Du retard pour le désendettement de Nyrstar?

©rv

Un analyste d'ING estime qu'il existe un risque que le processus de désendettement de Nyrstar soit repoussé à l'année prochaine. Il reste à l'achat sur la valeur, mais a réduit son objectif de cours.

Le 3 mai prochain, Nyrstar dévoilera ses résultats pour les trois premiers mois de l’exercice en cours. En 2017, le leader mondial du zinc avait déjà montré des signes encourageants comme un chiffre d’affaires en hausse et un résultat bénéficiaire contre une perte en 2016. L’Ebitda avait toutefois déçu et les inquiétudes sur le niveau d’endettement du groupe sont restées vivaces. Avec une dette de 1,1 milliard d’euros, le ratio dette nette sur Ebitda atteignait un niveau de 5,5. Ce qui est beaucoup.

Stijn Demeester d’ING Belgium en profite pour faire le point sur la situation financière du groupe. Et épingle le bon et le moins bon.

Année pivot

Le positif d’abord. Il maintient sa recommandation à "acheter" sur la valeur. Il considère que 2018 sera une année pivot pour Nyrstar avec la transformation de Port-Pirie en une usine de recyclage pour différents métaux combinée avec le retournement de tendance dans les activités minières et l’optimisation dans les opérations fonderies. "Cela devait mettre la société sur les rails d’un désendettement soutenu dans les prochaines années", écrit-il.

Ebitda revu à la baisse

Mais il reconnaît qu’il est devenu plus prudent sur le timing de ce désendettement. "Il existe une probabilité pour qu’il ne commence qu’en 2019 plutôt qu’en 2018." Stijn Demeester -et nous abordons ici le côté plus sombre du tableau- a en effet décidé de réduire ses estimations d’Ebitda de 19% à 320 millions d'euros pour 2018 et de 5% à 439 millions en 2019.

Il existe une probabilité pour que le processus de désendettement ne commence qu’en 2019 plutôt qu’en 2018.
Stijn Demeester
Analyste chez ING

Pour le premier trimestre, il table sur un montant de 57 millions d’euros contre 55 millions enregistrés lors de la même période de l’an dernier. Malgré la hausse du prix du zinc au cours du premier trimestre, il estime que cela ne se reflétera pas entièrement dans les résultats de Nyrstar. Et ce pour plusieurs raisons:

  • Les frais perçus pour le traitement du zinc sont restés faibles. Pour l’ensemble de 2018, l’analyste table sur une diminution de 14% à 155 dollars la tonne.
  • Nystar s’est couvert pour se protéger des fluctuations du cours du zinc, ce qui l’empêche de profiter pleinement de sa hausse actuelle.
  • Le rapport euro/dollar s’est encore détérioré à 1,23 contre 1,17 au quatrième trimestre 2017.
  • La remise en route de Port Pirie et de la mine de Myra Falls ne fera sentir ses effets qu’au second semestre de 2018 alors que les points énumérés ci-dessus impacteront le premier semestre. Rappelons que selon Nyrstar, Port Pirie devrait contribuer à l’Ebitda à hauteur de 40 millions d’euros en 2018, de 100 millions en 2019 et de 130 millions en 2020.

Objectif réduit à 7,5 euros

En plus de ce qui précède, l’analyste d’ING a également raboté ses estimations pour la production de métal aussi bien au niveau des mines que des fonderies. Il a dès lors revu son objectif de cours à la baisse passant de 8,50 euros (le plus ambitieux de tous les analystes suivant la valeur) à 7,5 euros. Cela donne un ratio de valeur d’entreprise sur Ebitda de 6 sur base des résultats estimés de 2019, "en ligne avec les concurrents".

©L'Echo

"Shorteurs" à l'affût, analystes divisés

Des "shorteurs", ces investisseurs qui spéculent sur une baisse du titre, pensent, pour leur part, que Nyrstar n’est pas encore tirée d’affaire. Cinq fonds spéculatifs ont une position totale de 3,42% du capital de la valeur contre quatre fonds et une position de 2,4% mi-février.

Les analystes restent, de leur côté, divisés sur l’action. Cinq recommandent un achat alors que trois conseillent de conserver le titre et trois autres de s’en séparer. L’objectif de cours moyen s’élève à 6,68 euros, ce qui offre un potentiel de hausse de 12% par rapport au cours actuel.

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