Les futures emplettes de Galapagos tourmentent les investisseurs

La nouvelle stratégie de la biotech Galapagos n'a pas plu au marché qui ne comprend pas pourquoi l'entreprise malinoise veut réaliser une acquisition. ©Bloomberg

Inquiets sur l'inflation, les grands indices européens ont légèrement reculé malgré les sursauts du secteur minier. Bruxelles a été ralentie par Galapagos.

Après un démarrage record, l'indice Stoxx, qui reprend les 600 principaux acteurs européens, a tournoyé sans entrain autour de l'équilibre. Tiraillé entre la hausse des valeurs minières et la baisse du compartiment technologique, le Stoxx 600 a fini pratiquement inchangé, à moins d'une unité de son record de clôture situé à 444,93 points.

Les investisseurs, voyant le prix des matières premières grimper de record en record, se font du mouron sur la poussée d'une inflation qu'ils redoutent longue. Des craintes qui ont freiné les grands indices nationaux alors qu'ils avaient terminé vendredi proches de leurs sommets.

Le Nasdaq et sa kyrielle de valeurs technologiques pointaient dans le rouge dès l'ouverture des marchés à Wall Street.

Ce lundi, le CAC 40 parisien (+0,01%) et le DAX 30 de Francfort (+0,005%) ont pris le temps de souffler. Idem pour le FTSE 100 de la Bourse de Londres (-0,08%), même si les producteurs de métaux ont brillé dans le haut du tableau.

À Bruxelles aussi, on a ressenti cette ferveur pour les métaux avec Aperam (+0,72%). Le producteur d'acier inoxydable a passé la journée dans le haut du Bel 20. Le titre a gonflé de plus de 10% depuis lundi dernier et de plus de 37% depuis le début de l'année. Sur un an, l'action Aperam a tout simplement doublé de taille à la Bourse de Bruxelles. 

De son côté, le Bel 20 (+0,01%), qui a fini la séance une poignée de points plus bas, reste bien cramponné aux 4.000 points, soit son niveau du mois de février 2020.

Les banques en forme

À l'heure où les marchés européens éteignaient la lumière, Wall Street évoluait dans le désordre. Le Dow Jones et ses grands groupes industriels gagnaient du terrain alors que le Nasdaq et sa kyrielle de valeurs technologiques pointaient dans le rouge.

1,8
milliard de vaccins
BioNtech, le partenaire allemand de Pfizer, a profité d'une commande de 1,8 milliard de vaccins effectuée par la Commission européenne pour bondir en bourse.

Outre les valeurs minières, en hausse de près de 30% depuis le début de l'année, c'est l'autre gagnant de 2021 qui a tiré son épingle du jeu. Le compartiment bancaire européen, qui profite de la tendance haussière des taux d'emprunt des deux côtés de l'Atlantique, a poursuivi son ascension. Il a gagné plus de 26% depuis le 1er janvier.

Ce lundi, Société Générale (+2,91%) a en outre bénéficié d'un bon accueil par la cote parisienne de son nouveau plan stratégique. À Bruxelles, KBC (-0,09%) a terminé en retrait. Le bancassureur fera la point sur ses comptes ce mardi avant l'ouverture des marchés.

À Londres, l'action AstraZeneca (-0,23%) semblait bien immunisée contre le blocage européen, la Commission n'ayant pas renouvelé pour l'instant son contrat de fourniture de vaccins Covid-19 avec le groupe suédo-britannique pour la seconde moitié de l'année. À l'inverse, le titre du laboratoire allemand BioNtech , partenaire de Pfizer, a bondi de 8,84% à la Bourse de Francfort après une nouvelle commande européenne de 1,8 milliard de vaccins.

La stratégie de Galapagos pose question

Sur le Bel 20, Galapagos avait la tête des mauvais jours. L'action de la biotech a dégringolé de 6,22% pour finir sa chute sous les 60 euros, soit une capitalisation boursière inférieure à 4 milliards d'euros, donc moins que les 5 milliards d'euros disponibles sur les comptes bancaires de l'entreprise.

Stifel a clairement tempéré les ambitions de Galapagos, reconnue, selon le broker, pour ses prouesses en R&D et pas pour ses capacités de fusion et acquisition.

Ce déséquilibre rend difficile le changement de cap stratégique détaillé la semaine dernière par le patron, Onno van de Stolpe. Il a décidé de réduire sa propre plateforme de recherche pour diminuer les coûts et s'est mis à la recherche d'une acquisition pour combler rapidement le vide dans le pipeline de recherche.

De quoi faire dire à la banque d'investissement américaine Stifel que Galapagos est avant tout reconnue pour ses prouesses en recherche et développement, et non pour ses capacités de fusion et acquisition.

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