Bekaert rejoue en Bourse le même scénario qu'en 2011

©BELGA

L’avertissement sur résultat que vient d’émettre Bekaert a accéléré le profil baissier de son action apparu il y a un an déjà.

La chute de l’action Bekaert vendredi passé doit réveiller un bien mauvais souvenir auprès d’un certain nombre d’investisseurs. Celui de sa descente aux enfers intervenue en 2011. En quelques mois, la société flandrienne avait effacé les deux tiers de sa valeur en Bourse. L’action n’avait fait qu’anticiper une chute de plus de 50% de ses bénéfices.

En ayant adopté un profil baissier depuis son point le plus haut de ces dernières années atteint en mai 2017 à 48,84 euros, l’action a nourri la crainte d’un remake de ce mauvais film. Ce que l’avertissement sur résultat émis par la société elle-même vendredi a confirmé. En ayant perdu près de 20% ce jour-là, l’action porte à plus de 50% ses pertes ces 12 derniers mois.

Baisse de 20% de l’ebit

L’optimisme encore affiché par les dirigeants de ce fabricant de fil d’acier au moment de la publication de ses résultats 2017, à la fin du mois de février, fait désormais place à moins d’enthousiasme. Bekaert, qui publiera ses résultats officiels vendredi prochain, a indiqué évaluer que "son résultat d’exploitation (ebit) sous-jacent pour le premier semestre sera environ 20% en dessous des attentes des analystes". Il s’était élevé à 176 millions d’euros lors de la période correspondante de l’an dernier.

Il y a fort à parier que les estimations bénéficiaires des analystes, à qui l’on pourrait aussi reprocher de pécher un peu trop régulièrement par excès d’optimisme, seront prochainement revues à la baisse. Ceux suivis par Bloomberg prévoient un bénéfice par action de 2,68 euros en 2018. Le cours de l’action, qui est revenu à ses plus bas de 2012, l’année qui s’était achevée sur une perte pour Bekaert (-1,35 euro par action), renforce malheureusement cette perspective.

De même que la litanie de motifs avancés par le groupe lui-même pour justifier son avertissement sur résultat: volatilité persistante des prix du fil machine, impact des changements de certaines politiques commerciales, lent redressement de sa filiale Bridon-Bekaert, la faible demande continue dans les secteurs de l’énergie (gaz et pétrole) en raison de retards d’activités d’investissement, la conjoncture difficile en Amérique latine, la fermeture du site de Figline-Vadarno en Italie (328 emplois en jeu), le désinvestissement des activités de Sumaré, et on en passe, constituent autant d’éléments qui mettront les résultats du groupe sous pression.

Sur la dette

Sans doute qu’à cette énumération, il conviendra encore d’ajouter la volatilité des marchés des changes. Bekaert réalise plus de 50% de ses ventes (4,1 milliards en 2017) en dehors de la zone Europe-Moyen Orient (EMEA).

La dégradation des résultats de Bekaert entraînera celle du ratio dette nette/ebitda (excédent brut d’exploitation).

Enfin, last but not least, la dégradation des résultats de Bekaert entraînera celle du ratio dette nette/ebitda (excédent brut d’exploitation). À la fin de 2017, il était de 2,3. Le groupe n’étant pas lié à un "covenant" dans ses accords de financement avec les banques, à l’exception de l’entité Bridon-Bekaert Ropes (455 millions d’euros de ventes en 2017), un recul des résultats ne devrait guère constituer un risque majeur sur ce plan.

Chez Bridon-Bekaert Ropes, où la dette est sujette à covenants, le ratio dette nette/ebitda est actuellement de 4,9, souligne Kepler Cheuvreux. Il ne peut dépasser le niveau de 5,4. Selon Bloomberg, la dette totale de Bekaert se montait à 1.634 millions d’euros fin 2017, tandis que sa trésorerie (ou équivalents) renfermait 469 millions d’euros.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés