Une biotech dégringole de plus 50% après un revers de son produit-phare

Depuis son introduction en Bourse en 2015 au prix de 12,5 euros, l'action Kiadis s'est effondrée de 85%! ©euronext

La biotech Kiadis anticipe un refus du dossier de commercialisation en Europe de son candidat médicament l’ATIR 101. Elle attend les résultats d’un essai clinique en 2021 pour déposer un nouveau dossier.

Kiadis a un genou à terre. Ce vendredi matin, l’action, qui avait déjà perdu plus de 50% au cours des douze derniers mois, s’est effondrée de 60% à 1,91 euro. Depuis son IPO réalisée en 2015, cette biotech a vu sa valeur divisée par plus de six!

Spécialisée dans le domaine des greffes de moelle osseuse via des thérapies cellulaires, cette société néerlandaise cotée à Bruxelles a annoncé jeudi soir que son produit-phare, l’ATIR 101 ne serait pas validé comme tel par l’Agence européenne du médicament fin 2019 comme espéré. La perspective d’une commercialisation en 2020 se voit donc repoussée.

Ce n’est pas le premier retard constaté dans ce processus de reconnaissance indispensable pour une mise sur le marché. Il y a un an déjà, Kiadis avait annoncé un report d’une décisions attendue pour le 4e trimestre 2018.

Nouveau standard

Mais cette fois, la situation est plus dramatique encore. Kiadis a longtemps cru que les résultats positifs d’une phase II et de données historiques suffiraient pour l’examen de son dossier. Ce n’est plus le cas car, entre-temps, le traitement standard a évolué.

-85%
L'action Kiadis
Depuis son introduction en bourse en 2015, la biotech néerlandaise cotée à Bruxelles a perdu 85% de sa valeur.

Pour démontrer la supériorité de son produit face à ce nouveau standard en vigueur, la biotech a lancé un essai clinique de phase III. Les premier résultats ne sont pas attendus avant 2021…

Si cette nouvelle n’est pas entièrement une surprise, elle va impacter profondément la société, estiment les analystes de KBC Securities. Ils anticipent désormais un lancement de l’ATIR101 en 2023 en Europe et aux Etats-Unis. Et conseillent désormais de vendre l’action contre une recommandation à "conserver" avant. L’objectif de cours passe de 6,5 euros à 3,5 euros.

Le couteau sous la gorge

Les finances de la biotech vont également être mises à mal, un essai clinique de phase III coûtant très cher. Chez KBC, on estime que les caisses seront vides dès la mi-2020 et que, sans catalyseur fondamental à l’horizon, les risques de financement de Kiadis vont devenir significatifs.

La solution? "Les partenariats constituent une source de financement non dilutif. Nous estimons que cette piste doit être poursuivie afin de maintenir le société à flots."

Une lueur d’espoir dans ce tableau très noir. Pour les spécialistes de KBC, les valorisations exubérantes de pairs disposant d’une plate-forme de cellule NK (cellules natural killer) comme Kiadis démontrent que cet actif dispose du potentiel pour donner une seconde vie à la société.

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