Les premiers effets de la "poison pill" de Suez pour contrer l'offre de Veolia

La direction de Suez et les syndicats du groupe s'opposent depuis le départ au projet de Veolia. ©REUTERS

Suez a logé son activité Eau France dans une fondation de droit néerlandais pour les quatre années à venir. Le but: mettre des bâtons dans les roues de Veolia, toujours en course pour le rachat de la filiale d'Engie.

C'est un "coup fourré", s'est exclamé le patron de Veolia, Antoine Frérot, en évoquant sur BFM TV le déménagement administratif de la filiale "Eau France" de Suez vers les Pays-Bas.

Du côté des observateurs neutres de la bataille que se livrent les deux champions français de l'environnement, on considère plus la décision de Suez comme une manière de gagner du temps. L'offre de Veolia, qui, pour rappel, a proposé fin août d'acquérir l'essentiel de la participation d'Engie dans Suez (29,9% sur un total de 32%) avant de lancer une offre sur le reste du capital de son concurrent, court jusqu'au 30 septembre prochain.

2,9
milliards d'euros
C'est l'offre de Veolia qui veut racheter l'essentiel de la participation d'Engie dans Suez (29,9% sur un total de 32%) pour 15,50 euros par action, soit un montant de 2,9 milliards d'euros, avant de lancer une offre sur le reste du capital de son concurrent dans le but de créer un champion mondial du traitement de l'eau et des déchets.

L’entité relogée chez nos voisins néerlandais était promise par Veolia au fonds français Meridiam pour éviter des problèmes de concurrence tant Suez et Veolia ont des activités qui se marchent sur les pieds.

Vers un relèvement de l'offre de Veolia?

Suez ne cache pas sa volonté de retarder ce mariage forcé. Auditionnés à l'Assemblée nationale mercredi, les dirigeants de Suez ont rappelé qu'ils avaient besoin de "quelques semaines" pour soumettre une contre-proposition à l'approche de Veolia, qui a de son côté exclu de prolonger son offre à Engie au-delà du 30 septembre.

"Ce coup fourré n'est pas de nature à me décourager."
Antoine Frérot
CEO de Veolia

Le déménagement permet aussi au conseil d'administration de Suez, jusqu'ici hors de la boucle de décision, d'avoir son mot à dire dans les échanges entre Veolia et le premier actionnaire de Suez, Engie. C'est à présent au C.A. de Suez de décider de l'avenir de sa division Eau France.

La "pilule empoisonnée" envoyée par Suez pousse ainsi Veolia dans ses derniers retranchements. Jusqu'ici, il n'était pas vraiment question de revoir le prix de l'offre à la hausse. Mais le patron du numéro un mondial des services collectifs change de ton et se dit à présent prêt à changer de stratégie. Le relèvement de l'offre fait partie des possibilités, "comme toutes les autres options", a expliqué Antoine Frérot, tout en excluant à nouveau de prolonger l'offre de Veolia au-delà du 30 septembre.

À la Bourse de Paris, les escarmouches entre ces grands noms du capitalisme français ont animé la cote. Suez a reculé de 4,50%, mais gagne toujours 17% depuis que Veolia a présenté son offre. À l'inverse, Veolia , également dans le rouge ce jeudi, affiche un repli de 10% depuis le 31 août dernier, soit un jour après le lancement des hostilités. Sur la même période, le cours d'Engie est resté stable grappillant un peu plus de 1% depuis le vendredi 28 août 2020.

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