analyse

Le top 10 des actions belges et étrangères pour l'année 2021

Avec six nominations, l'assureur Ageas est le numéro un incontesté pour 2021. ©BELGA

Lorsqu’on leur demande quelles sont leurs actions préférées sur la Bourse de Bruxelles pour 2021, les experts boursiers mettent en avant les entreprises ayant pignon sur rue et dont l’action est bon marché.

Pour la 25e année consécutive, la rédaction de L’Echo/De Tijd a demandé aux maisons de bourse, banques et principaux magazines d’investissement quelles étaient leurs actions préférées pour l’an prochain. 13 équipes nous ont confié leur liste d’actions chouchous belges, et 14 nous ont communiqué leurs actions préférées sur les bourses internationales. Sur base de ces informations, nous avons établi la liste des dix actions préférées belges et internationales. En cas d’ex aequo, nous nous sommes basés sur l’ordre de préférence ou nous avons tenu compte de candidats de "réserve" mis en avant par plusieurs équipes d’experts.

A Bruxelles, les experts ont surtout mis à l’honneur des valeurs bien établies qui, à cause de la crise du coronavirus, sont aujourd’hui relativement bon marché, mais dont les perspectives et les fondamentaux sont au beau fixe. Ils ont généralement opté pour des actions de valeur plutôt que de croissance. On trouve d’ailleurs moins d’actions de cette catégorie sur Euronext Bruxelles, car la Belgique ne compte pas beaucoup de grandes entreprises technologiques cotées.

1) Ageas

Avec six nominations, l'assureur Ageas est le numéro un incontesté pour 2021. Les spécialistes mettent en avant son bilan solide et son abondante trésorerie, sa croissance en Extrême-Orient et la faible valorisation de l’action. En outre, Ageas s’est débarrassée de l’héritage de Fortis par le biais d'une importante restructuration. "La combinaison de la génération stable de liquidités en Europe avec le potentiel de croissance en Asie lui offre un avantage par rapport à ses homologues européens", déclare l'Initié de la Bourse. "La bonne nouvelle, c'est que vous ne devez pas encore payer pour ce bonus."

Ageas semble avoir bien résisté à la pandémie de coronavirus. La branche non-vie en a même bénéficié. Comme nous prenons moins souvent notre voiture et que nous provoquons moins d'accidents, les marges de l’importante branche assurance auto ont augmenté. "Malgré la crise et les taux d'intérêt bas, Ageas a confirmé son objectif, à savoir de 850 à 950 millions d'euros de bénéfices", explique-t-on chez Banque Nagelmackers.

"Ageas se négocie à un peu plus de dix fois les bénéfices, avec une décote par rapport à la valeur comptable."
Les analystes de Dierickx, Leys

La banque privée souligne également la croissance du groupe en Asie. "La part de l’Asie dans les bénéfices - à savoir 40% - est quasiment aussi importante que celle réalisée en Belgique. Ce chiffre devrait encore augmenter vu qu’Ageas a acquis 25% du capital du réassureur chinois Taiping Re. Le recrutement de 50.000 agents par Taiping Life devrait donner des ailes aux revenus réalisés en Chine au cours du premier trimestre 2021."

La branche britannique, spécialisée en assurances IARD, affiche des résultats décevants depuis plusieurs années, mais la situation semble s’améliorer. Elle s’est vu imposer des objectifs clairs. Si elle ne les atteint pas, les spécialistes n’excluent pas qu’elle soit vendue.

Enfin, les spécialistes estiment la valorisation de l’action intéressante. "L’action se négocie à un peu plus de dix fois les bénéfices, avec une décote par rapport à la valeur comptable. Elle offre par ailleurs un beau rendement du dividende de plus de 4%", estiment les experts de Dierickx Leys.

Chez Van Lanschot, on avance les changements au sommet de l’entreprise. "Bart de Smet passera le flambeau à Hans de Cuyper, mais nous sommes ravis d’apprendre qu’il restera au sein de l’entreprise en tant que président. Ageas pourra ainsi continuer à compter sur son know-how.

2) Solvay

La médaille d’argent revient au groupe chimique Solvay qui a déjà rebondi de 40% en un mois et demi, et dont le cours se situe aujourd’hui à un niveau supérieur à celui d’avant la pandémie. Les analystes se disent impressionnés par la "cash flow lady", comme Van Lanschot se plaît à nommer la patronne du groupe Ilham Kadri, qui dirige l’entreprise depuis mars 2019.

