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Les analystes optent pour un cocktail d’actions à la traîne et en croissance

Les équipes d'analystes interrogées ont privilégié un cocktail d'actions dans lequel on retrouve, notamment, UCB, GBL et Umicore.

Pour le second semestre, les équipes d’analystes ont jeté leur dévolu sur les grands noms de la Bourse de Bruxelles, avec un accent particulier sur les retardataires et les actions "value".

Comme c’est la tradition, nous avons interrogé les équipes d’analystes belges pour connaître leurs actions préférées belges et étrangères. Douze équipes nous ont remis la liste de leurs actions chouchous en Bourse de Bruxelles. Treize d’entre elles ont également établi leur palmarès pour les actions étrangères.

+18%
L'action Ageas a grimpé de 18% (dividende compris) depuis le début de l'année.

Il en a résulté 33 actions de la Bourse de Bruxelles et 53 entreprises cotées sur des bourses étrangères. En cas d’ex æquo, nous avons tenu compte de l’ordre de citation sur les listes.

Pour les actions belges, il est remarquable de constater qu’aucune équipe d’analystes n’a repris le numéro un du dernier sondage de la fin décembre, à savoir Ageas . Il faut dire que l’assureur affiche une hausse de 18% (dividende compris) depuis le début de l’année. Les analystes estiment que c’est suffisant, même si l’action peut encore compter sur de nombreuses recommandations d’achat. Le précédent numéro deux, le groupe chimique Solvay , n’est repris que sur une seule liste.

Pour le second semestre, les analystes misent sur un cocktail d’entreprises. Il s’agit de noms dont les cours ont été pénalisés, comme UCB et Telenet , de holdings se négociant avec une forte décote, comme D’Ieteren et GBL , ou encore d’un candidat au redressement, comme Ontex . Une touche de cyclicité vient parfaire ce cocktail, avec les leaders mondiaux de leur spécialité, Umicore et Bekaert .

Les actions "value" surpassent les actions de croissance, ce qui n’est pas étonnant vu qu’elles sont très fortement représentées sur Euronext Bruxelles.

1. UCB

Avec six nominations, le groupe de biopharmacie obtient le même nombre de mentions que le numéro deux, D’Ieteren, mais remporte la partie sur la base du nombre de points. Même si l’action a entamé une remontée ces dernières semaines (+1% depuis le 1er janvier), elle reste à la traîne par rapport à l’indice européen Stoxx 600, qui a bondi de 15%.

"UCB progresse avec son pipe-line de nouveaux produits. Et c’est nécessaire, car plusieurs brevets de médicaments existants arrivent bientôt à expiration", résume-t-on chez Nagelmackers. "La publication d’importants résultats de tests est prévue pour la fin de l’année, comme la phase 3 à grande échelle du bimekizumab, un médicament contre le psoriasis, une maladie inflammatoire chronique, et la spondylarthrite axiale, une maladie rhumatismale. Nous attendons également les résultats de la phase 3 du zilucoplan, un médicament contre la maladie musculaire MG (Myasthénie Grave). Nous suivons aussi de près l’évolution du chiffre d’affaires de l’Evenity, un médicament contre l’ostéoporose."

"UCB se négocie avec une décote de 40% par rapport aux autres sociétés pharmaceutiques européennes de taille moyenne."
Analystes d'ING

"Le secteur des soins de santé – et UCB en particulier – affiche du retard par rapport au marché. La récente approbation du médicament de Biogen contre la maladie d’Alzheimer par l’autorité sanitaire américaine – la FDA – pourrait constituer un tournant au niveau du sentiment vu qu’UCB possède un accord de licence avec Roche pour un candidat au traitement de la maladie d’Alzheimer."

ING souligne que le marché du bimekizumab représente 27 milliards de dollars. "Les résultats préliminaires du médicament sont les meilleurs que nous ayons vus. Malgré tout, UCB se négocie avec une décote de 40% par rapport aux autres sociétés pharmaceutiques européennes de taille moyenne. C’est injuste pour une société dont nous attendons une croissance à deux chiffres des bénéfices jusqu’en 2023."

