Fièvre des rachats: cinq sociétés belges en mode OPA

©EPA

Les fusions et acquisitions dans le monde ont atteint un niveau record au premier trimestre. La Belgique n'a pas été épargnée par cette fièvre des rachats.

Voilà une information qui ne surprendra que ceux qui ne suivent pas de près l’actualité des marchés financiers. Au premier trimestre de l’année, les fusions et acquisitions (M&A) ont atteint un record au niveau mondial avec une valeur globale de 1.200 milliards de dollars, soit une hausse de 67%. En Europe les M&A ont même doublé en volume.

Rien que cette semaine trois opérations de taille ont été annoncées. Le groupe pharmaceutique nippon Takeda a déclaré publiquement son intérêt pour Shire dont la valorisation en Bourse s’élève à 32 milliards de livres. AkzoNobel a annoncé la cession sa division "chimie de spécialité" à Carlyle pour 10,1 milliards d’euros et GlaxoSmithKline va racheter au Suisse Novartis sa participation dans leur coentreprise de santé grand public pour 10,4 milliards d’euros.

La Belgique n’est pas épargnée par cette fièvre de rachats. Il y a quelques jours, Elia a renforcé sa participation dans l’Allemand 50Hertz passant de 60% à 80% en signant un chèque de 976,5 millions d’euros. Et hier, Orange Belgium s’est déclaré officiellement candidat à un rachat du câblo-opérateur VOO que le Credit Suisse évalue à 1,6 milliard d’euros.

Quatre OPA en Belgique

Ces derniers mois, quatre sociétés belges cotées en Bourse ont également été la cible d’OPA.

Takeda (il a décidément très faim, lui) a jeté son dévolu sur TiGenix au prix de 1,78 euro par action. Une condition suspensive, le feu vert de la Commission européenne pour son produit phare l’Alofisel a été levé il y a peu. L’offrant qui vise au moins 85% des actions compte procéder ensuite à une offre de reprise ("squeeze out") qui correspond à l’expropriation des derniers minoritaires, une fois le seuil des 95% du capital atteint. Aucune date de lancement n’a encore été annoncée.

Pour Ablynx par contre, le dossier avance bien. L’OPA de Sanofi va démarrer le 4 avril pour s’étendre jusqu’au 4 mai inclus. Le prospectus sera disponible la veille du lancement. Le groupe français propose 45 euros par action. Ici le minimum visé est 75% des titres en circulation avec également un "squeeze out" à la clé. La disparition probable d’Ablynx des écrans de cotation d’Euronext Bruxelles conduira à un réaménagement de la composition de l’indice Bel 20.

Les deux autres OPA, l’une sur Realdolmen par le Français Gfi Informatique au prix de 37 euros et l’autre sur Vastned Retail Belgium par sa maison-mère néerlandaise à 57,50 euros le titre représentent des opérations d’envergure plus modestes. Les détails pratiques de ces offres (prospectus, calendrier…) n’ont pas encore été communiqués.

Une seule OPA lancée par une société belge

Au final, si ces offres se déroulent comme le souhaitent les acquéreurs et que le seuil de détention de 95% est atteint, ces quatre actions devraient être radiées de la Bourse de Bruxelles.

Mais au lieu de se faire avaler, certaines sociétés cotées préfèrent prendre l’initiative. Elles sont malheureusement moins nombreuses et méritent d’autant plus un coup de chapeau. C’est le cas d’Euronav . La compagnie maritime spécialisée dans le transport de produits pétroliers prépare le rachat de son concurrent américain Gener8 Maritime. L’opération se fera via l’émission de 60,9 millions de nouvelles actions Euronav ce qui donne un prix d’achat de 493 millions de dollars. Elle devrait être finalisée au cours du deuxième trimestre 2018.

La relève se fait attendre

Pour compenser les départs prévus d’Ablynx, de TiGenix, de RealDolmen et de VastNed Retail Belgium, la relève se fait attendre.

Il y a bien eu l’apparition par l’entrée de service (pas d’offre en souscription publique) d’Acacia Pharma mais on ne voit toujours rien venir du côté d’une autre biotech, Apitope qui a annoncé, voilà quelques mois déjà, son intention de rejoindre Euronext Bruxelles. Bien sûr, il y a toujours l’IPO de Belfius mais elle reste suspendue à une décision politique. Pour le reste, les noms d’Azelis (distribution chimique) et de la biotech Promethera sont également cités mais rien d’officiel jusqu’à présent.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect