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Assouplissement monétaire et apaisement en Ukraine ont dopé les actions en mai

©Bloomberg

Les taux d’intérêt obligataires sont tombés à des planchers record en mai, ce qui a poussé les investisseurs à prendre plus de risque, notamment en actions.

Qu’ont en commun Vladimir Poutine et Mario Draghi? Probablement pas grand-chose, si ce n’est d’avoir dopé les cours boursiers durant le mois écoulé. Le président russe a adopté un ton moins martial à propos de l’Ukraine, si bien que les investisseurs sont revenus en masse vers les places boursières de Moscou et Kiev (voir l’infographie ci-dessous). Quant au président de la Banque centrale européenne (BCE), il a clairement annoncé un assouplissement de la politique monétaire de la zone euro lors de la prochaine réunion du conseil des gouverneurs de l’institut monétaire, soit le 5 juin. L’anticipation de cette mesure a pesé sur les taux d’intérêt obligataires, ce qui a conduit les investisseurs à chercher du rendement du côté des actions.

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On se souviendra qu’au début du mois de mars, les marchés d’actions avaient connu un gros passage à vide à cause de l’escalade dans l’opposition entre occidentaux et Russes au sujet de l’Ukraine. Si les indices boursiers avaient repris leur mouvement de hausse à partir de la mi-mars, les investisseurs avaient néanmoins continué à composer avec ce risque supplémentaire au moment d’effectuer leur allocation d’actifs.

Alors, quand, au début du mois de mai, Poutine a d’abord demandé aux militants pro-russes d’Ukraine de reporter leur référendum puis a ensuite ordonné un retrait de ses troupes de la frontière russo-ukrainienne, une partie des craintes liées à la crise ukrainienne se sont, si pas estompées, du moins atténuées.

Comme souvent dans ce genre de situation, les titres les plus malmenés au pic de la crise sont celles qui ont enregistré le plus fort rebond ensuite, d’où la performance du marché moscovite. De quoi donner raison à John-Paul Smith, stratégiste de Deutsche Bank, qui estimait début mai que les actions russes étaient bradées ("L’Echo" du 8/5).

Échangées en Bourse à 0,6 fois la valeur comptable des entreprises, les actions cotées à Moscou n'ont jamais été aussi bon marché en cinq ans.

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L’autre catalyseur de la hausse boursière mensuelle, à savoir la perspective d’une intervention de la BCE le 5 juin, a bénéficié aux valeurs de rendement.

Au sein de l’indice Stoxx 600 des plus grandes capitalisations européennes, lequel a pris 1,88% en mai, la composante "utilities" (sociétés de services aux collectivités) qui a enregistré la meilleure performance (+ 4,43%). En Bourse de Bruxelles, GDF Suez a obtenu un gain mensuel de 12,71%, ce qui le classe en tête dans son secteur en Europe. Ce poids lourd du Bel 20 a largement contribué à la montée de 2,24% de l’indice belge au cours du mois écoulé.

Si les investisseurs ont privilégié les actions, et en particulier celles qui offrent du rendement, c’est parce que l’assouplissement monétaire attendu — probablement une baisse de taux directeurs combinée à d’autres mesures — a provoqué une forte détente des taux d’intérêt sur le marché des obligations.

Émergents, cuivre, blé

C’est un autre enseignement de ce mois de mai: les rendements de titres de dette des pays de la zone euro sont tombés à des niveaux historiquement bas, y compris dans les pays éprouvant des difficultés budgétaires, tels que l’Italie, qui peut actuellement emprunter à une échéance de dix ans moyennant un intérêt de 2,95%, contre plus de 3% en avril et plus de 4% il y a un an. En Belgique, le taux de l’Olo à dix ans est quant à lui tombé à moins de 1,85% jeudi, du jamais vu.

Alors qu’en 2013, on avait pu observer une contagion du marché obligataire des Etats-Unis vers les obligations

européennes, il semble cette fois que l’effet inverse opère. Alors que la Réserve fédérale a commencé à réduire ses mesures de soutien à l’économie et qu’une hausse des taux directeurs américains se profile à un horizon temporel encore incertain, les "Treasuries" ont enregistré leur meilleur mois depuis janvier, selon un indice de l’agence Bloomberg reprenant l’ensemble des obligations gouvernementales des Etats-Unis, ce qui a fait tomber le taux du "T-bond" à dix ans à 2,40% jeudi, son plus bas depuis juin 2013.

Outre-Atlantique, on explique ce mouvement par les indicateurs conjoncturels mitigés publiés dernièrement, qui montrent que la croissance de la première économie mondiale risque d’être inférieure aux espoirs, ce qui a conduit des investisseurs vers le refuge obligataire.

Certains ont sans doute préféré rechercher de la croissance du côté des marchés émergents. Ceux-ci viennent d’enregistrer leur meilleur mois depuis octobre 2013. Les actions émergentes ont gagné 4% en mai, ce qui leur permet d’afficher quatre hausses mensuelles d’affilée, du jamais vu depuis 2009. La "crise des émergents", tant redoutée quand ces marchés se sont fortement contractés au mois de janvier, semble bien loin désormais…

La recherche de gains a aussi conduit bon nombre d’investisseurs à miser sur les matières premières. Le cuivre a engrangé sa première hausse mensuelle de l’année, en prenant 3,28%, une progression due non seulement à une offre de plus en plus tendue — les stocks sont à leur plus bas niveau depuis 2008 — mais aussi à une reprise de la demande en provenance de Chine.

Il fallait par contre éviter d’investir dans le blé, qui a plongé de près de 7% en mai, non seulement à cause de conditions météorologiques qui laissent espérer une bonne récolte mais aussi grâce aux moindres tensions en Ukraine, l’un des plus grands exportateurs de la céréale. La boucle est bouclée.

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