Adyen s'envole lors de sa première séance

Pieter van der Does a de quoi être heureux: le cours de sa licorne Adyen a plus que doublé dès son premier jour en Bourse d'Amsterdam. Et pourtant, il n'a pas sonné la cloche. ©Bloomberg

Le prix de l’action de la fintech néerlandaise a dépassé les attentes des analystes. Introduite à 240 euros, Adyen a fini sa première journée à 455 euros à la Bourse d’Amsterdam.

Doublant de valeur quelques minutes après l’introduction du titre dans le cadre d’une opération où moins de 15% du capital d’Adyen  étaient mis sur le marché, l’action de la licorne néerlandaise spécialisée dans le paiement en ligne a pulvérisé les records pour sa première journée de cotation.

455
euros
La société néerlandaise Adyen a fini sa première journée à 455 euros à la Bourse d’Amsterdam, alors que le prix d'introduction avait été fixé à 240 euros.

La valorisation boursière du groupe fondé en 2006 a ipso facto été multipliée par plus de deux, à environ 14 milliards d’euros. Le titre s’est affiché en progression de 89,58% à la clôture, à 455 euros, contre un prix d’introduction fixé à 240 euros. De fait, l’lPO a été sursouscrite plusieurs fois.

Le cabinet d’analystes néerlandais Kempen tablait sur une hausse d’un tiers du titre à 320 euros. Son homologue InsigerGilissen avait fixé à 300 euros son objectif de prix.

Malgré tout, l’opération n’a pas donné lieu aux festivités d’usage. Le patron d’Adyen n’a pas fait retentir le gong de la Bourse à cette occasion. Aucune dégustation de champagne accompagnée de petits fours n’a eu lieu. "S’il y a des succès à fêter au sein de notre entreprise, le commerce des échanges entre les investisseurs n’en fait pas partie", a indiqué Pieter van der Does, CEO d’Adyen.

Agrément bancaire

Adyen apparaît comme une des valeurs technologiques les plus prometteuses d’Europe.

L’annonce d’Adyen d’une diversification dans le secteur bancaire proprement dit n’est sans doute pas étrangère au succès de son introduction en Bourse, même si la fintech fait figure d’une des valeurs technologiques des plus prometteuses d’Europe. La licorne basée à Amsterdam se placerait au troisième rang mondial sur le terrain des solutions de paiement en ligne, derrière Worldplay et Wirecard.

Selon le projet dévoilé aux investisseurs qui figurait dans le prospectus d’introduction en Bourse, Adyen a obtenu un agrément bancaire l’année dernière. Celui-ci va lui permettre de vendre des crédits à court terme à ses clients qui, pour la plupart, sont des sites de vente en ligne (Airbnb, eBay, Easyjet, Facebook, KLM, L’Occitane, L’Oréal, Uber, Netflix, Rituals, Spotify…).

Dans les grandes lignes, cette nouvelle offre va consister pour Adyen à fournir une avance de fonds à ses clients, sachant que le paiement effectif des achats d’un consommateur par sa banque réclame près de deux semaines avant de parvenir aux commerçants. Déjà actifs sur cette "niche", plusieurs concurrents directs du groupe néerlandais, dont le suédois iZettle récemment tombé dans l’escarcelle de PayPal et le brésilien Cielo, proposent de tels produits.

Pour Adyen, cette diversification s’avère un moyen de "faire tourner" l’important cash flow dérivant de son activité principale. En effet, la licorne batave n’a pas l’intention de distribuer ses surplus financiers sous forme de dividendes aux actionnaires, comme elle l’a fait savoir. De plus, mener des opérations de croissance externe sources de problèmes d’intégration, ne fait pas partie de sa stratégie.

Profitant de l’engouement sur Adyen, les actions des groupes de paiement européens se sont aussi affichées en hausse mercredi sur les autres places boursières.

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