Crainte sur la croissance reflétée sur les marchés

© Arne Dedert

Les Bourses européennes ont évolué sous haute tension, ce mercredi. La chute des commandes à l'industrie dans la zone euro, l'émission obligataire allemande moins prisée qu'attendu et un indicateur chinois décevant ont plombé les marchés. Ajoutez à cela une journée mouvementée pour la Belgique sur les marchés obligataires, où le taux à 10 ans a dépassé les 5,50%, et vous obtenez une journée que les investisseurs sont pressés d'oublier.

Les marchés européens ont vécu une journée principalement teintée de rouge, ce mercredi. Des statistiques venues des quatre coins de la planète ont agité les Bourses, déjà pénalisées par la crise européenne. Ainsi, l’activité manufacturière chinoise a nettement chuté en novembre, tandis que l’activité privée s’est contractée dans la zone euro. Les craintes sur la croissance mondiale ont particulièrement été ravivées.

A la clôture, les principales Bourses européennes ont affiché des pertes dépassant le pourcent. Ainsi, Londres a reculé de 1,29%, à 5.139,78 points. Le Dax francfortois a cédé 1,44% (à 5.457,77 points) et Amsterdam a lâché 1,49% (à 272,79 points). Le Cac 40 parisien signait quant à lui une perte de 1,68%, à 2.822,43 points.

A Bruxelles, le Bel20 a abandonné 1,18%, à 1.923,32 points. Dexia a signé la meilleure progression de l’indice, avec une hausse de 12,55% pour 0,27 euro. Une faible valeur qui pourrait coûter sa place à Dexia dans le Bel20. En mars, la valeur bancaire devrait être remplacée par d’Ieteren. Quant à KBC, le titre a une nouvelle fois encaissé une perte conséquente, de 8,65% pour 8,37 euros.

Les indices globaux Stoxx Europe 50 et 600 ont respectivement terminé la séance sur des reculs de 0,93 et 1,10%. Tous les compartiments ont bouclé dans le rouge, à l’exception des valeurs liées aux soins de santé, qui ont grimpé de 0,46%, à 386,37 points. En témoigne notamment la hausse de MDXHealth, de 2,11% à 1,45 euro.

Une journée ponctuée de publications

Tout d’abord, l’activité manufacturière chinoise a signé sa plus forte chute depuis mars 2009. L'indice préliminaire PMI des directeurs d'achat calculé par HSBC a atteint 48 en novembre, contre 51 en octobre. Un chiffre supérieur à 50 indique une expansion de l'activité manufacturière, un chiffre inférieur à 50 une contraction. Un mauvais signal sur les marchés, déjà plombés par la crise de la dette dans la zone euro.

En zone euro, l'activité privée a poursuivi sa contraction, quoique de manière plus modérée: l'indice PMI s'est établi à 47,2 contre 49,1 en octobre. L'indice était passé sous la barre des 50 points en septembre pour la première fois depuis deux ans. Ce seuil signale un repli de l'activité. D’ailleurs, les entreprises semblent se préparer à une nouvelle détérioration de la conjoncture, souligne la société Markit, qui publie l'indice.

Ce mercredi, le Trésor allemand a émis une obligation, qui a rencontré une demande extrêmement faible. Ainsi, alors que Berlin comptait émettre 6 milliards d’euros, " seuls " 3,6 milliards d’euros ont été émis. Ce montant a été émis à un taux moyen de 1,98%. Quant au différentiel de 2,4 milliards d'euros, il  a été mis en réserve par la Bundesbank, qui entend le placer peu à peu sur le marché.

Sur le marché obligataire, le taux belge à 10 ans a atteint un nouveau sommet, et dépassé les 5,50%. En fin de journée, il s’est cependant détendu à  5,477%. Quant au Bund, il a titré à 334,174 pdb.

Sur le marché des changes, l’euro a marqué une nette chute, et est repassé sous 1,34 USD, à 1,3346 USD précisément.

AGENDA

  • France

- L'activité économique du secteur privé français a continué de se contracter en novembre pour le deuxième mois consécutif, mais moins nettement qu'en octobre, même si la production manufacturière s'est encore dégradée, selon la première estimation de l'indice PMI publiée mercredi. L'indice Flash Composite de l'activité globale en France se redresse à 48,7 points, contre 45,6 en octobre, mais reste en deçà de la barre des 50 points, ce qui signale un recul de l'activité, écrit le cabinet Markit dans un communiqué.

  • Zone euro

- L'activité privée a vu sa contraction se poursuivre, mais de manière plus modérée en novembre dans la zone euro, l'indice PMI s'établissant à 47,2 contre 46,5 en octobre, selon une première estimation publiée mercredi. L'indice était passé sous la barre des 50 points en septembre pour la première fois depuis deux ans, signalant un repli de l'activité, et les entreprises semblent se préparer à une nouvelle détérioration de la conjoncture, souligne la société Markit, qui publie l'indice.

  • Japon

- Marchés fermés au Japon

  • Allemagne

- La dernière émission en 2011 de "Bund", un titre qui fait référence pour tout le marché européen, n'a été placée qu'à hauteur de 3,6 milliards d'euros contre une offre de départ de 6 milliards d'euros. Le Bund émis mercredi, un emprunt qui fait référence pour tout le marché obligataire européen, porte un taux moyen de 1,98%. L'Allemagne avait proposé une offre de départ de 6 milliards d'euros pour cette procédure d'enchères. Mais les investisseurs ne se sont montrés prêts qu'à apporter 3,9 milliards d'euros environ, et la somme finalement placée n'atteint que 3,6 milliards d'euros, selon des chiffres publiés par la banque centrale allemande.
Le différentiel de 2,4 milliards d'euros a été mis en réserve par la Bundesbank, qui entend le placer peu à peu sur le marché.

