EnterNext, la filiale dédiée aux PME, démarre à Bruxelles

©Mathieu Paternoster

EnterNext, une filiale de NYSE Euronext dédiée aux PME, vise à contribuer au financement et au développement de ces sociétés. En Belgique, 115 sociétés cotées recevront son soutien. La filiale veut aussi amener de nouvelles PME sur le marché.

Après Paris, Nantes, Amsterdam, Lisbonne, NYSE Euronext a présenté jeudi à Bruxelles son nouveau projet: EnterNext. Comme l’a rappelé Vincent Van Dessel, le président de la Bourse de Bruxelles, "EnterNext n’est pas une nouvelle Bourse. Nous avons créé une nouvelle filiale" dédiée aux petites et moyennes entreprises de moins d’un milliard d’euros de capitalisation boursière. En Belgique, seules 25 sociétés cotées dépassent ce seuil. Vincent Van Dessel a calculé que 115 entreprises de la cote bruxelloise (hors Marché Libre) répondent aux critères pour bénéficier du soutien commercial d’EnterNext.

EnterNext a été construit à partir du modèle fédéral d’Euronext, l’ensemble qui rassemble les Bourses de Paris, Amsterdam, Bruxelles et Lisbonne. Cette filiale a reçu 18 millions d’euros de financement venant de NYSE Euronext. Sept membres du groupe, dont Vincent Van Dessel, font partie du comité d’administration de cette filiale. Huit autres administrateurs externes ont été nommés, dont Koen Dejonckheere, le PDG de la GIMV, la société flamande d’investissement. Ce conseil, où les Français dominent en nombre, ne compte que deux Belges. Eric Forest, responsable des marchés de capitaux chez Oddo Securities en France, et PDG d’EnterNext, précise que la filiale veut recruter 20 personnes qui "vont rencontrer avec moi les patrons d’entreprises". Il précise que ces personnes seront recrutées chez NYSE Euronext mais aussi à l’extérieur.

Un axe stratégique

Pour Euronext, dont le destin changera à partir du milieu de l’année prochaine, EnterNext représente un axe stratégique, souligne Dominique Cerutti, le PDG de NYSE Euronext pour l’Europe. Rappelons que d’ici l’été 2014, l’IntercontinentalExchange, qui va racheter NYSE Euronext, prévoit de mettre Euronext sur le marché. Cet ensemble doit se repositionner avant cette échéance, relève Cerutti.

Mais le défi des PME est de taille pour le groupe. Car ce segment souffre de la crise économique. Et en Belgique, les titres cotés accusent un manque de liquidités dans ce segment. Jean-Jacques Rousseau, directeur Marchés Financiers et Infrastructures chez Febelfin, a relevé que les intermédiaires financiers, dont "la priorité est d’aider au financement des entreprises" voient leurs activités devenir moins rentable. Résultat, la recherche financière sur les PME cotées ne suit plus.

Eric Forest a répondu qu’EnterNext va travailler avec les intermédiaires financiers locaux pour voir comment les aider au mieux. "Les investisseurs ont de l’argent à investir, contrairement à la période 2000-2001. Il faut juste les convaincre d’investir dans les PME. Mais il faut aussi ouvrir le champ aux firmes de capital-risque et aux family offices. Nous devons aussi prendre le temps d’expliquer aux sociétés comment rencontrer leurs investisseurs" indique-t-il.

Un nouveau modèle?

Dominique Cerutti a évoqué la possibilité de revoir le modèle du marché pour les PME. Paul Huybrechts, président de la VFB (une association d’investisseurs belges) a lui proposé que l’on introduise des mesures qui existent ailleurs, comme "les dividendes spéciaux pour les investisseurs à long terme, ou le droit de vote multiple".

Vincent Van Dessel a par ailleurs rappelé avoir déposé des propositions au ministre des Finances Koen Geens "pour créer un environnement favorable pour les PME". "Cela passe par la non taxation des dividendes en actions des PME, à la création de fonds d’investissement privés et à la suppression de la TOB (NDLR: taxe sur les opérations de Bourse) sur les PME, qui représente deux fois les frais de courtage que paie l’investisseur" indique-t-il.

Le but ultime d’EnterNext repose sur le recours plus important des sociétés aux marchés financiers. "Beaucoup de chefs d’entreprise ne connaissent pas la Bourse" souligne Eric Forest. Ce recours passe par les actions, les obligations mais aussi d’autres produits, ajoute-t-il.

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