Van Lanschot ajoute que le CEO d’UCB, Christophe Tellier, a présenté des perspectives positives pour l’avenir. "Grâce aux nouveaux médicaments du pipe-line, il s’attend à engranger un chiffre d’affaires de 6 milliards d’euros d'ici à 2025, contre 5,3 milliards d’euros actuellement, et à une hausse de la marge brute d’exploitation de 30 à 35%, contre 27% aujourd’hui. La trajectoire de croissance a été confirmée. Les investisseurs à long terme peuvent aussi miser sur UCB par l’intermédiaire du monoholding Tubize."

2. D'Ieteren

La hausse du cours de l’action de près de 50% cette année n’a pas empêché les analystes d’accorder à D’Ieteren le statut de grand favori. Le holding est actif dans trois domaines: la distribution des voitures du groupe Volkswagen en Belgique, les petits carnets de notes italiens de Moleskine et la réparation de vitrages automobiles via sa filiale Belron, leader mondial du secteur. Cette dernière – connue sous la marque Carglass – est de loin la branche la plus importante du groupe et représente plus ou moins 80% de la valeur du holding.

"En 2020, D’Ieteren a enregistré une baisse de 10,1% de son chiffre d’affaires suite aux périodes de confinement, mais a réussi à augmenter de 11,2% son bénéfice avant impôts", expliquent les experts de Dierickx, Leys. "Le cash-flow libre a été multiplié par sept et le dividende a augmenté de 35%. Belron a vu son bénéfice avant impôts bondir de 45% grâce à la réduction permanente des coûts et l’augmentation de la productivité."

"D’Ieteren a revu à la hausse ses estimations de bénéfices pour 2021, qui passent d’une croissance de 25% à plus de 45%."
Analystes de Puilaetco

Belron profite, entre autres, de l’augmentation de la taille et du prix des vitrages automobiles qui fait suite à la popularité croissante des SUV et à la hausse du nombre de capteurs dans les vitrages, ce qui exige un recalibrage lors des réparations et se traduit par une hausse des marges bénéficiaires. "L’autre actionnaire de Belron, le groupe de capital à risque CD&R, pourrait céder 10% du capital. Cela soulignerait encore davantage la sous-évaluation de Belron dans le portefeuille de D’Ieteren", estime-t-on chez Van Lanschot.

Cette année également, D’Ieteren poursuit sur sa tendance positive. "Le premier trimestre fut très solide. D’Ieteren a revu à la hausse ses estimations de bénéfices pour 2021, qui passent d’une croissance de 25% à plus de 45%", souligne l’équipe d’analystes de Puitaetco, qui collabore avec Rivertree Investment Funds. "Belron reste le joyau de la couronne. Mais la concession automobile et Moleskine devraient se rétablir à l’issue de la pandémie."

Parmi les points faibles du holding, Dierickx, Leys pointe le danger lié au réinvestissement de la montagne de cash de 2 milliards d’euros. "Une acquisition peut aussi détruire de la valeur. L’achat de Moleskine fut tout sauf une bonne idée. D’Ieteren a déjà dû acter une réduction du goodwill de 120 millions d’euros." La plupart des analystes préféreraient un important programme de rachat d’actions propres. Un point positif est que la famille D’Ieteren continue à acheter des actions en bourse.

3. AB InBev

Avec cinq mentions, la médaille de bronze revient à AB InBev. Le plus grand groupe brassicole au monde a gagné près de 15% depuis le début de l’année, mais se situe toujours très en dessous de son pic de 120 euros enregistré il y a cinq ans. "AB InBev est, par excellence, une entreprise qui devrait profiter de la réouverture de l’économie avec son imposant portefeuille de marques et sa valorisation intéressante", constate-t-on chez Kepler Cheuvreux.

24,3 milliards
de dollars
Les liquidités dont dispose AB InBev s'élèvent à plus de 24 milliards de dollars.

"La réduction de l’endettement est le principal levier susceptible de faire monter le cours de l’action. La hausse des devises des marchés émergents – qui sont très importants pour AB InBev – peut constituer un important facteur de basculement à cet égard."

