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Idylle boursière pour Biocartis

Hilde Windels, la directrice financière de Biocartis, inscrit le prix d’IPO de l’action de la biotech, à la Bourse de Bruxelles, lundi. ©Kristof Vadino

L’introduction en Bourse de Biocartis a séduit. Le titre a grimpé de 13% pour son premier jour de cotation, après avoir pris plus de 25% en séance. C’est la plus grosse IPO d’une biotech belge.

Biocartis cartonne. La société biotechnologique a réussi son entrée en Bourse haut la main en clôturant à 13 euros lundi soir, soit 13,04% au-dessus du prix fixé au terme de la période de souscription. Durant cette dernière, la demande des investisseurs avait été très forte: les promesses d’apports avaient dépassé 650 millions d’euros en tout, si bien que la société malinoise avait pu fixer le prix d’introduction en Bourse à 11,50 euros, dans le haut de la fourchette d’estimation qui allait de 10 à 11,50 euros.

Cette IPO (initial public offering) a permis à Biocartis de lever 100 millions d’euros en plaçant 8,7 millions de nouvelles actions sur le marché. Ce montant en fait la plus grosse introduction en Bourse de Bruxelles pour une société biotechnologique (voir l’infographie).

Record européen

C’est même un record européen dans cette catégorie cette année, fait remarquer Alain Baetens, responsable des cotations d’Euronext Bruxelles. "L’IPO de Biocartis est la plus grande opération en sciences de la vie cette année sur les marchés européens", a-t-il indiqué en marge de la cérémonie d’introduction en Bourse. "Elle se classe parmi les dix plus grandes IPO des dix dernières années sur Euronext Bruxelles."

Le prix de départ de l’action fixait la capitalisation boursière de Biocartis à 450 millions d’euros, un montant qui a atteint 525,8 millions d’euros lundi en clôture.

"Le lancement de nouveaux tests est notre première priorité."
Rudi Pauwels
Patron de Biocartis

Grâce à l’argent levé, la biotech belge entend principalement développer de nouveaux tests. Biocartis, qui se spécialise dans les diagnostics moléculaires, "prévoit de lancer au moins quatre ou cinq tests par an, complétés par des tests supplémentaires développés en collaboration avec ses partenaires, parmi lesquels Johnson & Johnson et Abbott Molecular", peut-on lire dans le prospectus de l’IPO. "C’est notre première priorité", a souligné Rudi Pauwels, le fondateur et patron de Biocartis, lundi.

À cette fin, la société entend investir dans le personnel affecté à la recherche et au développement.

Elle compte aussi renforcer ses effectifs dédiés à la vente et à la publicité. "Cette levée de fonds réussie nous donne les moyens nécessaires pour tenir nos promesses face aux opportunités qu’offre la médecine de précision, en augmentant notre recherche et développement et nos offres commerciales mondiales pour notre système Idylla", expliquait Hilde Windels, la directrice financière de Biocartis après l’annonce du montant levé lors grâce à l’IPO.

©MEDIAFIN

Pas de dividende

Idylla est le nom de l’appareil de diagnostic que fabrique la société malinoise et qui permet de réaliser une analyse moléculaire complète dans un laps de temps compris entre 35 minutes et 2h30, là où les tests classiques passent par des laboratoires et prennent plusieurs jours voire plusieurs semaines. Lancé en septembre dernier, Idylla est donc le produit phare de Biocartis et cette dernière entend profiter de son avancée technologique pour doper sa commercialisation. Le marché du diagnostic moléculaire était estimé à 5 milliards de dollars (4,6 milliards d’euros) à la fin de l’année 2013.

La société malinoise prévoit de ne verser aucun dividende dans un futur proche: elle conservera tous les bénéfices espérés pour le développement de ses activités. En 2014, Biocartis a réduit sa perte à 9,7 millions d’euros, après des pertes de 35,6 millions en 2013 et 44,4 millions en 2012. Son endettement s’élevait à 27,7 millions d’euros en 2013, pour un actif total de 40,5 millions.

En Bourse, lundi, la biotech a connu un moment d’euphorie puisque le titre a atteint, en séance, un sommet de 14,48 euros une douzaine de minutes après l’ouverture, ce qui représentait une prime de près de 26% par rapport au prix d’introduction. Cette avance a été ramenée à des proportions plus raisonnables au fil de la séance boursière.

Pendant trente jours à compter de l’IPO, KBC Securities interviendra éventuellement en tant que "gestionnaire de stabilisation" du cours de l’action. Cette mission, qui consiste à accompagner le titre lors de ses premiers pas en Bourse pour éviter une trop grande volatilité, n’est toutefois pas exécutée quand le cours est supérieur au prix d’introduction. C’est largement le cas depuis lundi matin…

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