Le Bel 20 a retrouvé sa locomotive

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Le Bel 20 a poursuivi le rebond qu'il a entamé depuis le début de l'année, porté entre autres par de solides résultats d'entreprise. Argenx est sur la première place du podium avec un bond de 30% en février.

"Le Bel 20 a retrouvé sa locomotive". Les investisseurs belges ont gardé le sourire en février. Après avoir bondi de 7,65% en janvier, l'indice phare de la Bourse de Bruxelles  a encore gagné plus de 3% ce mois-ci. La saison des résultats d'entreprises bat son plein chez nous, ainsi qu'en Europe, et contrairement à ce que laissait présager le pessimisme de nombreux observateurs en début d'année, les bons chiffres sont bien souvent au rendez-vous. À commencer par ceux d'AB InBev  , le poids lourd de la cote. Le brasseur belgo-brésilien est parvenu ce jeudi à rassurer les investisseurs sur ses activités et son niveau d'endettement.

"Plein pot pour AB InBev", se réjouit Michel Ernst, stratégiste actions senior de CBC Banque, qui souligne le "beau rally" que connait l'action depuis le début de l'année (près de 20% en deux mois!). "Et bien évidemment, cela percole sur la performance du Bel 20". Rappelons que la capitalisation du groupe représente à elle seule un peu plus du tiers de la capitalisation totale de l'indice bruxellois.

La palme de la meilleure performance mensuelle revient cependant à Argenx  . L'action s'est envolée d'environ 30% durant le mois de février et évolue actuellement sur ses plus hauts historiques. Selon Michel Ernst, elle "surfe sur la vague pro-biotech", mais profite aussi de deux facteurs importants: un programme de développement qui avance bien et un attrait particulier créé par l'ex-Ablynx. "La société Argenx a été fondée par d'anciens cadres d'Ablynx et utilise la même technologie basée sur l'ADN des lamas", rappelle le stratégiste. "Certains investisseurs espèrent donc que l'histoire va se répéter". Pour mémoire, la biotech Ablynx a été rachetée l'an dernier par le groupe français Sanofi pour 3,9 milliards d'euros. Un montant qu'Argenx dépasse aujourd'hui de plusieurs centaines de millions. Et l'écart pourrait encore se creuser si l'on en croit l'avis des analystes.

+35%
Argenx continue de surfer sur la vague pro-biotech
Après avoir bondi de 62,22% en 2018, l'action argenx est encore largement plébiscitée par les investisseurs. Elle a déjà gagné plus de 35% depuis le début de l'année.

Les télécoms en difficulté

Le rally touche toutes les zones géographiques

La hausse du Bel 20 est en ligne avec les autres principaux indices européens. Dax allemand, Footsie britannique, Aex néerlandais, etc. Tous ont pris aux alentours de 3% en février. Notons la performance du Cac 40 à Paris, qui a bondi d'environ 5%, aidé par des grands noms comme Dassault Systems, Vivendi, Airbus ou encore Kering.

De l'autre côté de l'Atlantique, le rebond des actions s'est également poursuivi. Dow Jones, S&P 500 et Nasdaq Composite ont tous les trois gagné plus de 3%. Si aucune avancée concrète n'a été actée dans les négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine, les investisseurs continuent de voir le verre à moitié plein. Le discours plus accommodant de la Réserve fédérale pousse également à la prise de risque.

Côté asiatique, le Nikkei japonais a suivi la tendance. Les principaux indices chinois se sont par contre envolé d'au moins 15%. Une euphorie provoquée par Donald Trump qui a annoncé il y a quelques jours reporter la hausse des taxes douanières.

Dans le haut du tableau, on retrouve également des valeurs plus cycliques comme les bancaires ING   et KBC   ou encore le groupe industriel Aperam  . Les trois sociétés ont présenté ces dernières semaines des bilans solides avec des chiffres en ligne, voire supérieurs, aux attentes. Ce que n’ont pas manqué de saluer investisseurs et analystes. "Aperam fait un bon boulot dans un environnement difficile", soulignait à l'époque Frank Claassen, de Degroof Petercam. De manière générale, les valeurs cycliques ont encore bénéficié des espoirs d'une accalmie autour de la guerre commerciale USA-Chine. Espoirs qui avaient provoqué le lancement du rally boursier en début d'année.

Tout n'est pas rose pour autant. Regardez nos valeurs télécoms, Proximus   et Telenet  , qui affichent les plus fortes baisses ce mois-ci. Une performance jugée logique par Michel Ernst, "compte tenu des incertitudes qui entourent le secteur". Il pointe le problème de la concurrence, la question de l'arrivée d'un quatrième opérateur en Belgique, le resserrement des contraintes régulatoires et les investissements massifs dans le numérique. "Malgré tout, ces deux groupes restent rentables et affichent des chiffres globalement supérieurs à leurs pairs européens", ajoute le stratégiste.

Soulignons également la mauvaise performance d'Engie  , lourdement sanctionné ce jeudi suite à la publication de ses résultats annuels. Le géant énergétique a présenté un chiffre d'affaires inférieur aux attentes et un bénéfice net en chute de 22% l'an dernier. Il garde pour autant le sourire, assurant être sur la voie d'une forte croissance pour les prochaines années.

Des perspectives encourageantes

Globalement, Michel Ernst souligne que les perspectives pour les entreprises belges "sont loin d'être négatives". "Certaines sociétés s'attendent à une année difficile mais pas catastrophique. Nous sommes loin d'un scénario alarmiste". Il estime par ailleurs que si l'on annonce de bonnes nouvelles au niveau géopolitique, cela pourrait donner un élan supplémentaire aux actions. "Mais rien n'est certain. Comme en 2018, les tensions géopolitiques rendent les choses plus difficiles à prévoir". C'est pourquoi il conseille aux investisseurs de rester sélectif.

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