Des résultats pour les sociétés du Bel 20 en 2017 qui frôlent le record de 2006

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Les 18 sociétés du Bel 20 qui ont déjà publié leurs résultats pour 2017, viennent de vivre leur meilleur exercice fiscal depuis la crise financière. En hausse de 56,9% par rapport à ceux engrangés en 2016, les bénéfices totalisent un montant total de 22,2 milliards d’euros. Un montant tout proche du record de 2006!

Indéniablement, cela sent bien l’accélération de la reprise économique. Les sociétés du Bel 20 viennent de passer leur meilleur exercice depuis la crise financière de 2007-2008. Excepté ceux de Galapagos, tous les résultats ont progressé. Il y a un an, plus de la moitié des sociétés du Bel 20 avaient communiqué des chiffres en baisse. De plus, le montant total des bénéfices atteint par les sociétés qui composent l’indice Bel 20, est à un souffle de pulvériser le record de 2006. Cette année-là, ils s’étaient élevés à 22,7 milliards. Pour 2017, ils totalisent 22,2 milliards d’euros, avec des chiffres d’affaires orientés très majoritairement à la hausse. Par rapport au bilan de l’année dernière, les bénéfices font un bond de 56,9%!

Et ce n’est pas fini. Il se pourrait fort bien que ce montant soit plus élevé encore d’ici la fin de la saison des annonces de résultats. On attend en effet encore les chiffres de Sofina pour le 30 mars prochain, ainsi que ceux de Colruyt qui, en raison d’un exercice fiscal décalé, les communiquera le 19 juin. Sofina avait engrangé un résultat final de 267,5 millions d’euros en 2016 et Colruyt de 382,2 millions d’euros. En admettant que l’on ne soit pas très éloigné de ces montants – les analystes attendent même des résultats supérieurs pour Sofina –, le résultat pour l’ensemble du Bel 20 passerait alors à… 22,850 milliards d’euros en 2017.

En 2006, le Bel 20 avait bénéficié des profits record enregistrés dans le secteur des bancassureurs. À elle seule, Fortis avait réalisé 4,4 milliards d’euros. À cette performance toujours pour cette année-là, il sied encore d’ajouter la fabuleuse plus-value de 2,1 milliards d’euros qu’avait engrangée le holding GBL sur la cession de sa participation de 25,1% qu’il détenait dans l’allemand Bertelsmann.

AB InBev récupère son titre de champion

AB InBev est la société qui a engrangé les résultats les plus élevés l’an passé. Le premier groupe brassicole au monde récupère ainsi son titre de champion du Bel 20 qu’il avait perdu l’an dernier. AB InBev a publié un profit net ajusté en progrès de 64% à 7,97 milliards d’euros. Ce résultat reste toutefois un peu inférieur à celui record de 2015 (8,06 milliards d’euros) enregistré juste avant son rapprochement avec le numéro 2 mondial du secteur SABMiller.

ING, qui avait squatté la première place du podium, redescend du coup à la deuxième. Le bancassureur néerlandais a fait état d’une progression de 17% de son résultat final à 4,9 milliards d’euros. Vient ensuite en troisième position, un autre bancassureur. KBC a vu ses profits grimper de 6,1% pour atteindre 2,57 milliards d’euros. Lors de son exercice record de 2006, KBC avait réalisé un résultat net de 3,43 milliards.

Concernant la palme de la meilleure progression des résultats, elle revient à Ageas dont le résultat net a fait un bond de 2.207% à 623 millions d’euros! L’assureur avait, il est vrai, passé un exercice 2016 difficile qui avait vu fondre son résultat à peu de chose. En cause: une provision engagée dans le cadre de l’arrangement en cours avec les minoritaires de l’ex-Fortis. Il y a deux ans, avant la cession de ses activités à Hong Kong, Ageas avait gagné 770 millions.

Suivent dans ce registre, Telenet (+ 174% à 113,8 millions d’euros) dont l’exercice 2016 avait été impacté par les frais d’acquisition de Base, et Bekaert (+ 75,6% à 184,7 millions d’euros).

