Le Bel 20 est dirigé par de moins en moins de Belges

Avec l’arrivée du Français Guillaume Boutin à la tête de Proximus, ils ne sont plus que 10 Belges à diriger une société cotée au sein du Bel 20.

Est-ce que le Bel 20, l’indice de référence de la Bourse de Bruxelles, représente réellement l’économie belge? Cette question, de nombreux observateurs l’ont posée maintes et maintes fois depuis sa création en 1991. Au risque de relancer le débat, nous nous sommes intéressés aux patrons des 20 sociétés qui composent notre indice national, suite à la nomination du Français Guillaume Boutin en tant que nouveau CEO de Proximus. Est-ce que les Belges sont encore bien représentés?

75%
Les Belges représentaient 75% des patrons du Bel 20 en 2009, contre 50% aujourd’hui.

Faisons le compte. À l’heure actuelle, la moitié seulement des sociétés cotées au sein du Bel 20 sont dirigées par des Belges. On retrouve ainsi Harold Boël (Sofina), Jozef "Jef" Colruyt (Colruyt), Tony De Pauw (WDP), Bart De Smet (Ageas), Jan De Witte (Barco), Marc Grynberg (Umicore), Jean-Pierre Hanin (Cofinimmo), Jan Suykens (Ackermans & van Haaren), Johan Thijs (KBC Group) et Tim Van Hauwermeiren (Argenx). Le reste, ce sont en majorité des Français avec Charles Bouaziz (Ontex), Guillaume Boutin (Proximus), Ian Gallienne (GBL), Ilham Kadri (Solvay) et Jean-Christophe Tellier (UCB). Il y a également deux Néerlandais avec Ralph Hamers (ING) et Onno van de Stolpe (Galapagos), ainsi qu’un Américain (John Clinton Porter – Telenet), un Brésilien (Carlos Alves de Brito – AB InBev) et un Italien (Timoteo Di Maulo – Aperam).

Si l’on regarde dix ans en arrière, on se rend compte que la proportion de Belges était beaucoup plus importante à l’époque. Ils représentaient 75% (15 sur 20) de notre indice national. Les rares sociétés dirigées par un CEO de nationalité étrangère étaient AB InBev (Carlos Brito), Dexia (Pierre Mariani), GDF Suez (Gérard Mestrallet), Telenet (Duco Sickinghe) et UCB (Roch Doliveux).

Des sociétés de plus en plus internationales

Comment expliquer l’arrivée croissante de patrons étrangers à la tête d’une société du Bel 20? Simple statistique ou réelle tendance de fond? "Difficile à dire", nous répond Vincent Van Dessel, président d’Euronext Bruxelles. S’il penche pour la première hypothèse, évoquant des raisons propres à l’évolution de chaque groupe, il estime que ce phénomène montre également l’internationalisation du Bel 20.

"Cela confirme également le fait que des CEO étrangers soient attirés par nos sociétés."
Vincent Van Dessel

"Nos sociétés deviennent de plus en plus internationales au niveau de leurs activités mais aussi de leur management", explique-t-il. Pensez bien sûr à l’histoire d’AB InBev mais aussi à l’évolution de sociétés plus petites comme Ontex par exemple qui a annoncé en 2015 le rachat d’une société mexicaine.

On notera également que les plus gros groupes (en termes de capitalisation boursière) sont tous dirigés par une personne de nationalité étrangère, à l’exception de KBC. "Cela montre que la nationalité d’un futur CEO n’a plus d’importance, preuve de l’ouverture d’esprit des conseils d’administration", se réjouit Vincent Van Dessel. "Cela confirme également le fait que des CEO étrangers soient attirés par nos sociétés". Et de résumer ce phénomène qui ne touche pas seulement la Belgique par deux facteurs principaux: internationalisation de l’économie et mobilité croissante des CEO.

©Marijn De Reuse

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