Les "shorteurs" réadmis en Europe

©Ã‚©LWA-Dann Tardif/CORBIS

Bannies de la plupart des bourses européennes pendant deux mois, les ventes à découvert seront de nouveau autorisées à partir de ce mardi. Mais en cas d'un retour en force de la pandémie, une autre interdiction pourrait être envisagée.

Même les marchés financiers connaissent un retour à la normale. La FSMA, le gendarme boursier en Belgique, a annoncé ce lundi lever l'interdiction visant les ventes à découvert sur des actions cotées à la Bourse de Bruxelles.

"La situation sur les marchés s'est stabilisée", souligne l'autorité de surveillance dans un communiqué, évoquant plusieurs facteurs positifs. Selon elle, de nombreuses sociétés cotées ont désormais une meilleure visibilité sur leurs activités et l'impact économique du coronavirus. Elle pointe également une forte baisse de la volatilité depuis la mi-mars "pour revenir aux niveaux d'avant la crise du Covid‑19", et des actions qui ont déjà compensé une grande partie des pertes subies pendant cette période.

Un bannissement de deux mois

L'indice phare de la Bourse de Bruxelles, le Bel 20, a pour l'heure repris environ 17% depuis son point bas atteint le 17 mars, à 2.528,77 points. Ce jour-là, la FSMA décide dans un premier temps de suspendre pendant 24 heures la vente à découvert sur les valeurs qui ont perdu au moins 10%. Sont concernées AB InBev, Aedifica, Ageas, Barco, Biocartis, CFE, Celyad, Econocom, Gimv, KBC Ancora, KBC, Kinepolis, Montea, Retail Estates, Sequana Medical, Solvac et WDP.

Mais la situation générale se dégrade, tant au niveau des marchés que de l'évolution de la pandémie. Le lendemain, le 18 mars, après un avis positif de l'ESMA (l'autorité de contrôle européenne), la FSMA interdit les "shorts" sur toutes les actions cotées sur Euronext Bruxelles et Euronext Growth pendant un mois minimum. Elle sera imitée par certains de ses homologues en Europe, à savoir le Finanzmarktaufsicht (FMA) en Autriche, l'Autorité des Marchés Financiers (AMF) en France, l'Hellenic Capital Market Commission (HCMC) en Grèce, la Commissione Nazionale per le Società e la Borsa (CONSOB) en Italie et la Comisión Nacional del Mercado de Valores (CNMV) en Espagne.

L'interdiction des ventes à découvert sera finalement renouvelée le 16 avril, jusqu'à ce lundi 18 mai.

Pas de relâchement

Si ce bannissement est désormais suspendu dans les différents pays européens, l'heure n'est pas encore au relâchement total. La FSMA et ses homologues se disent vigilants et prêts à agir si la situation globale sur les marchés et/ou au niveau sanitaire le justifie. Un porte-parole de la FSMA reconnaît que l'émergence d'une seconde vague de la pandémie sera "un élément à prendre en compte". Et même s'il est "trop tôt" pour l'envisager, "rien n'est exclu" quant à une marche arrière sur les ventes à découvert.

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