Pire séance pour le Bel 20 depuis un mois

Les titres les plus sensibles au cycle économique ont été touchés à la Bourse de Bruxelles. ©BELGA

Les craintes d'une aggravation de la pandémie et les problèmes de livraisons du vaccin ont pesé sur le Bel 20, de même que la révision à la baisse de la croissance allemande.

Le Bel 20 a lâché 2,12% et a connu sa pire journée de négociation depuis le mois de décembre. Les craintes autour du Covid-19 ont dominé l'esprit des investisseurs alors que les retards de vaccination en Europe se poursuivent. "Il y a eu un léger changement de ton sur les marchés ces derniers jours", a remarqué Catherine Doyle, spécialiste en investissement chez Newton Investment Management. "Les marchés recommencent à s'inquiéter du Covid-19", a-t-elle ajouté, mettant notamment en évidence les variantes brésilienne et sud-africaine du virus.

"Les retards dans les vaccins et la campagne d'immunisation au ralenti donnent des maux de tête aux investisseurs."
Mulan Cutkovic
Analyste chez Axi

La montée des tensions liées à la distribution des vaccins en Europe pèse également sur le sentiment de marché. "Les retards dans les vaccins et la campagne d'immunisation au ralenti donnent des maux de tête aux investisseurs", explique Mulan Cutkovic, analyste chez Axi.

La confusion a régné sur la participation du groupe pharmaceutique britannique AstraZeneca, mis en cause en Europe pour des retards de production de son vaccin contre le Covid-19, à une réunion avec l'Union européenne. Cette dernière réclame au laboratoire britannique de lui livrer comme convenu des vaccins anti-Covid-19 produits dans deux usines situées au Royaume-Uni, alors que le groupe prévoit désormais de ne livrer au premier trimestre qu'"un quart" des doses promises, selon une responsable de l'UE.

Au sein de l'indice, les valeurs bancaires ont été particulièrement touchées par les craintes sur l'impact économique de la pandémie. KBC a reculé de 2,89% et ING de 3,43%. Les titres sensibles au cycle économique ont également bu la tasse. Solvay a perdu 3,19%, Aperam 3,45% et Umicore 2,33%.

En revanche, les titres considérés comme refuge au sein du Bel20 ont profité de l'aversion au risque. Colruyt a pris 2,05 et Proximus 3,2%. La Société Immobilière Réglementée Cofinimmo a avancé de 0,16%. Barco a aussi progressé de 1,63%.

Des mauvaises nouvelles d'Allemagne

La Bourse de Bruxelles et les autres places européennes ont creusé leurs pertes après la révision à la baisse de la croissance allemande. Le gouvernement allemand a abaissé mercredi à 3% ses prévisions de croissance pour 2021, moins qu'espéré il y a quelques mois alors que la virulence de la pandémie de Covid-19 freine la reprise dans la première économie de la zone euro.

"La reprise se poursuit en 2021, mais avec moins de force", a affirmé le ministre de l'Économie Peter Altmaier qui tablait encore cet automne sur une croissance du PIB de 4,4%. Selon Berlin, l'économie allemande ne devrait retrouver son niveau d'avant-crise qu'à partir de "mi-2022".

Le confinement partiel en Allemagne laisse de profondes traces dans le secteur privé.
Andreas Lipkow
Analyste chez Comdirect

"Le confinement partiel en Allemagne laisse de profondes traces dans le secteur privé", a décrypté Andreas Lipkow chez Comdirect, soulignant "la faiblesse inattendue" du baromètre GFK du moral des consommateurs allemands.

Le FMI tire la sonnette d'alarme

Le Fonds Monétaire International a également douché les investisseurs ce mercredi en annonçant une possible correction sur les marchés. Dans son rapport sur la stabilité financière, l'institution estime que "les valorisations d'actifs semblent être exagérées sur plusieurs marchés", sans citer explicitement le cas de Gamestop.

"Avec des investisseurs qui misent sur le soutien durable des pouvoirs publics et des marchés qui semblent de plus en plus complaisants devant la hausse continue des valorisations des actifs, les dirigeants doivent être préparés aux risques d'une correction des marchés", soulignent les auteurs du rapport. Ils ont aussi noté "le "décalage persistant entre les marchés financiers et l'économie" réelle.

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés