Meilleure séquence du Bel 20 depuis deux mois

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L'indice vedette de la Bourse de Bruxelles a gagné 10% en quatre séances, sa meilleure série depuis le 26 mars. Les valeurs bancaires et AB InBev profitent d'un effet de rattrapage.

La Bourse de Bruxelles surfe sur les espoirs de rebond économique. Depuis vendredi dernier, le Bel 20  ne cesse de grimper. En quatre séances, l'indice belge a gagné 10%. Il s'agit de sa meilleure série depuis une montée de plus de 12% du 23 au 26 mars.

Si l'indicateur vedette du marché boursier belge affiche une telle forme en ce moment, c'est en particulier grâce à ses poids lourds. AB InBev , dont le poids dans la composition du Bel 20 est proche de 14%, a bondi de 13,5% en quatre jours. ING , qui représente quasiment 12% de l'indice, a grimpé de 15% depuis la clôture de jeudi et KBC , qui pèse près de 10% du Bel 20, a pris 19%.

"Le marché européen se traite actuellement au-dessus de sa valorisation moyenne à long terme."
UBS

Il faut ajouter à cela la progression fulgurante (+32%) d'argenx  durant ces quatre jours fous, même si la biotech est un "poids moyen" de l'indice belge (moins de 5%). L'annonce de la demande de commercialisation de son traitement vedette, qui a fait grimper l'action de 29,6% mardi, a été décisive.

Effet de rattrapage

Quant aux trois plus grandes capitalisations du Bel 20, elles figurent parmi celles qui ont le plus perdu durant le krach de février-mars. Entre le 17 février et le 17 mars, quand l'indice vedette de la Bourse de Bruxelles avait dégringolé de 40%, ING avait plongé de 56%, AB InBev de 50% et KBC de 48%.

Ensuite, les trois mêmes actions se retrouvent parmi celles qui n'ont pas pleinement bénéficié de la reprise depuis la mi-mars: alors qu'entre le 17 mars et le 21 mai, le Bel 20 avait rebondi de plus de 16% depuis lors, KBC a limité son avancée à 14%, ING à 12% et AB InBev à 10%. Un effet de rattrapage peut donc expliquer leur retour en grâce.

28
%
L'indice vedette de la Bourse de Bruxelles a déjà repris près de 28% depuis le plancher touché le 17 mars après le krach boursier dû à la pandémie de coronavirus.

Ce rétablissement ne tombe pas du ciel: les investisseurs semblent de plus en plus convaincus que la levée progressive des mesures de confinement finira par se transformer en un rebond plus marqué de l'économie. Alors qu'il y a deux semaines, les marchés redoutaient encore une deuxième vague de contaminations au Covid-19, cette hypothèse n'a plus la cote dans les salles de marché, vu les statistiques épidémiologiques rassurantes.

Mise en garde

Le retour de l'appétit des investisseurs pour le risque profite en particulier aux actions qui avaient le plus souffert de la crise, soit parce qu'elles étaient en première ligne face à la récession, comme c'est le cas des banques exposées aux défauts de paiement des entreprises, soit parce qu'elles présentaient un endettement élevé susceptible de poser problème en cas de perte trop importante de revenus, une situation dans laquelle figurait AB InBev, avec une dette représentant quatre fois le résultat opérationnel.

À cause de la crise, ces trois groupes ont aussi dû suspendre (KBC et ING) ou réduire fortement (AB InBev) leur dividende, au grand dam des investisseurs. Mais tout ce qui était difficile à supporter en plein cœur de la crise semble être bien mieux toléré sur les marchés aujourd'hui, tandis que les espoirs de reprise s'affermissent.

Toutefois, des économistes mettent en garde contre un possible excès d'enthousiasme. Comme le Bel 20 a déjà repris près de 28% depuis son plancher du 17 mars, on peut se demander quelle est encore sa marge de progression, alors que les indicateurs conjoncturels figurent encore à des niveaux historiquement bas.

Dans une note publiée mardi, UBS estime que les actions européennes  ont déjà atteint le niveau attendu pour la fin de l'année. La banque suisse souligne que "le marché européen se traite actuellement au-dessus de sa valorisation moyenne à long terme" sur base du rapport entre les cours et les bénéfices.

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