"Sur certains marchés finaux de Solvay, comme l’aéronautique et l’extraction pétrolière, les volumes souffrent de la crise de la Covid-19", explique-t-on chez Puilaetco/Rivertree. "Solvay fait face à ces vents contraires en réduisant structurellement ses coûts et en se concentrant sur la génération de cash flow. Le plan stratégique GROW doit améliorer la position concurrentielle de chaque activité, augmenter le retour sur investissement et générer du cash. Dans le même temps, Solvay s’est engagé sur la voie de la durabilité, ce qui devrait soutenir la revalorisation de l’action."

"Solvay fait face à ces vents contraires en réduisant structurellement ses coûts et en se concentrant sur la génération de cash flow."
Les analystes de Puilaetco/Rivertree

Pour les équipes de Degroof Petercam, Solvay est bien placé pour profiter de la relance post-pandémie. Le groupe fournit entre autres des polymères pour le secteur automobile et des matériaux composites légers pour l’industrie aéronautique. La reprise des vols du Boeing 737 Max - qui comprend une part importante de matériaux fournis par Solvay - est une bonne nouvelle pour le groupe. Ryanair vient de commander 75 appareils de ce type. "Malgré la forte amélioration des cash flows, Solvay se négocie encore avec une décote à deux chiffres par rapport aux autres entreprises du secteur de l’industrie chimique. Cette décote n’est pas justifiée, ce qui signifie que le cours recèle encore un important potentiel de hausse."

3) D’Ieteren

Malgré une nette hausse au cours des dernières semaines, les maisons de bourse voient encore suffisamment de potentiel chez D’Ieteren pour lui décerner la médaille de bronze. La principale division du holding familial est sa filiale Belron, connue chez nous sous la marque Carglass. "Vu la qualité et la forte rentabilité de Belron, nous considérons le cours de D’Ieteren comme intéressant", estime-t-on chez ING. "Les estimations des bénéfices à long terme de Belron sont positives."

Le moteur de croissance de Belron s’appelle ADAS ou Advanced Driver Assistance Systems. Il s’agit de capteurs qui améliorent la sécurité routière en aidant au contrôle, aux alarmes, au freinage et à la conduite de la voiture. Vu que lors du remplacement de ces pare-brises, tous ces capteurs doivent être replacés et recalibrés, le coût des réparations augmente, ce qui améliore les marges. Par ailleurs, Belron s’est lancé dans la réparation de carrosseries, ce qui lui permet d’augmenter sa part de marché.

Cette année, la deuxième branche - la vente de voitures - a souffert de la pandémie. Au cours du premier semestre, le chiffre d’affaires a reculé de 24%. D’Ieteren a cependant réussi à augmenter sa part de marché à 23%. "Nous nous attendons à une amélioration en 2021", estime-t-on chez Van Lanschot. "Le principal facteur de croissance est l’augmentation de la flotte électrique. En 2025, Volkswagen devrait offrir une gamme de 80 modèles électriques. Ces voitures sont plus chères que les modèles à essence ou au diesel. Par conséquent, le mix de prix devrait augmenter et aura un impact positif sur le cash flow."

"Vu la qualité et la forte rentabilité de Belron, nous considérons le cours de D’Ieteren comme intéressant."
Les analystes d'ING

A cause de ses résultats décevants, le troisième pilier - le fabricant italien des petits carnets de notes Moleskine - est devenu tellement marginal qu’aucun analyste n’a pris la peine de le mentionner.

La solidité de son bilan est un atout important de D’Ieteren. "Au niveau du groupe, D’Ieteren dispose de 1,4 milliard d’euros pour investir dans de nouvelles activités. La crise du coronavirus pourrait offrir de belles opportunités", estiment les analystes d’Initié de la Bourse. "Les entreprises ayant des problèmes de cash flow pourraient trouver en D’Ieteren un partenaire intéressant, ce qui pourrait contribuer à réduire la décote du holding en 2021."

