Correction sur les marchés: les opportunités à saisir à Bruxelles

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Pour Michel Ernst (CBC Banque), la correction des marchés offre de nombreuses opportunités d'achat à la Bourse de Bruxelles. Et pour maîtriser ce retour de la volatilité, il conseille de miser sur les valeurs de rendement.

La Bourse de Bruxelles est également touchée par ce retour de la nervosité sur les marchés financiers. Son indice phare, le Bel 20  , a perdu 4,37% cette semaine, tandis que le Bel Mid a reculé de 2,27% et le Bel Small de 2,42%. Pour Michel Ernst, stratégiste actions senior chez CBC Banque, il n’est toutefois pas lieu de s’inquiéter. "Au contraire, cela peut même être intéressant en terme d’opportunités d’achat".

Il estime que les algorithmes - qui génèrent environ deux tiers des transactions sur les marchés - vendent le bébé avec l’eau du bain. "Certaines baisses sont logiques, mais d’autres pas du tout. L’investisseur particulier doit garder la tête froide et revenir aux fondamentaux en analysant par exemple les perspectives des sociétés. Si elles sont bonnes, toute baisse de l’action est une opportunité d’achat".

Pour lui, la saison de résultats annuels qui démarre actuellement en Europe est également un bon "facteur de soutien". Seul bémol: l’impact de l’euro/dollar. Michel Ernst conseille donc de s’intéresser à ce que les sociétés belges (ou européennes) en disent.

"Il reste des fleurons à Bruxelles"

En termes d’opportunités, il cite plusieurs valeurs belges à surveiller. D’abord AB InBev  , qui a sévèrement chuté ces dernières semaines en raison d’inquiétudes sur sa dette et ses activités américaines. Mais il rappelle que le brasseur est le leader dans son domaine, avec des marges supérieures à celles de ses concurrents. Il souligne également que l’action s’éloigne de plus en plus de l’objectif de cours moyen des analystes. Il recommande donc de voir si les résultats annuels du groupe sont bons et de profiter de la récente faiblesse du cours. "Je m’attends à ce que le titre remonte", explique-t-il.

Autre nom cité: Umicore  . Pour Michel Ernst, "le business du groupe est prometteur et sous-estimé par le marché". Il pense que c’est l’un des meilleurs raffineurs dans le monde et qu’il faut racheter l’action sur faiblesse. Un message visiblement déjà anticipé par le marché puisqu’elle évolue en forte hausse ce vendredi suite à la publication des résultats du groupe.

"Il y a eu beaucoup d’OPA dans le passé, mais il reste encore des fleurons à la Bourse de Bruxelles comme EVS Quotation, IBA Quotation, Umicore, AB InBev, Melexis ou encore Kinepolis"
Michel Ernst
Stratégiste Actions Senior chez CBC Banque

Le stratégiste penche aussi pour Melexis  ou Nyrstar  qui est en pleine transformation. Dans le secteur des biotechs, il privilégie certaines sociétés opéables comme Biocartis  , Celyad  , et surtout Galapagos  qui a une structure financière solide avec plusieurs produits dans son pipeline. "Même si l’action est mûre par rapport à ses fondamentaux, il existe un potentiel d’OPA (offre publique d’achat). On sait que l’accord de statu quo entre Galapagos et Gilead, son principal actionnaire, s’est terminé en décembre. Mais il est impossible à dire si le laboratoire américain va faire une offre. De plus, comme on l’a vu avec Ablynx, d’autres groupes pharmaceutiques pourraient être également intéressés".

Même si Bruxelles devient une "biotechs valley", Michel Ernst martèle qu’il ne faut pas tout miser sur ce secteur et oublier de diversifier son portefeuille. De manière générale, il rappelle que la Bourse de Bruxelles regorge de belles sociétés qui sont leader dans leur secteur. "Il y a eu beaucoup d’OPA dans le passé, mais il reste encore des fleurons comme EVS  , IBA  , Umicore, AB InBev, Melexis ou encore Kinepolis  ".

Misez sur les valeurs de rendement

Pour l’investisseur plus défensif, qui souhaiterait se protéger du retour de la volatilité sur les marchés financiers, Michel Ernst conseille de miser sur les valeurs de rendements. "Il est très intéressant de posséder de tels titres dans tout portefeuille bien diversifié", affirme-t-il. Il en cite six : bpost  , Cofinimmo  , Fluxys  , Gimv  , Proximus  et WDP  . "Elles ont un bêta inférieur à 1, ce qui signifie qu’elles baissent moins que le marché. Elles jouent ainsi le rôle d’amortisseur. Dans les conditions actuelles, il faut en avoir dans son portefeuille".

"Certaines valeurs de rendement ont un bêta inférieur à 1, ce qui signifie qu’elles baissent moins que le marché. Elles jouent ainsi le rôle d’amortisseur. Dans les conditions actuelles, il faut en avoir dans son portefeuille"
Michel Ernst
Stratégiste Actions Senior chez CBC Banque

Il estime que les sociétés immobilières – nos fameuses SIR – restent attractives, même si les rendements obligataires remontent actuellement. "La saison des coupons en juin sera très intéressante: on attend pour ces six valeurs un rendement moyen de 5,2% brut. C’est presque impossible de trouver une obligation de qualité qui paye autant". Le stratégiste recommande toutefois de tenir à l’œil l’évolution du marché obligataire. En cas de forte hausse des taux, il faudra alors se poser la question de garder ou non ces valeurs de rendement.

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