Il y a un an, plus de la moitié des sociétés du Bel 20 avaient communiqué des résultats en recul. Cette fois, il n’y en a qu’une seule sur les 18 à s’être retrouvée dans ce cas de figure. Il s’agit de Galapagos dont l’exercice s’est soldé sur une perte de 115,7 millions d’euros. Ayant compté parmi les sociétés qui ont déçu il y a douze mois, Engie revient pour sa part au vert, avec un profit de 1,4 milliard d’euros. Il s’agit du 4e meilleur résultat dans le Bel 20. GBL est aussi revenu aux profits. Il a engrangé un gain de 705 millions.

Ageas fait le plus gros effort pour ses actionnaires

Forts de ces résultats, les dirigeants des entreprises n’ont pas beaucoup lésiné pour améliorer la rémunération de leurs actionnaires. Comme l’an passé, 11 sociétés (sur 18) leur proposeront une hausse du montant brut des dividendes. À ce nombre, s’ajouteront très probablement Colruyt et Sofina qui pratiquent d’ordinaire une politique de hausse régulière de leurs dividendes.

Dans cette catégorie, c’est Ageas qui fournit cette année le plus gros effort dans le Bel 20. Hormis l’exceptionnel (0,40 euro par action) que l’assureur avait décrété il y a un an suite à la cession de ses affaires dans l’ex-colonnie britannique, Ageas proposera à ses actionnaires une progression de 23,5% du montant à 2,10 euros! Ce qui fait monter le rendement brut de son action à près de 5%, un des plus élevés de la Bourse de Bruxelles après bpost (6,1%), Proximus (5,8%), Engie (5,3%) et Cofinimmo (5,25%).

Rappelons qu’un précompte de 30% est retenu à la source sur les montants bruts des dividendes attribués. Mais il sera désormais possible de le récupérer lors de la déclaration des revenus de l’été 2019. Cela, jusqu’à concurrence de 640 euros.

Cinq membres du Bel 20 maintiennent le montant inchangé. Parmi eux, on trouve AB InBev pour la 3e année d’affilée, malgré le rebond de ses résultats. En fait, les profits que le brasseur a réalisés ne suffisent pas encore à couvrir totalement le montant du dividende versé aux actionnaires.

Proximus qui distribue la quasi-totalité de ses bénéfices, ne modifie pas non plus son dividende. L’opérateur télécoms garantit néanmoins un dividende total de 1,50 euro brut par action pour les exercices 2018 et 2019. Après l’avoir réduit de moitié ces dernières années, Engie vient de promettre une hausse de 7,1% à l’issue de l’exercice 2018. Enfin, Telenet et Galapagos passent une nouvelle fois le dividende.

Et pour 2018?

Avec une capitalisation boursière totale de 408 milliards d’euros, les 18 sociétés du Bel 20 qui ont publié leur résultat pour 2017, s’échangent en moyenne à 18,4 fois leurs profits nets (P/E). Vu leur valorisation plutôt élevée, il va leur falloir améliorer les performances de 2017 pour espérer bien se comporter à la Bourse de Bruxelles au cours des prochains mois.

Les relèvements de dividendes sont immanquablement sur ce plan un signe de confiance des dirigeants envers l’évolution à venir de leurs affaires. Plus concrètement, on observe que peu de sociétés ont donné des prévisions chiffrées sur leurs résultats futurs. À quelques exceptions près, telles qu’UCB qui s’attend à une baisse de son bénéfice par action de base de 4,82 euros à une fourchette comprise entre 4,30-4,70 euros. Ou Cofinimmo qui prévoit un résultat net (part de groupe) en légère hausse à 6,54 euros par action. Umicore indique de son côté se rapprocher de ses objectifs 2020 consistant à atteindre un doublement de son résultat opérationnel récurrent à 500 millions d’euros.

AB InBev, Ontex, Solvay et Telenet voient leur ebitda (excédent brut d’exploitation) s’améliorer davantage. Bpost espère réaliser un ebitda proche de celui réalisé en 2017, compris entre 565 et 600 millions d’euros. Enfin, en ce qui concerne Ageas, l’assureur fera part de son plan stratégique à 3 ans durant l’été prochain.

Toutes ces prévisions suffiront-elles à séduire les investisseurs?

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