Publicité
Publicité

Une suspension sur deux concerne les SIR et les biotechs

Sur 23 suspensions d'actions en Bourse de Bruxelles depuis janvier, plus de 50% sont le fait de SIR et de biotechs. Ces dernières causent 30% des suspensions.

Les suspensions d'actions restent fréquentes en Bourse de Bruxelles. D'après nos calculs basés sur les communiqués officiels de l'Autorité des services et marchés financiers (FSMA: Financial Services and Markets Authority), la suspension d'Acacia Pharma jeudi était la vingt-troisième interruption de cotation sur le marché boursier belge depuis le début de cette année, ce qui est en ligne avec le nombre de suspensions observées l'an dernier à ce stade. A la mi-août 2019, Euronext Brussels recensait 27 suspensions de titres, un nombre qui avait gonflé à 45 en fin d'année.

3
Mois sans cote pour Nyrstar
Nyrstar a été privée de cotation pendant plus de trois mois entre le 25 juin et le 30 septembre 2019, un record.

En analysant les noms des sociétés concernées par ces arrêts de cotation momentanés, on peut distinguer deux grandes tendances, valables aussi bien en 2019 qu'en 2020. Premièrement, un peu plus de la moitié des suspensions d'actions concernent des sociétés biotechnologiques et des SIR (sociétés immobilières réglementées). On compte 23 sur 45 suspensions en 2019 et 12 sur 23 cette année jusqu'à présent. Deuxièmement, les biotechs sont les plus à risque de suspension puisqu'elles causent à elles seules plus de 30% des interruptions de cotation, à savoir 14 cas sur 45 l'an dernier et 7 sur 23 depuis début 2020.

Placements privés en cause

Cette situation peut s'expliquer par le recours accru de ces sociétés à la technique du placement privé d'actions. Les biotechs et les SIR ont en effet régulièrement besoin de capitaux frais, qu'il s'agisse de financer de nouveaux essais cliniques ou la commercialisation d'un traitement pour les premières ou de payer de nouvelles acquisitions immobilières pour les secondes. Pour éviter les contraintes des augmentations de capital classiques, ces entreprises privilégient la procédure accélérée du placement privé de titres auprès d'investisseurs institutionnels, via la constitution rapide d'un livre d'ordres par des banques. Ce type d'opération dure en général moins d'une journée et permet de lever des fonds très vite. Mais durant toute cette procédure, l'action doit être suspendue en bourse, pour des raisons de transparence à l'égard de l'ensemble des investisseurs.

1h07
Suspension la plus brève
L'action Hamon a été suspendue pendant exactement une heure et sept minutes le 23 juillet 2019, la durée la plus courte recensée.

Les exemples ne manquent pas. Le 15 janvier dernier, la SIR Care Property Invest avait acheté des immeubles de soins grâce à un placement privé qui avait rapporté plus de 30 millions d'euros. En attendant le résultat de cette opération, l'action avait été suspendue jusqu'à 13h30 le jour même. Autre cas: fin mai, la biotech Argenx avait levé plus de 860 millions de dollars pour le développement futur de ses traitements en projet, grâce à un placement privé d'actions en Europe. L'action avait été suspendue durant toute la séance boursière du 27 mai, jour de cette opération.

Asit et Nyrstar, abonnés des suspensions

Il y a toutefois des causes de suspension d'action plus malheureuses, comme les problèmes financiers rencontrés par Asit après l'échec du développement d'un traitement contre des allergies. Le 9 juin dernier, l'action de la biotech a été suspendue dans l'attente d'un communiqué annonçant qu'elle pouvait poursuivre sa réorganisation judiciaire. Cette suspension avait été précédée de plusieurs autres depuis la fin novembre 2019, lorsque la société avait dévoilé les résultats négatifs d'un essai clinique crucial, ce qui avait marqué le début des ennuis.

9
suspensions en un an et demi Pour Asit
Avec six suspensions en 2019 et trois cette année à ce stade, Asit détient le record du nombre d'interruptions de cotation sur cette période.

Avec six suspensions en Bourse de Bruxelles en 2019 et trois cette année à ce stade, Asit détient le record du nombre d'interruptions de cotation sur cette période. Ce n'est toutefois pas l'action qui a été écartée le plus longtemps de la cote. En une seule suspension, Nyrstar a pulvérisé le record de durée sans cotation puisque le titre du producteur de zinc a été suspendu pendant plus de trois mois entre le 25 juin et le 30 septembre 2019. La saga judiciaire relative aux manoeuvres autour du capital de la société n'est d'ailleurs pas terminée et l'action Nyrstar a encore dû être suspendue à deux reprises en juin dernier.

Hamon a la plus courte

Le record de Nyrstar pourrait bien être battu par FNG , suspendue depuis le 11 mai dernier, si celle-ci retrouvait finalement la cote, mais la liquidation en cours de la société laisse peu d'espoirs.

Les suspensions d'actions permettent de garantir un traitement équitable des investisseurs, chacun d'eux pouvant ainsi recevoir les informations pertinentes avant la réouverture des échanges boursiers.

A l'opposé, la suspension d'action la plus courte des deux dernières années revient à Hamon , qui avait vu son titre quitter les écrans pendant exactement une heure et sept minutes le 23 juillet 2019, entre 9h03 (la FSMA est très précise) et 10h10, le temps d'annoncer le rachat de 10 millions d'euros d'obligations de la société par la Sogepa, le bras financier de la Région wallonne.

Le 26 juin, journée maudite?

On terminera ce petit tour des suspensions boursières par ce qui n'est qu'une coïcidence mais tellement étonnante qu'elle mérite d'être épinglée. Aussi bien en 2019 qu'en 2020, la journée qui a vu le plus d'actions être suspendues en même temps en Bourse de Bruxelles a été le 26 juin. L'an dernier, à cette date, on avait enregistré les suspensions de Cofinimmo , Retail Estates et Fagron , auxquelles il fallait encore ajouter la suspension de longue durée de Nyrstar qui venait de débuter... la veille.

Et cette année, rebelote: la séance du 26 juin a été amputée des cotations d'Atenor , Nyrstar et bien sûr FNG qui n'est plus cotée depuis mai. Mais pour être tout à fait précis, on notera tout de même que le 15 janvier 2020, entre 9h et 11h30, la cote belge avait été privée de quatre titres, à savoir Care Property Invest , Picanol , Asit et Realco .

Ces quelques statistiques démontrent en tout cas que les suspensions d'actions sont loin d'être rares sur le marché boursier belge, ce qui est nécessaire pour garantir un traitement équitable des investisseurs, chacun d'eux pouvant ainsi recevoir les informations pertinentes avant la réouverture des échanges boursiers.

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés