Econocom passe sous le milliard d'euros de capitalisation boursière

La société, active dans les datacenters, pourrait voir ses marges reculer au premier semestre.

L’entreprise vit une véritable descente aux enfers en Bourse. Rien que sur les 4 dernières semaines, l’action a perdu plus de 25%. Les résultats semestriels pourraient décevoir les investisseurs.

Que se passe-t-il avec Econocom? La société, spécialisée dans les services liés à la transformation digitale des entreprises, subit depuis plusieurs séances une large déconvenue en Bourse. L’action a encore perdu jusqu’à 10% ce mardi, dans des volumes cinq fois plus importants que sur les six derniers mois.

Elle a finalement clôturé la séance sur une chute de 7,41% à 4,08 euros. Ce qui signifie que depuis le début de l’année, Econocom a effacé un tiers de sa valeur. Sa capitalisation est ainsi passé sous le milliard d’euros. Dans les salles de marché, beaucoup s’interrogent. D’autant que la société n’a annoncé rien de particulier...

À y regarder de plus près, la chute a démarré il y a quelques mois déjà mais s’est amplifiée ces dernières semaines.

À y regarder de plus près, la chute a démarré il y a quelques mois déjà mais s’est amplifiée ces dernières semaines. Et la note publiée lundi par Kepler Cheuvreux peut nous apporter les premières explications. "Nos derniers contacts avec la société suggèrent des perspectives sombres pour le premier semestre", résume l’analyste Thomas Poutrieux, qui a réduit son objectif de cours à 4,60 euros contre 5,40 euros précédemment. Il a également revu à la baisse ses prévisions de résultat opérationnel (Ebit) de 6% pour l’exercice en cours. Sa recommandation est maintenue à "réduire".

Profit warning en vue?

La prudence de Thomas Poutrieux interpelle à plus d’un titre. Premièrement, c’est le seul analyste parmi ceux qui suivent l’action à avoir un avis négatif sur Econocom. Les deux tiers recommandent de l’acheter, avec un objectif de cours moyen de 6,92 euros. Ce qui signifie un potentiel haussier de 57,3% par rapport au cours de lundi soir.

"Sur le plan de la rentabilité, les perspectives sont beaucoup plus sombres"
Thomas Poutrieux
Kepler Cheuvreux

Ensuite, Thomas Poutrieux s’attend une plus forte croissance au deuxième trimestre par rapport au premier, avec une croissance organique de 9,6% contre 3,2%. "Cependant, prévient-il, les perspectives sont beaucoup plus sombres sur le plan de la rentabilité". L’analyste s’attend à un résultat opérationnel courant de 58,5 millions d'euros au premier semestre. "Ce qui signifie que la marge opérationnelle pourrait baisser de 60 points de base à 4,4%". Et c’est là que se trouve la pierre d’achoppement.

Pour mémoire, Econocom a dévoilé en octobre dernier, lors de sa journée investisseur, son nouveau plan stratégique qui fixe ses objectifs pour les cinq prochaines années. Le groupe souhaite notamment doubler son résultat opérationnel courant à 300 millions d’euros à horizon 2022, "soit une marge opérationnelle d’environ 7,5%" contre 5,2% en 2017.

"Quand vous mettez en place un nouveau plan stratégique, et que la première année les chiffres ne suivent pas, cela casse la confiance."
Marc Ernaelsteen
Analyste chez Puilaetco Dewaay

Or il semblerait que la tendance n’est pas suivi durant les premiers mois de 2018. Ce qui inquiète fortement les investisseurs. "Quand vous mettez en place un nouveau plan stratégique, et que la première année les chiffres ne suivent pas, cela casse la confiance", explique Marc Ernaelsteen, analyste chez Puilaetco Dewaay.

Lui aussi pense que les résultats semestriels pourraient décevoir. "Le bulletin ne sera pas bon". Il pointe notamment les gros contrats signés par Econocom avec des entreprises très importantes, où les marges seraient plus faibles. "Les coûts n’ont pas forcément été bien calculés et l’impact va se voir maintenant", assure-t-il. La génération de trésorerie (free cash-flow) pourrait également être décevante. Marc Ernaelsteen rappelle que la société a décidé d’investir davantage dans sa filiale de refinancement interne (EDFL). Tous ces éléments pourraient pousser Econocom à revoir ses ambitions à la baisse.

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