Belgacom et Mobistar boudés par les analystes

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BT et Telecom Italia recueillent les meilleures notes des analystes. Belgacom et Mobistar figurent parmi les moins appréciées. L’opérateur historique est même le plus mal aimé.

Les groupes télécoms ont affiché de bonnes performances durant les 12 derniers mois, avec une progression moyenne proche de 15% pour les principaux opérateurs européens. Les plus fortes hausses (notamment Belgacom, mais aussi Orange ou Telecom Italia) ont été réalisées par des groupes qui étaient restés très en retard les années précédentes.

Inversement, les stars boursières de ces 5 dernières années (BT, Iliad, Telenet, Telenor) ont enregistré des performances nettement plus en retrait.

Potentiel

Le secteur télécom européen reste très fortement soumis à diverses tendances de fond: les évolutions dans les pressions concurrentielles, les incertitudes sur le caractère soutenable des dividendes, des frontières de plus en plus floues entre les opérateurs télécoms historiques et les câblo-opérateurs, l’impact des réglementations sur la capacité des groupes de téléphonie mobile à augmenter leur résultat opérationnel, les investissements à déployer ponctuellement pour proposer les nouvelles évolutions technologiques ou pour acquérir les droits de diffusion d’événements sportifs.

Et tout ceci dans des marchés matures avec des taux de pénétration déjà élevés qui rendent difficile de faire remonter durablement le revenu moyen par client. En bref, c’est un secteur sur lequel faire progresser son bénéfice reste compliqué.

Avec un rapport cours/bénéfice de 20,8 sur base des bénéfices attendus pour cette année, le secteur peut difficilement être considéré comme bon marché. Même en enlevant KPN de ce calcul, le ratio reste de 18,1. Selon les analystes, il reste néanmoins du potentiel sur le marché, d’environ 9% en moyenne pour l’ensemble du secteur, mais les écarts sont très divergents d’un groupe à l’autre, avec près de 30% de potentiel haussier pour Iliad et jusqu’à 14% de potentiel baissier sur Belgacom.

Les favoris

BT Group est clairement le groupe qui rassemble actuellement le plus de suffrages, tant au niveau du nombre d’analystes à l’achat qu’en termes de potentiel par rapport à l’objectif médian. Le marché britannique a été pendant longtemps en retard en matière de convergence et d’offres groupées, notamment suite à la sortie de la téléphonie mobile par BT Group il y a une dizaine d’années. Mais l’opérateur historique fera son retour sur ce segment d’ici la fin de l’année, et les offres groupées devraient suivre rapidement. Vu le succès de ce type de proposition commerciale dans les autres pays européens, BT Group devrait être le principal bénéficiaire de cette tendance.

Telecom Italia est l’autre chouchou, le marché italien étant également en train d’évoluer vers davantage de convergence. Il s’agit également d’une histoire de réduction de l’endettement qui devrait entraîner une normalisation de la valorisation par rapport au reste du secteur. Telenor, Telenet, Iliad et Vodafone présentent également des bilans positifs par rapport au reste du secteur.

Les mal aimés

Le Benelux fournit pratiquement tous les noms de cette liste de titres à éviter, avec Belgacom, Ziggo et Mobistar, auxquels vient s’ajouter le suédois Tele2. Pour Belgacom, seul le dividende proposé constitue un point positif par rapport au reste du secteur. Même si les performances commerciales ont été bonnes sur les derniers trimestres, la prime accordée par rapport aux autres opérateurs historiques est difficilement justifiable. Avec seulement 2 analystes à l’achat sur 22, l’opérateur historique belge est le plus mal aimé des groupes européens.

Mobistar fait clairement office de Petit Poucet au sein du secteur européen, avec une capitalisation qui représente aujourd’hui moins d’1/30e de celle de son actionnaire de référence. Le groupe a rebondi ces derniers mois, notamment suite à la publication des chiffres sur le premier semestre qui ont confirmé une atténuation des pressions négatives. Même si le groupe reste encore très loin des niveaux atteints ces dernières années, cette tendance plus favorable pourrait inciter Orange à prendre une décision quant au futur de son investissement dans le groupe belge. C’est tout du moins l’avis de nombreux analystes.

Fusions

La consolidation devrait rester à l’ordre du jour dans de nombreux pays dans les prochains mois (notamment Bouygues en France, Voo et Mobistar en Belgique). Cette consolidation devrait toujours être marquée par une marche en avant vers la convergence vers des offres groupées triples et quadruples. En Belgique, il reste également l’incertitude sur l’avenir de la participation de l’État belge dans Belgacom.

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