"Malgré un endettement de 4,8 fois le bénéfice brut d’exploitation (ebitda) fin 2020, le bilan est sous contrôle", estiment les analystes de KBC Securities. "AB InBev dispose de 24,3 milliards de dollars de liquidités. C’est suffisant pour rembourser toutes les dettes obligataires venant à échéance avant 2026. Au niveau opérationnel, la situation s’améliore nettement. Les volumes de ventes ont déjà fortement augmenté au cours du deuxième semestre de 2020. Le premier trimestre de cette année était meilleur qu’attendu, avec une croissance organique du chiffre d’affaires de 17% et une hausse des bénéfices de 14%. Au vu des mesures de confinement encore en cours dans certaines parties du monde, on peut considérer que le groupe a démontré qu’il était suffisamment résilient."

À 21 fois le bénéfice attendu pour l’an prochain et 12 fois la valeur de l’entreprise (valeur boursière + dettes) vs. l’ebitda, l’action AB InBev est moins chère que la moyenne des géants des produits alimentaires et des produits de consommation alors qu’elle était systématiquement beaucoup plus chère jusqu’il y a peu.

4. Ontex

Ceux qui croient au redressement des entreprises sont à la bonne adresse chez Ontex. Le fabricant de langes n’a pas encore apporté beaucoup de satisfaction à ses actionnaires. Le cours se situe encore 50% sous son niveau d’avant la pandémie. Ontex a fait une acquisition malheureuse au Brésil, souffre de la forte concurrence de riches multinationales mondiales, comme Procter & Gamble (Pampers), et fait face au prix élevé des matières premières.

Chez Test-Achats Invest, les analystes voient un facteur de changement possible à court terme. "Le 21 juin, la nouvelle CEO Esther Berrozpe présentera ses objectifs pour les années à venir. Ontex devra convaincre les investisseurs qu’il est en mesure de relancer sa dynamique commerciale et sa solidité financière. Malgré tout, l’entreprise continuera à engranger des bénéfices: pour 2021, nous les estimons à 0,92 euro par action, hors frais de restructuration. L’action se négocie encore sous sa valeur comptable, que nous évaluons à 14 euros. La valorisation se situe de 30 à 40% en dessous de celle de ses concurrents. Les paris sont ouverts pour ceux qui s’attendent à un revirement de situation."

5. Ackermans & Van Haaren

"Ackermans est l'un des plus beaux holdings belges", estime-t-on chez Leo Stevens & Cie. "La société d’investissement anversoise est active dans des niches, où elle occupe la plupart du temps la place de leader local ou mondial. La recette de croissance du groupe s’avère payante: depuis son introduction en bourse, en 1984, le cours a été multiplié par 67. Malgré le succès des activités existantes, Ackermans continue à investir dans des projets prometteurs en termes de croissance, comme l’hydrogène ou l’exploitation des fonds marins."

"Ackermans est l'un des plus beaux holdings belges."
Analystes de Leo Stevens & Cie

"Ackermans a présenté des chiffres trimestriels positifs", constate-t-on chez L’Investisseur. "Les filiales bancaires Delen et Van Breda continuent à bien se développer. Les actifs gérés ont atteint un record. Le groupe de construction et de dragage CFE, dont Ackermans détient 62%, s’attend à une hausse de ses bénéfices après une période plutôt morose. Grâce à tous ces facteurs, le holding table sur une croissance importante du bénéfice net en 2021."

6. GBL

GBL est le deuxième holding choisi par les analystes. "GBL se négocie avec une décote historiquement élevée de près de 34%", expliquent les analystes de BNP Paribas Fortis. "Nous pensons que cette décote retrouvera un niveau plus normal, c’est-à-dire de 20 à 25%. Tout d’abord, plusieurs sociétés phares du portefeuille, comme Adidas, SGS et Pernod Ricard, devraient profiter de la reprise du cycle. Ensuite, le management prend des mesures qui devraient bénéficier au cours de bourse. GBL est devenu plus transparent, se concentre davantage sur le Private Equity (sociétés non cotées, NDLR), a simplifié son actionnariat en retirant Pargesa de la bourse et rachète ses propres actions."

7. Umicore

"Avec Umicore, vous misez sur le ‘verdissement’ du parc automobile mondial", affirment les experts de Leo Stevens. "Avec les pots catalytiques pour voitures à essence, le groupe de matériaux surfe sur la vague de la réduction des émissions des moteurs à combustion. Et grâce à ses matériaux cathodiques, le groupe améliore les performances des moteurs électriques. Par ailleurs, la division de recyclage profite des prix élevés des métaux. Cela génère un modèle d’exploitation plus équilibré que ce que l’on pourrait croire. Par exemple, les ventes de voitures ont nettement reculé en 2020, mais Umicore a profité de l’explosion de la demande de métaux précieux."

