Le plan de transformation de Greenyard porte ses fruits

Les ventes de Greenyard au troisième trimestre dépassent les attentes.

L'action Greenyard a fini en nette hausse grâce à des ventes supérieures aux attentes au troisième trimestre. Mais l'effet sur le bénéfice n'est pas garanti et la dette reste élevée.

Greenyard  va mieux. Des ventes meilleures que prévu ont provoqué une nette hausse de l'action du spécialiste des fruits et légumes frais et surgelés ce mardi. À la clôture, le titre a pris 4,05%.

Au troisième trimestre de son exercice décalé (d'avril 2019 à mars 2020), Greenyard a vu ses ventes augmenter de 6,4% par rapport à celles de la même période de l'année précédente, à 983,7 millions d'euros. KBC Securities tablait sur 958,8 millions. Ses analystes Guy Sips et Alan Vandenberghe saluent "le solide élan des ventes". "Souvenez-vous qu'au troisième trimestre 2018-2019, Greenyard avait fait face à une baisse de 5,4% de ses ventes", rappellent-ils. "Cet encourageant rapport d'activités confirme l'amélioration de l'élan du haut du bilan", ajoutent les analystes de KBC Securities.

"Faute de visibilité sur l'évolution des marges ou le désendettement, nous préférons rester prudents."
Guy Sips et Alan Vandenberghe
Analystes chez KBC Securities

Les ventes de Greenyard dépassent aussi les prévisions de Degroof Petercam, qui visait 955 millions d'euros. Son analyste, Fernand de Boer, salue "un solide rapport d'activités avec des revenus meilleurs qu'attendu". "Nous sommes particulièrement ravis du redressement de la croissance des volumes dans les produits frais, qui pourrait conduire à un certain effet de levier opérationnel." Autrement dit, les ventes supérieures aux prévisions pourraient influencer favorablement le bénéfice opérationnel.

Un véritable pari

Mais, nuancent Guy Sips et Alan Vandenberghe, "avec une marge opérationnelle dans la zone de 2% à 2,5%, même avec une surperformance des ventes de 100 millions d'euros, la hausse du résultat opérationnel serait de seulement 2,5 millions". "La structure de la marge et la marge potentielle dans les produits frais sont toujours floues", avertit aussi Fernand de Boer. Les investisseurs ont néanmoins misé sur un certain effet sur le bénéfice du groupe belge, qui publiera ses résultats annuels le 16 juin.

"Nous prévoyons que les résultats de Greenyard continueront à s'améliorer dans les prochaines années."
Fernand de Boer
Analyste chez Degroof Petercam

C'est un véritable pari car la visibilité sur les prochains mois de la société de Wavre-Sainte-Catherine est faible. "Malheureusement, il n'y a pas eu de commentaires sur les perspectives, ce que nous voyons comme une confirmation des précédentes prévisions (à savoir un bénéfice opérationnel ajusté de 88 à 93 millions d'euros, NDLR)", indique Fernand de Boer. Ce dernier va légèrement relever ses attentes au sujet des ventes de Greenyard.

Le groupe dirigé par Hein Deprez, qui en est aussi le premier actionnaire avec 34,5% du capital, reste toutefois confronté à un endettement élevé. "La situation financière de Greenyard reste très fragile, avec une dette nette de presque cinq fois le résultat opérationnel", relève Fernand de Boer.

Statu quo

"Faute de visibilité sur l'évolution des marges ou le désendettement, nous préférons rester prudents", signalent Guy Sips et Alan Vandenberghe. La recommandation des analystes de KBC Securities est dès lors maintenue à "conserver", avec un objectif de cours de 5,40 euros.

Même statu quo chez Degroof Petercam: le conseil reste de "conserver" l'action et le prix cible est de 6 euros. "Nous prévoyons que les résultats de Greenyard continueront à s'améliorer dans les prochaines années", précise Fernand de Boer. Le groupe belge a entamé, l'an dernier, un vigoureux plan de transformation pour redresser une situation financière qui s'était fortement détériorée en 2018.

Une augmentation de capital avait même été un temps envisagée mais ce projet avait été écarté grâce à une embellie des résultats de la société au premier semestre 2019-2020. Une embellie qui semble donc se confirmer, si l'on en croit les chiffres du troisième trimestre.

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