Les élections belges, un non-événement pour les marchés

©AFP

Avec les élections en Belgique, les observateurs appréhendent un nouveau blocage dans la formation d'un gouvernement fédéral. Mais si cela avait provoqué des tensions sur le marché obligataire par le passé, la situation est bien différente aujourd'hui.

Et après? Alors que les électeurs font encore la file pour remplir leur devoir civique, les spéculations vont bon train sur la majorité qui va se dégager de ces élections fédérales. Va-t-on assister à un nouveau blocage pour la formation d'un gouvernement au niveau fédéral? Et si oui, quelles en seraient les conséquences pour les marchés financiers?

Prévenons tout de go que l'impact d'un tel scénario sur la Bourse de Bruxelles ne sera que mineur, voire inexistant. Notre économie est trop ouverte pour qu'un blocage politique ait un réel impact sur nos sociétés cotées. Pour rappel, le Bel 20  , l'indice phare de la Bourse de Bruxelles, avait progressé de 12% entre juin 2010 et fin avril 2011 durant la crise politique. Avant d'être rattrapé par la crise de la dette et de perdre 30% entre mai et début décembre 2011.

Du côté du marché obligataire, la situation est tout autre. Comme on peut le voir dans le graphique ci-dessous, la crise politique avait provoqué une certaine tension sur le taux belge à 10 ans (en jaune). Le spread (c'est-à-dire l'écart entre deux taux) Allemagne-Belgique s'était d'ailleurs amplifié au plus fort de la crise, atteignant son paroxysme fin novembre 2011.

©Bloomberg

"Le contexte a changé"

Ce scénario va-t-il se répéter cette année si les négociations entre partis politiques coincent de nouveau pendant plusieurs mois? Non, estime Bernard Keppenne, économiste en chef de CBC Banque. 

"Il pourrait y avoir une petite tension sur les taux belges mais le contexte a changé sur les marchés financiers. En raison de l'abondance de liquidités, les élargissements de spread attirent beaucoup les investisseurs".
Bernard Keppenne
CBC Banque

L'économiste rappelle également que la Banque centrale européenne (BCE) est toujours à l'oeuvre sur les marchés, faisant office d'amortisseur. "Même si la BCE a arrêté son programme d'assouplissement quantitatif (QE), elle injecte encore 15 milliards d'euros en réinvestissant les obligations arrivées à terme".

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