"Léger" risque de tension sur les taux belges

©Bloomberg

Les résultats des élections fédérales à peine connus, de nombreux observateurs craignent de revivre la crise politique qui avait duré 541 jours entre 2010 et 2011. À l'époque, cela avait créé des tensions sur l'OLO belge.

Après les élections, place aux négociations. Et cette question centrale qui revient en boucle: va-t-on assister à un nouveau blocage dans la formation d'un gouvernement au niveau fédéral? Car la chose s'annonce particulièrement complexe cette année, tant les partis arrivés en tête de part et d'autre de la frontière linguistique semblent inconciliables. Ce qui ravive le souvenir douloureux du record de 541 jours de blocage établi entre juin 2010 et décembre 2011.

À l'époque, les marchés financiers avaient peu réagi à la crise politique en Belgique. Du moins côté actions, car la plupart des sociétés cotées sont actives au niveau international. Le Bel 20  , l'indice phare de la Bourse de Bruxelles, avait progressé de 12% entre juin 2010 et fin avril 2011. Avant d'être rattrapé par la crise de la dette en zone euro et de perdre 30% entre mai et début décembre 2011.

Du côté du marché obligataire, la situation est tout autre. Comme on peut le voir dans le graphique ci-dessous, la crise politique avait provoqué une certaine tension sur le taux belge à 10 ans (en jaune) . Le spread (c'est-à-dire l'écart entre deux taux) Allemagne-Belgique s'était d'ailleurs amplifié au plus fort de la crise, atteignant son paroxysme fin novembre 2011. Le taux belge à 10 ans avait à l'époque atteint 5,86%...

©Bloomberg


Bis repetita?

Ce scénario va-t-il se répéter cette année vu les résultats des élections fédérales? "C'est possible, mais à une seule condition", nous répond Frank Vranken, stratégiste en chef chez Puilaetco Dewaay. "Si cela reste un cas belgo-belge dans un contexte économique favorable au niveau européen, les investisseurs ne vont pas s'en formaliser. Par contre, si le cadre économique se détériore et que les investisseurs s'inquiètent à nouveau de la dette des États, ils pourraient se focaliser sur la situation belge."

Un avis plus ou moins partagé par Bernard Keppenne, économiste en chef de CBC Banque. Il évoque une possible "petite tension" sur les taux belges mais qui ne serait que de courte durée. "On parle déjà de nouvelles élections car la situation actuelle semble inextricable". Et de rappeler également que la Banque centrale européenne (BCE) est toujours à la manoeuvre sur les marchés, faisant office d'amortisseur. "Même si elle a arrêté son programme d'achat quantitatif, l'institution monétaire a promis de laisser son bilan inchangé en renouvelant les obligations arrivées à échéance".

"Avec des taux historiquement bas, les investisseurs restent à la recherche de rendements attrayants. Le moindre élargissement de spread pourrait donc être comblé en quelques temps".
Bernard Keppenne
CBC Banque


Publicité
Publicité

Messages sponsorisés