l'exercice précédent.

Risque à court terme?

Selon Reginald Watson, Ontex a pris toutes ces mesures par crainte que les opérations puissent être interrompues dans l'une de ses usines à court terme. "Cela pourrait être causé par une ordonnance du gouvernement ou une perturbation de la chaîne d'approvisionnement", indique-t-il. Confiant, l'analyste se dit que la société annoncera de nouvelles perspectives plus tard dans l'année, lorsque la visibilité se sera améliorée.

Quant à la question du report du dividende, il trouve la décision "décevante mais compréhensible vu l'environnement actuel".

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