4) Ontex

Pour le fabricant de couches Ontex , 2020 fut une "annus horribilis". La concurrence féroce, les coups portés par les cours de change, la baisse du chiffre d’affaires et la suppression du dividende ont fait chuter l’action de 46%. Plusieurs fonds actionnaires de l’entreprise ont pris leur plume pour exiger du changement. Dans l’intervalle, le CEO Charles Bouaziz a dû démissionner.

Fonds

  • Interview avec Sonja Laud, stratégiste en chef de LGIM: "2021 sera l'année de la guérison"
  • Baromètre boursier: Comment les maisons de fonds investissent-elles en 2021?
  • Les fonds favoris de Carlo Luigi Grabau (Leleux)

Le supplément Fonds, ce mercredi 16/12, gratuit avec L'Echo.

2021 devrait être l’année de la reprise. "Le cours se situe à un niveau historiquement bas. La décote par rapport au secteur n’a jamais été aussi importante", constate-t-on chez KBC Securities. "Nous considérons le récent activisme des actionnaires comme un nécessaire électrochoc pour l’entreprise. Le cours offre une opportunité d’achat intéressante. Le timing est encore incertain, mais le groupe peut s’appuyer sur plusieurs catalyseurs susceptibles de déclencher une reprise. Mieux vaut trop tôt que trop tard." D’après la maison de bourse, Ontex se négocie à seulement 6,4 fois le bénéfice attendu pour 2021. L’endettement de 3,4 fois le bénéfice brut d’exploitation est inférieur au plafond de 4% convenu avec les banques. Le groupe bénéficie donc encore d’une petite marge.

Cerise sur le gâteau, la spéculation sur une possible OPA n’est jamais très loin. "Nous ne serions pas surpris si des acteurs du Private Equity jetaient leur dévolu sur Ontex", estime-t-on chez BNP Paribas Fortis. "Il serait possible de créer beaucoup de valeur en rachetant Ontex et en la fusionnant avec un autre acteur, par exemple la division hygiène de la firme américaine Domtar, aujourd’hui à vendre. L’actionnaire de référence du groupe, GBL, détient la clé, mais rien n’a fuité de ce côté-là."

5) CFE

De même, avec le groupe de construction et de dragage CFE , les analystes ont choisi un candidat au redressement. Au cours de la première moitié de l’année, les restrictions liées à la pandémie ont entraîné du retard sur les chantiers et ont compliqué les changements d’équipages sur les navires. Conjuguée à une pression concurrentielle accrue, cette situation a entraîné une diminution de 80% du bénéfice net.

"Le cours de l’action est historiquement bas et ne reflète pas le potentiel de bénéfice du groupe pour les années à venir."
Les experts de Test-Achats Invest

Pour Test-Achats Invest, CFE est le grand favori pour 2021. "Au troisième trimestre, les ventes ont repris et CFE a confirmé qu'elle resterait rentable en 2020. Les problèmes se dissipent lentement. Le carnet de commandes est bien rempli grâce à une forte demande dans les secteurs du dragage, des parcs éoliens offshore et de la construction. Le cours de l’action est historiquement bas et ne reflète pas le potentiel de bénéfice du groupe pour les années à venir."

Nagelmackers pointe la jeune flotte, qui offre des avantages par rapport à la concurrence. L'année prochaine, le groupe prendra livraison du Spartacus, la plus grande dragueuse suceuse à désagrégateur au monde. C'est en partie grâce à ce navire que la filiale DEME a pu remporter le plus grand contrat de dragage et de poldérisation de son histoire, pour l'extension d'un port égyptien.

6) Telenet

Récemment, Telenet a retrouvé les grâces des grands investisseurs. Chez BNP Paribas Fortis, on explique: "Les derniers chiffres trimestriels ont dépassé les prévisions grâce à des économies de coûts plus importantes que prévu. Les tarifs de gros du câble ayant moins baissé que ce que l'on craignait, on peut s'attendre à une concurrence moins agressive sur les prix de la part du challenger Orange Belgium. Et peut-être que Telenet aura l'occasion de racheter le câblo-opérateur wallon VOO. Cela éloignerait le spectre de l’arrivée d’un nouveau concurrent et offrirait des possibilités de synergies."

7) Recticel

La sortie de Recticel du secteur automobile et son renforcement dans les mousses techniques suite au rachat de l’entreprise suisse FoamPartner semblent plaire aux analystes. "Suite à cette acquisition, la division des mousses souples offre un meilleur accès à l’Asie et aux Etats-Unis et pourrait améliorer les marges", estiment les analystes de Test-Achats Invest.

