Les 16 actions belges ciblées par des "shorteurs"

©AFP

Les vendeurs à découvert, aussi appelés "shorteurs", font leur miel de la chute des actions. Voici la quinzaine de valeurs belges qui sont dans leur collimateur.

On le sait, ce n'est pas très joli-joli, mais des investisseurs professionnels misent sur certaines valeurs en espérant les voir chuter en Bourse.

Appelés vendeurs à découvert –"shorteurs" dans le jargon – ils empruntent des actions et les vendent sur le marché en espérant les racheter moins chères ensuite et les restituer aux prêteurs en empochant un gain au passage.

Leurs placements, qui doivent être déclarés auprès de la FSMA, le gendarme des marchés financiers belges, à partir d’un certain seuil (0,50% du capital), permettent donc de détecter des actions qui pourraient faire la culbute en Bourse.

Comme lors de notre précédent tour d’horizon qui remonte au 12 février dernier, c’est Nyrstar qui reste la cible privilégiée de ces "hedge funds".

Le plan de sauvetage de Nyrstar

Leur position totale s’est toutefois contractée passant de 5,83% du capital à 4,12% à la date du 17 mai. Sur ce même laps de temps environ, l’action a dégringolé de près de 55%. Il faut dire qu’entre-temps, le spécialiste du zinc a dévoilé son plan de sauvetage qui comprend, entre autres, le transfert des activités opérationnelles du groupe dans une nouvelle entité contrôlée à 98% par Trafigura. Un plan qui a reçu l’aval des principaux créanciers.

Conséquence: les actionnaires actuels de Nyrstar subiront une énorme dilution de leur participation.

On pourrait croire que l’essentiel des mauvaises nouvelles concernant Nyrstar est désormais connu, mais la présence de quatre "shorteurs" qui planent encore au-dessus de cette proie n’est pas de bon augure.

Les positions vendeuses recensées par la FSMA à la date du 17 mai 2019. ©FSMA

En mode "profit warning"

Sur la deuxième marche du podium, on retrouve une habituée. Avec ses avertissements sur résultats à répétition qui ont émaillé 2018, IBA est entrée dans le collimateur des vendeurs a découvert. Si la situation du spécialiste de la protonthérapie semble s’être stabilisée au cours des derniers mois, quatre fonds détenant 2,41% du capital sont encore à l’affût de la moindre mauvaise nouvelle contre 2,33% il y a trois mois.

Bekaert occupe la troisième position avec 2,19% de son capital aux mains des "shorteurs". L’an dernier, le tréfileur avait déjà lancé deux avertissements sur résultats. Fin mars, il a annoncé un plan de restructuration visant la Belgique et menaçant 281 emplois. Un plan qui, le jour de son annonce, n’a guère convaincu les marchés, le titre accusant un net repli. Sur les trois derniers mois, l’action Bekaert a perdu 13%.

Nouvelles têtes

À la quatrième place, une nouvelle tête dans ce classement. Il s’agit de la biotech Biocartis qui est spécialisée dans le diagnostic via son mini-labo Idylla qui utilise différentes cartouches en fonction des maladies à dépister. Deux fonds spéculatifs totalisent une position représentant 2,01% du capital de la société. Le titre de cette dernière a chuté de plus de 8% en Bourse début mai suite au placement d’une obligation convertible portant sur 150 millions d’euros. Sur les trois derniers mois, la biotech limite toutefois son recul en Bourse à 2,7%.

Melexis clôture ce top 5. L’action de ce spécialiste des puces pour le secteur automobile a dévissé l’an dernier subissant de plein fouet les tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis. Depuis le début de l’année, elle a redressé la tête (+27%), mais deux fonds (1,82%) estiment apparemment que son calvaire n’est pas terminé.

Pour terminer, notons que trois sociétés ont disparu des écrans radars des vendeurs à découvert par rapport à février dernier (Befimmo, Econocom et Mithra) tandis qu’une seule a été ajoutée à leur liste : Dexia.

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