Des problèmes de béton plombent Engie

Les nouvelles révisions liées au problème de béton sur les réacteurs Tihange 2 et Doel 4 et la prolongation de l’arrêt du réacteur Tihange 3 représentent pour Engie l’équivalent de plus de sept mois supplémentaires de non-fonctionnement des centrales. ©REUTERS

Engie a annoncé des travaux dans ses centrales nucléaires belges. Ceux-ci vont lui coûter 250 millions d’euros de manque à gagner dans ses bénéfices. Le titre a reculé de plus de 4% ce lundi à la Bourse de Bruxelles. Il signe la plus forte baisse du Bel 20.

Le titre Engie  a perdu 4,81% ce lundi à la Bourse de Bruxelles. Il signe la plus mauvaise performance du jour au sein du Bel 20, dans des volumes de transactions 56% plus élevés que sur la moyenne des 20 derniers jours. L’action a pâti de l’annonce du groupe sur les travaux de trois centrales nucléaires en Belgique, qui lui coûteraient 250 millions d’euros de manque à gagner sur son bénéfice avant taxes, amortissements et intérêts et sur son résultat net récurrent.

Sept mois

250 millions €
L’impact des travaux dans les centrales sur les bénéfices d’Engie pour cette année. Le groupe estime pouvoir compenser cet impact.

Le groupe d’énergie explique dans un communiqué que les nouvelles révisions liées au problème de béton sur les réacteurs Tihange 2 et Doel 4 et la prolongation de l’arrêt du réacteur Tihange 3 représentent l’équivalent de plus de sept mois supplémentaires de non-fonctionnement des centrales. "Le groupe a immédiatement décidé de mettre en place un plan d’actions spécifique pour réduire les effets de ce nouvel agenda de révision sur la performance financière en 2018", souligne Engie. "Le groupe est confiant dans sa capacité à compenser significativement l’impact de ces indisponibilités nucléaires."

La société a précisé qu’elle donnerait plus de détails sur l’impact financier de ces mesures d’ici la publication de ses résultats du premier semestre, prévue le 27 juillet.

Impacts

Chez Bloomberg Intelligence, l’analyste Elchin Mammadov souligne que les prolongations d’arrêts de réacteurs vieillissants en Belgique vont "continuer à hanter Engie en 2018, plus qu’EDF, et souligner le besoin de construire de nouvelles capacités conventionnelles". Il rappelle que les problèmes des centrales nucléaires belges avaient déjà eu des répercussions sur les revenus du groupe l’année passée. D’après l’analyste, la prolongation de l’arrêt du réacteur de Tihange 3 et les révisions des réacteurs Tihange 2 et Doel 4 vont se traduire par une baisse de 10% du résultat net dans les estimations du consensus des analystes, et de 4% pour le bénéfice avant taxes, amortissements et intérêts, "alors que les estimations des analystes sont déjà au plus bas par rapport aux indications d’Engie pour ses résultats de l’année". Elchin Mammadov souligne toutefois qu’Engie va compenser les effets négatifs de ces travaux en "coupant dans ses coûts et en améliorant sa rentabilité dans ses divisions gaz et génération d’énergie hydraulique".

Chez L’Investisseur, l’analyste Youri Huygen souligne qu’Engie n’a pas indiqué les mesures que la société compte adopter pour réduire sa facture. "Mais il faut constater qu’Engie évolue de plus en plus vers une société plus verte, en mettant l’accent sur l’énergie verte, les solutions-clients et les réseaux, et moins sur l’électricité via les centrales nucléaires", indique-t-il. "90% de son plan de transition est bouclé" rappelle-t-il.

Mais le marché, ce lundi, n’a pas retenu cette transformation. Le cours d’Engie évolue désormais 13% en dessous de l’objectif de cours des analystes, fixé à 15,50 euros. La majorité des analystes reste toutefois à l’achat sur le titre. Seul Adam Dickens, analyste chez HSBC, conseille de "réduire" l’action et a placé son objectif de cours à 12,80 EUR.

Un dividende maintenu?

L’impact des travaux dans les centrales nucléaires sur les résultats d’Engie pourrait-il concerner aussi le dividende? Le groupe venait récemment d’annoncer le relèvement de celui-ci. Youri Huygen estime qu’il est peu probable que la société touche à son dividende. "La structure du bilan d’Engie reste saine, et le groupe conserve son rating chez Standard & Poor’s" relève-t-il. "Je ne pense pas que les mesures prises par Engie vont avoir un impact sur le dividende", ajoute-t-il.

La chute du titre ce lundi apparaît exagérée. Car depuis novembre 2016, l’action n’avait plus connu une telle baisse en séance. Le titre est tombé à son plus bas niveau depuis le 27 mars de cette année.

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