Les SIR belges ont perdu près de 3 milliards en bourse à cause de la pandémie

©REUTERS

Les sociétés immobilières réglementées ont elles aussi souffert de la crise sanitaire. Mais l'impact économique est finalement moins important que ce que les investisseurs ont craint.

Avec la future entrée en bourse d’Inclusio à Bruxelles, les sociétés immobilières réglementées (SIR) sont une nouvelle fois sous le feu des projecteurs. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce secteur, à l’instar de beaucoup d’autres, a profondément souffert de la crise du nouveau coronavirus. Les 17 SIR belges affichent à l’heure actuelle une capitalisation boursière totale d’environ 19 milliards d’euros contre 22 milliards quelques jours avant la lourde chute des actions fin février.

"Cela s'est plutôt bien passé pour les SIR belges par rapport à leurs pairs européens. Aucune entreprise n'a réellement déçu. Il y a eu plus de peur que de mal."
Sandra Vandersmissen
Senior equity specialist chez BNP Paribas Fortis

"L’impact a été très différent selon le segment d’activité", précise toutefois Frank Vranken, chief strategist chez Puilaetco. Alors que l’immobilier commercial et celui de bureaux ont concentré les craintes des investisseurs, la logistique et le résidentiel ont plutôt bien résisté en bourse. WDP est l’une des rares valeurs du secteur à afficher une performance positive depuis le début d’année.

La saison des résultats qui vient de se terminer a cependant permis d'atténuer les inquiétudes. Prenez le cas de Retail Estates , la plus importante SIR belge active dans l'immobilier commercial. Le rebond de l'activité économique durant l'été a "considérablement" limité les pertes enregistrées au cours des premiers mois de l'année. Qui plus est, le taux d'occupation de ses immeubles est plus ou moins resté stable.

Un mot d'ordre: résilience

"Cela s'est plutôt bien passé pour les SIR belges par rapport à leurs paires européennes. Aucune entreprise n'a réellement déçu. Il y a eu plus de peur que de mal", souligne Sandra Vandersmissen, senior equity specialist chez BNP Paribas Fortis. "Les derniers résultats trimestriels ont montré que les sociétés immobilières belges ont des portefeuilles et des locataires de qualité."

Quant aux craintes liées au segment des soins de santé, elles ont également été balayées ces derniers mois. "Dès lors que les investisseurs ont compris que les opérateurs dans les maisons de repos seraient soutenus financièrement par le gouvernement, les actions de ce segment ont commencé à remonter la pente". Le titre Aedifica , qui avait perdu plus de la moitié de sa valeur entre février et mars, a par exemple repris environ 50% jusqu'ici.

Ce retour en grâce n'a toutefois pas permis aux SIR de retrouver leur niveau d'avant-crise. Une situation qui s'explique, selon l'analyste, par un "réajustement des attentes". "Après 5 années de performance positive, les SIR n'étaient plus vraiment bon marché au début de l'an 2020. Par ailleurs, les investisseurs ne veulent plus payer une prime pour certaines valeurs", affirme Sandra Vandersmissen.

La fin des achats à bon compte?

Pascale Nachtergaele (cogestionnaire de fonds immobilier européen chez Nagelmackers) note de son côté que la rotation sectorielle déclenchée par l'annonce de Pfizer a également impacté les SIR. Les investisseurs ont profité de la chute de certains cours dans l'immobilier commercial pour faire des achats à bon compte. Les sociétés actives dans la logistique ont par contre essuyé des prises de bénéfices en bourse.

"Je conseille toutefois aux investisseurs de rester prudent. Ce n'est pas parce que un ou plusieurs vaccin(s) seront commercialisés dans les prochains mois que les problèmes structurels vont disparaître."
Pascale Nachtergaele
Gestionnaire de fonds chez Nagelmackers

"Je conseille toutefois aux investisseurs de rester prudent. Ce n'est pas parce que un ou plusieurs vaccin(s) seront commercialisés dans les prochains mois que les problèmes structurels vont disparaître", explique-t-elle. La gestionnaire rappelle que le segment de l'immobilier commercial était déjà impacté par l'avènement de l'e-commerce avant la crise. Les perspectives pour le secteur des bureaux sont également tendues en raison de l'adoption croissante au télétravail.

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