"Lorsque la division des matelas – peu rentable – sera vendue, Recticel continuera à évoluer pour devenir un groupe centré sur deux activités principales: l’isolation et les mousses techniques de haute qualité. Toutes deux bénéficient de marges élevées, jouissent d’un excellent positionnement commercial et de solides perspectives de croissance", renchérit-on chez ING. "Ces avantages ne sont pas encore intégrés à leur juste valeur par le marché."

8) GBL

30%
Le niveau de décote de GBL est "exagérément élevé" pour les experts de L'Investisseur et de BNP Paribas Fortis.

Pour les experts de L’Investisseur et de BNP Paribas Fortis, la décote du holding d’un peu plus de 30% – due à la crise de coronavirus – est exagérément élevée. "En temps normal, la décote se situe entre 20 et 25%, ce que nous pouvons espérer pour 2021. C’est également l’avis du management qui s’est lancé dans un programme accéléré de rachat d’actions propres."

En outre, l'accent plus marqué mis sur le Private Equity (sociétés non cotées) semble être au goût des analystes. La disparition du holding de contrôle suisse Pargesa – qui a échangé des actions Pargesa contre des actions GBL – a accru sa liquidité en bourse. En outre, le bilan reste solide et même le coupon réduit offre un rendement du dividende attrayant de 3% brut.

9) AB InBev

Bien que le groupe brassicole ait récemment bénéficié d’un mouvement de reprise, les analystes voient encore des opportunités pour la plus grande entreprise de la Bourse de Bruxelles. "Grâce aux vaccins, la vie nocturne devrait se normaliser dans le courant de 2021, ce qui profitera aux ventes et aux bénéfices d'AB InBev . En conséquence, le taux d'endettement pourrait s'améliorer", affirme-t-on chez Degroof Petercam. De plus, au cours de l’année, AB InBev a finalement réussi à stopper la baisse de sa part de marché sur son principal marché que sont les États-Unis.

Chez KBC Securities, on souligne la valorisation attrayante du groupe. A 22 fois le bénéfice attendu pour 2021 et une valeur d’entreprise de 12,6 fois le bénéfice brut d’exploitation, AB InBev n’a jamais été aussi bon marché depuis des années.

10) Ackermans & van Haaren

"Ackermans est l'un de nos plus beaux holdings belges", souligne l’équipe de Leo Stevens & Cie. "Il est actif dans des niches où il occupe une place de leader du marché local ou mondial. Depuis son introduction en bourse en 1984, le prix de l'action a été multiplié par 65". Ackermans est l’actionnaire majoritaire de CFE (citée plus haut). La branche financière (Banque Delen, Banque J. Van Breda) représente la majeure partie des bénéfices. En outre, Ackermans est actif dans l'immobilier, possède 35 % du groupe de plantations Sipef et investit dans le Private Equity. "Aujourd'hui, Ackermans est clairement axé sur l’avenir, avec des projets impliquant l'hydrogène ou l’extraction de minéraux sur les fonds marins", déclare-t-on chez Leo Stevens

"Aujourd'hui, Ackermans est clairement axé sur l’avenir, avec des projets impliquant l'hydrogène ou l’extraction de minéraux sur les fonds marins."
L'équipe de Leo Stevens & Cie

Chez L’Investisseur, on souligne qu’Ackermans se négocie à seulement 1,2 fois sa valeur comptable, calculée de manière conservatrice. Grâce à ses liquidités correspondant à 5,80 euros par action, le bilan affiche une santé éclatante.

Ont manqué de peu le top 10 Quatre actions ont été nommées à plusieurs reprises, sans toutefois atteindre le top 10. Elia , l’exploitant du réseau à haute tension, profite de sa situation de monopole et combine dividendes réguliers et croissance. Le producteur de puces électroniques Melexis devrait profiter de la reprise du secteur automobile et de la hausse de la part de l’électronique dans les voitures. La société d’investissement GIMV poursuit sur sa magnifique lancée. Et bien qu’Aedifica souffre de vacances dans certaines maisons de repos en raison de la pandémie, le cours a chuté d'un tiers depuis son pic du début de l’année. Le retour à la normale lorsque la crise sera derrière nous devrait entraîner une forte reprise.

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés