analyse

Un nouveau CEO pour bpost et vite!

En bourse, le bilan de l’ère Van Avermaet est plutôt bon en termes absolus avec une progression de 5%, mieux que le Bel 20 et bien mieux que son prédécesseur.

Jean-Paul Van Avermaet laisse derrière lui un groupe à la traîne, tant en bourse que stratégiquement, ayant rapidement besoin d’un nouveau capitaine pour se réinventer.

Fin 2019, bpost annonce que Jean-Paul Van Avermaet remplacera Koen Van Gerven qui a décidé de ne pas prolonger son mandat. Le nouveau CEO, qui a pris ses fonctions le 26 février 2020, a pour mission de poursuivre la transition du courrier vers les colis et de redresser Radial. Cette filiale américaine rachetée en 2017 restera comme le point noir du bilan de Koen Van Gerven. Alors qu’elle devait permettre à bpost de profiter du boum de l’e-commerce, elle a surtout plombé ses résultats.

Rachat de Radial

En bourse, l’ère Van Gerven est d’ailleurs scindée entre un avant et après Radial. À la clôture du 13 mars 2018, avant la publication des premiers résultats incluant sa filiale américaine, bpost flirtait avec ses records et affichait une progression de 84 % depuis l’entrée en fonction de Koen Van Gerven, sans même tenir compte d’un généreux dividende d’environ 1,30 euro brut par action. Tout sourit alors au groupe postal qui s’illustre face au Bel 20 (+31% sur la période) et surtout dans son secteur très à la traîne.

Lorsqu’il quitte ses fonctions, Koen Van Gerven laisse derrière lui une action qui a perdu quasiment la moitié de sa valeur en six ans, un dividende réduit de moitié.

Les chiffres 2017 et surtout les prévisions 2018 enclenchent toutefois une chute vertigineuse. Lorsqu’il quitte ses fonctions, Koen Van Gerven laisse derrière lui une action qui a perdu quasiment la moitié de sa valeur en six ans, un dividende réduit de moitié.

Mauvais bilan relatif

Malgré la pandémie, l’ère Van Avermaet commence plutôt bien. Dès l’été, des chiffres semestriels solides marqués par une croissance de 30% dans les colis permettent au titre de rebondir. Toutefois, bpost progresse moins vite que ses pairs tels que Post NL ou Royal Mail. Un écart qui ne cessera de grandir jusqu’à la publication des chiffres 2020 marqués par des prévisions décevantes pour 2021.

La dégringolade de 17% mercredi dernier a ainsi sans doute scellé le sort de Jean-Paul Van Avermaet, déjà fragilisé par une succession de couacs comme le rappelle Petra De Sutter, la ministre en charge des participations publiques. Elle évoque notamment "un manque de confiance" conséquence des enquêtes ouvertes l’année dernière pour soupçons d’entente illégale sur les prix quand il était directeur de G4S.

+4%
La performance de l'action bpost sous l'ère Van Avermaet.

En bourse, le bilan de l’ère Van Avermaet est plutôt bon en termes absolus avec une progression de 4%, mieux que le Bel 20 et bien mieux que son prédécesseur. En termes relatifs, le bilan est toutefois tout autre. Sur la même période, ses pairs, Royal Mail, Post NL et Österreichische Post affichent une progression moyenne de 122 %. Comparativement, bpost avait un peu limité les dégâts par rapport ses pairs sous la direction de Koen Van Gerven.

En retard dans les colis

Pourtant, l’annonce du licenciement de Jean-Paul Van Avermaet n’a pas véritablement ému les marchés, le titre gagnant jusqu’à un peu plus de 2% en début de séance avant de basculer dans le rouge et de clôturer en baisse de 1,76% à 8,11 euros. Thomas Couvreur, analyste chez KBC Securities, pointe une période d’incertitude: "la recherche d’un nouveau CEO entraînera des délais dans l’exécution".

"la recherche d’un nouveau CEO entraînera des délais dans l’exécution."
Thomas Couvreur
Analyste chez KBC Securities

Tout en rappelant que "comparé à ses concurrents européens, bpost était à la traîne au 4e trimestre, démontrant que des changements sont nécessaires". Ce qui justifie ainsi la mise en place du plan de longue haleine Connect 2026 dévoilé à la fin de l’année dernière. Le groupe postal doit compenser le déclin rapide des volumes de courrier, développer les colis et investir dans le redressement de Radial aux États-Unis et le développement de Radial Europe.

Globalement, bpost est en effet encore très dépendant du courrier y ayant dégagé 61% de son profit opérationnel en 2020 alors que Royal Mail et Post NL dégagent à peu près l’entièreté de leurs profits dans les colis.

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