Ahtènes peut avoir son prêt, dixit l'Europe

Le ministre grec des Finances, Evangelos Venizelos, s'entretient avec la directrice générale du FMI, Christine Lagarde. © Reuters

Les ministres des Finances de la zone euro ont approuvé le déblocage de 8 milliards d'euros en faveur de la Grèce. Mais le versement de cette sixième tranche du prêt dépend in fine du feu vert du Fonds monétaire international.

Les ministres des Finances de la zone euro ont donné leur feu vert de principe vendredi soir au déblocage d'un prêt de 8 milliards d'euros au total en faveur de la Grèce. Toujours réunis dans la soirée à Bruxelles, ils ont donné leur aval au versement de la sixième tranche d'assistance financière à la Grèce, dans le cadre du premier plan d'aide décidé en 2010 (d'un montant total de 110 milliards d'euros).

La décision prise à Bruxelles fait suite au vote la veille par le Parlement grec en faveur d'une nouvelle cure de rigueur, en dépit de la protestation de la population, sur fond de grève générale dans tout le pays.

Le reste de l'enveloppe est financée par le Fonds monétaire international qui se réunira ultérieurement pour prendre une décision à ce sujet. Or, des divergences importantes sont apparues cette semaine entre les experts européens et ceux du FMI sur la viabilité de la Grèce à l'issue de l'inspection commune qu'ils ont menée au sein de la troïka des bailleurs de fonds.

Le FMI semble estimer que la Grèce est sur une pente glissante qui rend incertaine sa capacité à faire face au poids de sa dette. Le gouvernement grec s'est du reste inquiété publiquement jeudi de ces divergences d'évaluation.

Malgré la situation difficile du pays, la troïka des bailleurs de fonds a néanmoins rendu un avis favorable au versement du prêt. Les ministres de la zone euro ont rendu leur décision après que le Parlement grec eut adopté la veille une nouvelle cure de rigueur, en dépit de la protestation de la population avec une grève générale dans tout le pays.

Le plan prévoit de nouvelles coupes salariales et le placement en chômage technique d'environ 30.000 personnes dans le secteur public.

Au total, plus de 50.000 personnes avaient défilé dans les rues d'Athènes jeudi, au lendemain d'une manifestation géante qui avait réuni plus de 70.000 personnes dans la capitale et 125.000 dans tout le pays, selon la police.

Les ministres de la zone euro appellent donc Athènes "à réaliser davantage de progrès dans la mise en oeuvre des réformes structurelles et du programme de privatisations".

"Afin d'assurer la soutenabilité de la dette, nous concluerons un second programme d'ajustement économique avec la Grèce, avec une combinaison appropriée de nouveaux financements publics et d'implication du secteur privé", ont-ils également déclaré.

Les ministres ne fournissent toutefois aucun détail sur la participation des banques créancières de la Grèce à la restructuration de la dette grecque, qui s'annonce plus musclée que celle décidée le 21 juillet.


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