"Je ne vois pas la Bourse remonter de sitôt"

Klaus Kaldemorgen. ©Jerry De Brie

Le célèbre gestionnaire de fonds allemand Klaus Kaldemorgen ne s’attend pas à un retour rapide de cieux plus cléments sur les marchés financiers.

Les Bourses ont vécu leur plus mauvais trimestre en quatre ans. Entre juin et septembre, le tonnerre s’est abattu sur l’Eurostoxx 50 – l’indice qui rassemble les 50 plus importantes actions européennes –, réduisant sa valeur de 10%, tandis que le Bel 20 affichait une baisse de 6,4% sur la même période. C’est le deuxième trimestre négatif consécutif, car entre avril et juin, les Bourses avaient déjà perdu du terrain. Grâce à son excellent premier trimestre, la Bourse de Bruxelles a réussi à se maintenir à un niveau légèrement supérieur à celui de l’an passé (+ 2%).

Les temps sont durs, donc, y compris pour un gestionnaire de fonds aguerri comme Klaus Kaldemorgen. Le gestionnaire allemand est venu en Belgique pour rencontrer des clients. Son nom ne vous dit peut-être pas grand-chose, mais dans son pays, c’est une star. Lorsqu’il parle des marchés financiers, c’est un peu comme l’Évangile. Il y a vingt ans, Kaldemorgen était responsable des investissements en actions de la société de gestion DWS Investments, l’actuelle Deutsche Asset & Wealth Management (DeAWM).

 

"Le point faible, c’est l’économie. Mais je ne suis pas trop pessimiste à propos de l’Europe."
Klaus Kaldemorgen
Gestionnaire du fonds Concept Kaldemorgen

Depuis 2011, il gère ses propres fonds au sein de DeAWM, à savoir Concept Kaldemorgen, un fonds appelé "multi-assets", qui vise à obtenir un rendement acceptable, quelle que soit la situation sur les marchés boursiers. "Si le taux est positif, alors vous pouvez choisir entre investir en actions ou en obligations – plus sûres. Mais pour l’instant, nous n’avons pas le choix: les actions sont la seule option possible. À moins de rester liquide. Nous vivons dans un environnement particulièrement complexe, où le timing est très important et tout aussi délicat, car je me suis engagé à obtenir un rendement positif avec mon fonds de ‘total return’. Mais je pense avoir les risques sous contrôle. Cette année, je vise un rendement de 2,8%. En août, au moment où les marchés ont perdu 8%, mon fonds s’est limité à une perte de 1,9%. À ce moment-là, je n’étais investi qu’à hauteur d’environ 25% en actions."

Pas de VW

Nous lui demandons s’il détient des actions Volkswagen  en portefeuille. "Non, je n’ai d’ailleurs aucune action du secteur automobile, parce que cela fait déjà un certain temps que je suis sceptique sur l’économie chinoise, et sur les possibilités d’exportation vers ce pays. Mais je dois reconnaître que je suis choqué par les nouvelles sur les manipulations des données sur les émissions."

Entre-temps, Kaldemorgen profite de la chute des marchés pour acheter des actions et élargir son exposition à environ 40%. Non pas qu’il s’attende à une forte hausse des cours dans les prochains mois. "Je ne pense pas que nous nous retrouverons dans un nouveau cycle de hausse, mais plutôt sur un marché qui tangue, avec de nombreuses fluctuations. Mais la volatilité peut aussi créer des opportunités."

Le fait que nous devions réduire nos attentes envers la Bourse ces prochains mois s’explique, selon Kaldemorgen, par le fait que les investisseurs regardent surtout la situation économique. "L’économie est le point faible. Par exemple, nous ne connaissons pas le niveau de gravité de la situation en Chine. Nous savons que la croissance va ralentir, mais pas à quel rythme. Jusqu’ici, aucun chiffre positif n’a été publié. Nous savons seulement que l’indice PMI des gestionnaires des achats est tombé en dessous de 50, ce qui fait présager un recul. Si le ralentissement est sensible, cela aura un impact sur les exportations. Surtout en Europe, car la part de la Chine dans le total des exportations est plus élevé pour l’Europe que pour les États-Unis. Mais je ne voudrais pas être trop pessimiste sur l’Europe, parce que la confiance des consommateurs s’améliore et que l’on constate une reprise dans des pays comme l’Espagne et l’Italie."

"Je ne serais pas étonné si la prochaine saison de résultats nous apportait quelques mauvaises surprises. Cela pourrait encore peser sur les projets d’investissement. On ne peut malgré tout pas exclure un rally boursier à la fin de l’année. Nous avons déjà les statistiques: ces neuf dernières années, nous avons connu un rally de fin d’année à huit reprises. Mais avant cela, il nous faudra survivre pendant octobre et novembre."

Valorisation attrayante

"Le moment est plus propice que mars et avril pour investir en actions, parce que le marché d’actions est aujourd’hui valorisé de manière plus attrayante, vu les derniers reculs des cours. Les investisseurs doivent cependant savoir qu’il est possible que le marché continue à chuter. Mais pour ceux qui ont le choix, il vaut peut-être mieux investir la moitié du montant aujourd’hui, et l’autre moitié au moment où la situation s’éclaircira quelque peu et que la volatilité aura disparu."

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