Vincent Van Dessel, président d'Euronext Bruxelles: "Les petits porteurs sont prêts à soutenir l'économie belge"

Selon Vincent Van Dessel, le président de la Bourse de Bruxelles, on sous-estime encore le poids des particuliers en bourse. ©Photo News

Le constat est sans appel: les particuliers belges sont de retour en masse à la Bourse de Bruxelles. Au grand plaisir de son président, qui a présenté 5 propositions en faveur de la relance.

"De toute ma (longue) carrière, je n'ai jamais vu une telle ruée des investisseurs particuliers sur les marchés actions pendant une crise financière". Le président d'Euronext Bruxelles, Vincent Van Dessel, le confirme: les Belges ont bien profité de la chute des bourses en février et mars pour faire leurs emplettes. Le retail a représenté près de 6% des transactions à la Bourse de Bruxelles en avril contre 3,53% un an plus tôt. "Les particuliers se sont rendus compte que leur carnet d'épargne ne leur rapportait pas grand chose et que s'ils voulaient davantage de rendement, ils devaient se tourner vers les actions."

5,94%
En avril, les investisseurs particuliers ont représenté environ 6% de toutes les transactions à la Bourse de Bruxelles.

Une tendance, note-t-il, qui s'est dessinée vers la fin de l'année dernière et qui s'est confirmée les mois suivants. Sur le premier semestre 2020, les investisseurs particuliers ont ainsi représenté en moyenne 4,53% des transactions contre 2,87% pour le premier semestre 2019.

C'est d'ailleurs une autre particularité par rapport aux crises précédentes: les Belges ont continué à investir en bourse après le net rebond des actions en avril. "Comme l'a montré une étude de la FSMA (l'autorité de surveillance des marchés financiers en Belgique, NDLR), la chute des marchés a attiré de nouveaux investisseurs – plus jeunes et qui investissent de plus petits montants – qui ont pris goût à l'investissement en bourse et qui vont rester actifs. On assiste à une augmentation structurelle du poids du retail en bourse", souligne Vincent Van Dessel.

Le président de la Bourse de Bruxelles estime par ailleurs que l'on "sous-estime encore la part réelle du retail". Et d'expliquer que les chiffres d'Euronext ne montrent qu'une partie de la réalité car certains particuliers passent par des courtiers étrangers pour investir en bourse.

Les petites et moyennes capitalisations en vogue

"La chute des marchés a attiré de nouveaux investisseurs – plus jeunes et qui investissent de plus petits montants – qui ont pris goût à l'investissement en bourse et qui vont rester présents."
Vincent Van Dessel
Président d'Euronext Bruxelles

Cette ruée des particuliers fait bien sûr le bonheur des petites et moyennes capitalisations boursières. Plus que des géants comme AB InBev, dans lesquelles sont investis principalement des institutionnels pour la liquidité de leurs actions, elles attirent les petits porteurs. La valeur des transactions concernant des entreprises non reprises au sein du Bel 20 a représenté 15% de la valeur de toutes les transactions à Bruxelles au premier semestre. Du jamais vu! "Plus de la moitié des investisseurs particuliers ont investi dans des petites ou moyennes sociétés", précise Vincent Van Dessel.

Ici encore, la chute des actions a donné un coup de fouet. Quelque 227.085 transactions ont été réalisées en mars par des particuliers en dehors du Bel 20, contre un peu plus de 100.000 un an plus tôt.

"Profitons de ce momentum!"

Le président d'Euronext Bruxelles en est certain: le retour en masse des particuliers favorise le rôle premier de la bourse – à savoir faciliter le financement des entreprises et des États. Et par extension, soutenir l'économie réelle. Le gouvernement devrait, selon Vincent Van Dessel, utiliser ce regain d'intérêt des Belges pour les investissements comme pilier central d'un plan de relance de l'économie belge. "Le petit porteur est plus que jamais prêt."

C'est pourquoi il a mis sur la table 5 propositions pour modifier la fiscalité en Belgique (lire l'encadré). "Elles donneront un coup de boost à notre économie sans coûter trop cher à l'État", explique Vincent Van Dessel. Pour lui, le gouvernement a le choix d'être un "gouvernement de subsides" ou un "gouvernement de croissance"."Soit vous encouragez les investissements, soit vous les découragez, avec un potentiel impact négatif sur la croissance..."

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