1milliard
d'euros
Le bénéfice d’exploitation d'Umicore pourrait doubler pour atteindre 1 milliard d’euros, selon les analystes de Test-Achats.

Chez Test-Achats, l’équipe d’analystes estime que 2021 sera une année exceptionnelle pour Umicore grâce au prix élevé des métaux précieux, comme l’argent, l’or, le platine et le palladium, ainsi que le rhodium et l’iridium.

"Le bénéfice d’exploitation pourrait doubler, pour atteindre 1 milliard d’euros. Un des risques est la pression exercée sur les prix des matériaux cathodiques en raison de surcapacités en Chine."

8. Bekaert

"Le fabricant de fils d’acier a revu à la hausse ses estimations de bénéfice d’exploitation pour 2021, à 352 millions d’euros, et de chiffre d’affaires, à plus de 4,4 milliards d’euros", lance d’emblée l’équipe de Van Lanschot. "C’est plus qu’attendu. La marge bénéficiaire s’améliore grâce à une meilleure utilisation des capacités de production et à des économies récurrentes. Bekaert s’attend à une marge bénéficiaire d’au moins 8%. Nous estimons que le management est trop conservateur et nous nous tablons sur une marge de 9%. Cela offre la possibilité d’augmenter de 10% supplémentaires les estimations de bénéfices plus tard dans l’année."

"Au niveau structurel, Bekaert devrait profiter de l’accélération de son programme de sortie des activités moins rentables. Vu que le taux d’endettement devrait repasser sous la barre de 1 d'ici à la fin de l’année, le groupe disposera d’une marge pour réaliser des acquisitions dans son domaine d’activité clé."

9. Melexis

"Les puces électroniques pour le secteur automobile sont le marché final qui connaît la plus forte hausse dans le secteur des semi-conducteurs, avec une croissance annuelle supérieure à 15%", explique-t-on chez KBC Securities. Cette croissance est due à l’émergence des voitures électriques, qui sont dotées d’un grand nombre de puces.

"À court terme, Melexis est bien placée pour profiter de la pénurie de puces électroniques. Elle permet aux clients de nouer des relations de longue durée avec les fournisseurs. Pour la période 2020-2023, nous nous attendons à une hausse de 32% du bénéfice par action, soit plus que les estimations de 15% d’augmentation du chiffre d’affaires."

10. Telenet

À l’instar des autres actions du secteur des télécommunications, Telenet n’a pas été très performante sur le marché cette année. L’action a quasiment perdu 10% de sa valeur. "Contrairement à ses concurrents, Telenet dispose d’abondants cash flows, qui sont plus que suffisants pour payer le dividende promis d’au moins 2,75 euros par action", estime l’équipe de Degroof Petercam.

"La reprise du câblo-opérateur wallon VOO pourrait faire basculer la situation, car elle ferait de Telenet un acteur national et lui permettrait d’offrir des packs aux clients wallons de Base. Les abondants cash flows sont, par ailleurs, suffisants pour financer les investissements prévus."

Et les autres

Quatre autres actions sont mentionnées à deux reprises, mais manquent de peu la liste des actions préférées. Ahold Delhaize est appréciée pour son cours avantageux par rapport à ses concurrents et pour ses généreux dividendes. Aedifica est considéré comme un acteur sûr dans le secteur en croissance de l’immobilier de soins. Intervest Offices & Warehouses est beaucoup moins cher que ses concurrents WDP et Montea . Enfin, Lotus Bakeries combine un secteur d’activité défensif avec une croissance internationale où de nouvelles usines doivent répondre à la demande toujours croissante de spéculoos.

Le résumé

  • 12 équipes d'analystes ont privilégié 33 actions cotées à la Bourse de Bruxelles.
  • Aucune d'entre elles n'a recommandé Ageas qui était numéro un de la précédente sélection et une seule a repris Solvay qui était deuxième.
  • Les analystes misent sur un cocktail d'entreprises, composés surtout des retardataires et des actions "value".

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