  • Royaume-Uni

- La Banque d'Angleterre (BoE) a opté pour le statu quo sur son taux directeur et pour le maintien du montant total de ses rachats d'actifs à l'unanimité en novembre, selon les minutes de la dernière réunion de son Comité de politique monétaire (CPM) publiées mercredi.
- Lors de leur réunion des 9 et 10 novembre, les neufs membres du CPM ont ainsi maintenu le taux directeur de la banque centrale britannique à 0,5%, niveau exceptionnellement bas auquel il est fixé depuis mars 2009, et prévenu que la nouvelle tranche de rachats d'actifs, de 75 milliards de livres (86,6 milliards d'euros), annoncée en octobre, prendrait, comme initialement prévu, encore trois mois à être effectuée.

  • Etats-Unis

- Les dépenses de consommation des ménages ont ralenti à 0,1% en octobre, selon une estimation du département du Commerce publiée mercredi et inférieure à celle des analystes. A l'inverse, la hausse des revenus des Américains s'est accélérée pour atteindre 0,4% en octobre, ce qui marque sa progression la plus forte en sept mois et est supérieur à l'estimation médiane des analystes.
- Les commandes de biens durables ont reculé de 0,7% en octobre, tirées par une nouvelle baisse des commandes d'avions civils. Les analystes tablaient sur un recul des commandes de biens durables de 0,9%.
- L'inflation a ralenti à 2,7% sur un an en octobre, selon l'indice des prix associés aux dépenses de consommation des ménages (PCE).
Hors alimentation et énergie, l'inflation dite de base est remontée de 0,1 point par rapport à septembre pour s'établir à 1,7%, selon cet indice qui sert de référence à la banque centrale américaine (Fed).
- Les nouvelles inscriptions au chômage ont été quasi stables au cours de la semaine dernière, à 393.000 contre 391.000 lors de la période précédente.
- Moody's a confirmé mercredi la note attribuée à la dette des Etats-Unis, "Aaa", malgré l'échec de la "super-commission" parlementaire chargée de trouver des économies budgétaires.
- Le moral des consommateurs semble tenir en novembre, attestant d'un reflux des inquiétudes face aux perspectives économiques.
L'indice Thomson Reuters/Université du Michigan le mesurant est ressorti à 64,1 en novembre (chiffre révisé) contre 60,9 en octobre. Il est un peu en retrait par rapport à sa première estimation (64,2) et au consensus (64,5).
- Compte rendu de la réunion du FOMC du 1-2 novembre, à 20h00

VALEURS

DEXIA
- En mars prochain, la composition de l'indice Bel20 sera revue, comme chaque année. Il est fort possible qu'à l'occasion de cette révision, Dexia disparaisse de l'indice-vedette de la Bourse de Bruxelles. Avec un Bel 20 à 1960 points et un flottant de 30%, le titre Dexia devrait valoir au moins 67 cents pour rester dans le panier, selon Vincent Van Dessel, le président d'Euronext Bruxelles.

IBA
- Le groupe pharmaceutique IBA affiche un solide troisième trimestre mais table toujours un résultat proche de l'équilibre à la fin de l'exercice, pour des résultats opérationnels inférieurs à ceux de 2010.
- Le chiffre d’affaires de la section équipements affiche une forte croissance de 25,9% en grande partie grâce aux bonnes performances affichées en Protonthérapie qui arrivent à compenser la légère décroissance (-7,1%) constatée en Dosimétrie.
- Le groupe s'annonce par ailleurs optimiste pour le dernier trimestre, le carnet de commandes s’élevant à fin septembre 2011 à plus de 220 millions d'euros, offrant une belle visibilité sur les trimestres à venir.

FLORIDIENNE
- Floridienne a acquis la participation de 49,9% de Bois Sauvage dans Biofirst, pour un montant de 10,4 millions d’euros. Floridienne en est désormais le propriétaire à 100%. Biofirst est actif dans le secteur de l’alimentation et du parfum.
- KBC Securities a réduit son objectif de cours à 133 euros contre 137 euros avant.

EVS
- Le groupe d'imagerie, spécialisé dans la diffusion en direct et la production audiovisuelle, vient d'annoncer un contrat "majeur" en Europe de l'Est.
- Ce projet de studio représenterait selon le groupe une valeur de 5 millions d'euros et devrait être réalisé au cours de l'année 2012. Un montant à ajouter au carnet de commandes de 13 millions d'euros déjà annoncé début novembre et à la troisième tranche d'un contrat en Russie, également valorisée à 5 millions d'euros.

OMEGA PHARMA
- Offre de reprise volontaire au prix de 36 euros par action par Couckinvest. Jusqu’au 20 décembre.

KBC
- Le titre KBC est actuellement sous pression. Néanmoins, KBC Ancora qui détient 23% du capital de KBC confirme "le maintien intégral de sa position d’investisseur à long terme dans KBC Groupe. Une éventuelle vente d’actions KBC Groupe n’est absolument pas à l’ordre du jour."
- KBC Ancora ajoute encore qu'elle part de l’hypothèse que les turbulences sur les marchés peuvent persister, mais confirme qu’il ne s’agit pas d’une raison de revoir sa stratégie à long terme.

 

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