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Correction salutaire ou nouveau cycle baissier?

©REUTERS

Le net repli des marchés mondiaux n'est-il qu'une correction salutaire provoquée par la hausse des taux ou le début d'un long cycle baissier pour les actions?

Les investisseurs européens serraient les dents ce mardi matin en attendant l’ouverture des marchés européens. La veille, Wall Street avait sérieusement trébuché avec un Dow Jones en chute de 4,6% en clôture. Le Nasdaq Composite contenait son repli à -3,78%.

Dès les premières secondes de transaction, on pouvait s’attendre à un scénario similaire de ce côté-ci de l’Atlantique : -3,74% à la Bourse de Bruxelles, -3,43% à la Bourse de Paris, -3,5% à Londres, -3,58% à Francfort, -3,3% à Madrid, -3,6% à Amsterdam.

Mais une heure après le début des transactions, les principaux indices européens effaçaient une partie de leurs pertes. Le Bel 20 ne cédait plus que 1,78%, le CAC 40 1,63% et l’Euro Stoxx 50 1,74%. Les marchés américains ont ouvert en nette baisse ce mardi, tout comme les marchés européens. Le Dow Jones perdait 2,16% à l'ouverture, et le Nasdaq cédait 1,87%. 

Craintes de l'inflation

On le sait, ce brusque reflux des marchés initié vendredi à Wall Street a pour origine la hausse des taux à long terme. Les chiffres de l’emploi publiés fin de la semaine dernière et surtout les hausses salariales, pourtant de bonnes nouvelles pour l’économie américaine, ont engendré des craintes de retour de l’inflation et, par conséquent, un risque de resserrement monétaire. Dans la foulée, les taux de rendement des bons du Trésor se sont enflammés et Wall Street a flanché.

Désormais, toute la question est de savoir s’il s’agit d’une saine correction au regard des progressions enregistrées ces dernières années et des records atteints au mois de janvier à Wall Street ou si le repli s’annonce plus durable entraînant les Bourses mondiales dans un cycle baissier.

"Une situation de panique"

"La question est maintenant de savoir s'il s'agit simplement d'un changement d'humeur temporaire ou du début d'une correction majeure", résume Milan Cutkovic analyste chez AxiTrader.

"Jusqu'où la baisse?", s'interrogent pour leur part les analystes d'Aurel BGC. S'ils estiment que "la baisse pourrait durer encore un peu d'ici la fin de la semaine", ils jugent néanmoins que "les liquidités sont également abondantes et les investisseurs devraient rapidement juger que cette baisse est davantage saine que malsaine", ouvrant la voie à une stabilisation. "Évidemment, si de nouveaux signes tendent à confirmer que l'inflation accélère réellement aux États-Unis, la volatilité pourrait rester durablement plus forte", complètent-il.

Signe positif qui devrait rassurer les investisseurs. L’économie tant des Etats-Unis que des pays de la zone euro affiche une belle santé.

"C'est un peu une situation de panique mais le développement du PIB et la robustesse de la conjoncture américaine parlent d'eux-mêmes. Je dirais que c'est un mouvement de panique à court-terme", a tempéré l'analyste Jonas Olavi du gestionnaire d'actifs Alfred Berg.

Pourquoi les marchés chutent-ils? Comment réagir?

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