Bpost perd 1/5e de sa valeur en Bourse

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Bpost a connu sa plus forte claque boursière sur une journée (-22,02%) depuis sa cotation sur Euronext Bruxelles il y a cinq ans. Voici les raisons de ce mercredi noir.

Auprès des sociétés cotées en Bourse la technique consistant à faire passer des mauvaises nouvelles auprès des investisseurs en prenant des accents optimistes a depuis longtemps été élevée au rang d’art.

Le communiqué de bpost constitue un beau spécimen avec une citation de son CEO qui veut son pesant de timbres-poste. "La récente acquisition stratégique de Radial nous permet d’étendre nos activités dans un secteur logistique de l’e-commerce qui grandit à vue d’œil". Et encore ici:  "L’année à venir sera également riche en défis, mais nous gardons confiance en notre stratégie (…)." 

On a découvert des choses moins agréables, comme ses coûts médicaux: les plans d’assurance maladie du personnel de Radial sont plus coûteux qu’on ne pensait.
Koen Van Gerven
CEO de bpost

Message reçu. Et décodé. Le titre a dégringolé de 22,02% à 21,74 euros ce mercredi à la Bourse de Bruxelles, la plus forte chute en une journée de la valeur depuis son introduction en Bourse en juin 2013.

Que s’est-il passé? Comment expliquer l’écart entre le discours officiel et la réaction en Bourse?

Balayons un doute: les résultats 2017 sont bons et en ligne avec le consensus des analystes. Ils passent comme une lettre à la poste.

Là où le colis coince dans la boîte aux lettres, par contre, c’est quand on évoque 2018, "une année riche en défis" dixit le CEO ("défis" égale souvent "ennuis" en langage lissé, vous l'aurez compris) avec quelques déceptions à la clé.

Elles sont au nombre de trois.

  1. L’acquisition de la société américaine Radial s’avère moins prometteuse que prévu à court terme. "On a découvert des choses moins agréables, comme ses coûts médicaux: les plans d’assurance maladie du personnel de Radial sont plus coûteux qu’on ne pensait. " a reconnu Koen Van Gerven, le CEO de bpost dans une interview accordée à L’Echo. Il évoque également un taux de perte de clients et admet que Radial ne rapportera pas cette année "ce qu’on avait annoncé précédemment". Il parle de 17 millions d’Ebitda là où bpost tablait sur le double. C'est ce qui s'appelle découvrir des cadavres dans les placards.
  2. Découlant en partie de ce qui précède mais aussi d’un déclin plus élevé du volume du courrier domestique (-7%), d’une hausse des coûts du transport et d’une indexation des salaires attendues en novembre 2018, l’opérateur postal vise pour l’exercice en cours un Ebitda récurrent compris dans une fourchette entre 560 et 600 millions d’euros. Soit nettement en dessous des 648 millions attendus par le consensus des analystes. Un genre de chose que le marché déteste.
  3. La dernière déception se situe au niveau du dividende. Pour bpost, celui de 2018 devrait être au moins du même niveau que celui de 2017 (1,31 euro brut). Or les attentes des analystes étaient plus ambitieuses avec un chiffre moyen de 1,36 euro.

Marcel Achterberg de Degroof Petercam résume bien la déception provoquée par les perspectives  de bpost. "Nous avons été prudents lors de l’annonce du rachat de Radial. Toutefois, nous anticipions qu’il contribuerait à la croissance et à l’Ebitda en 2018. De plus, nous constatons que Radial n’explique qu’en partie la situation, écrit l’analyste. Nous tablions comme le marché sur une croissance du dividende pour la période 2018-2020 alors qu’il risque bien de rester inchangé cette année. " Il va réexaminer sa recommandation et son objectif de cours sur la valeur qui étaient respectivement à "accumuler" et à 27,5 euros.

Pour l’heure, rien ne change chez KBC Securities et ING. Le premier est à "accumuler" avec un objectif de cours de 29 euros tandis que le second "conserve" l’action avec un "target" de 24,2 euros.

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