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Le détachement des coupons freine le Bel20 dans sa course

Le CEO d'AB InBev, Carlos Brito, a réduit les dividendes au cours des trois dernières années pour maintenir la montagne de dettes sous contrôle. ©EPA

De nombreuses entreprises ont repris le paiement d’un dividende. Si c’est une bonne nouvelle pour les actionnaires, c’est un handicap pour le rallye entamé par le Bel20.

Emmené par le géant brassicole AB InBev , le Bel20 dépasse depuis la semaine dernière les 4.000 points, un chiffre symbolique avec lequel notre indice boursier se bat depuis 15 ans.

Sauf si le rallye s’accélère, la lutte pour ce cap mythique pourrait durer tout le printemps. Le Bel20 ne tient en effet compte que des cours de bourse, et pas des dividendes distribués. Chaque fois qu’une entreprise du Bel20 verse un coupon, son cours – et donc la valeur du Bel20 – recule (cf. l'aperçu ci-dessous).

Pour respecter la tradition, la saison a été lancée ce mercredi par Proximus , avec le paiement du dividende final de l’exercice 2020. Cette année, les coupons payés par les entreprises du Bel20 coûteront environ 95 points à l’indice. En d’autres termes: ceux qui ont investi 4.000 euros dans un panier calqué sur le Bel20 peuvent s’attendre à percevoir 95 euros brut sous forme de dividendes.

L’entreprise la plus régulière en termes de paiement d’un dividende est Aperam . Grâce à l’excellente santé de son bilan, le producteur d’acier inoxydable distribue un dividende trimestriel. Attention cependant: Aperam est une société luxembourgeoise et son dividende est doublement taxé: 15% de précompte au Luxembourg et 30% de précompte belge sur le solde après paiement de la taxe grand-ducale.

Le Bel20 génère ainsi un honnête rendement du dividende de 2,4% brut ou 1,7% net. Honnête, mais pas énorme. Ces dernières années, AB InBev s’est montré beaucoup moins généreux afin de maintenir son endettement dans des limites acceptables: de 3,6 euros bruts pour l’exercice 2017, le coupon est passé à 0,50 euro aujourd’hui, soit moins de 1% brut. Argenx , devenu un poids lourd du Bel20 depuis sa révision annuelle, ne distribue aucun dividende jusqu’à nouvel ordre pour conserver ses précieux moyens.

L’espoir repose sur KBC . Ou mieux, sur Francfort: si la Banque centrale européenne donne son feu vert et relâche le frein à la fin de la pandémie, le groupe de bancassurance promet de payer 2 euros de dividende supplémentaire avant la fin de l’année. KBC dispose d’un matelas de capitaux suffisamment confortable pour payer ce dividende, un matelas qui deviendra encore plus confortable lorsque le groupe aura quitté l’Irlande.

©Filip Ysenbaert

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