Premiers pas réussis en bourse pour Nyxoah

Le CEO de Nyxoah, Olivier Taelman, a pu apprécier en direct de la Bourse de Bruxelles la belle grimpette du cours de sa société. ©Kristof Vadino

Le petit nouveau à la Bourse de Bruxelles a grimpé jusqu'à près de 30% dans la première heure d'échanges. Mais plusieurs suiveurs des marchés bruxellois préfèrent encore attendre avant de prendre des parts dans la medtech wallonne Nyxoah.

L'action Nyxoah  a terminé son premier jour de cotation à Bruxelles à 19,50 euros, soit un bond de 14,71% par rapport à son prix d'introduction fixé à 17 euros. Un prix, pour rappel, qui représentait le haut de la fourchette des estimations de la société.

Dans la première heure d'échanges ce vendredi, le titre de la société qui s'est fait un nom en développant une technologie pour lutter contre l'apnée du sommeil a démarré en trombe. Il est venu chatouiller les 22 euros vers 9h30, bondissant alors de 28,76% jusqu'à 21,89 euros.

Les investisseurs attendaient de pied ferme l'arrivée en bourse de la medtech fondée en 2009 et présentant une capitalisation boursière d'environ 413 millions d'euros. L'offre avait été sur-souscrite, poussant la pépite de Mont-Saint-Guibert a émettre 12% d'actions supplémentaires.

Encore trop risqué pour certains analystes

Pourtant, les spécialistes des produits d'investissement ne se sont pas montrés franchement enthousiastes sur la valeur. En début de semaine, les analystes de la revue "L'Investisseur" épinglaient le fait que "Nyxoah travaille actuellement sur un appareil qui n’a pas encore fait ses preuves, ce qui est risqué. L'action est donc un pari sur le succès des études en cours". Chez "L'Investisseur", on a donc remis le pari à plus tard en plaçant le curseur sur le titre Nyxoah à 4, soit son échelon le plus élevé dans l'analyse de risque d'une valeur.

"La question du remboursement est le facteur décisif dans le succès du produit de Nyxoah."
Les analystes de Test-Achats

L'autre argument ne plaidant pas à l'avantage de la medtech, c'est le prix de son produit vedette. Nyxoah développe et commercialise une implant, Genio, qui a la taille d’une pièce de monnaie. Cette thérapie de neurostimulation bilatérale qui traite le syndrome d'apnées obstructives du sommeil a obtenu le marquage "CE", lui garantissant un accès européen. Mais pour l'instant, seule l'Allemagne, où Genio est commercialisé depuis cet été, a confirmé une autorisation de remboursement pour les patients. Les autres pays européens doivent encore se positionner sur la question.

Ce qui fait dire aux analystes de Test-Achats que "la question du remboursement est le facteur décisif dans le succès du produit de Nyxoah". Il faut dire que le coût de l'implant est élevé: 20.000 euros auxquels il faut ajouter plus de 8.000 euros de frais de chirurgie et de suivi. Nyxoah estime que chaque année 1,1 million de nouveaux patients pourraient bénéficier de ce traitement, ce qui représente un marché potentiel de 20 milliards de dollars.

Un champion encore déficitaire

Question dividende, l'investisseur devra sans doute se montrer patient. Depuis sa création, Nyxoah n'a pas versé de dividende et la société ne le fera pas à court terme. La medtech est toujours déficitaire.

Fin décembre, les pertes ont dépassé 47 millions d'euros car l'entreprise continue d'investir massivement dans la recherche et le développement de ses thérapies et n'enregistre pour l'instant pratiquement aucun revenu.

À la mi-2020, la trésorerie de la medtech s'élevait à 23,9 millions d’euros contre seulement 5,9 millions fin 2019. Sa perte cumulée atteignait 50,7 millions d'euros.

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