interview

Jean-Marie Caucheteux (Degroof Petercam): "Le risque en plaçant son argent dans les SIR est limité"

©© DIDIER LEBRUN / PHOTO NEWS

ILes sociétés immobilières réglementées (SIR) sont particulièrement actives ce mois-ci. Dernière en date, Cofinimmo a publié les premiers résultats de son augmentation de capital. 80,41% des nouvelles actions proposées ont été souscrites. Le reste est actuellement a été placé sous forme de scrips.

Cette augmentation de capital est liée à l’acquisition d’un portefeuille santé en Allemagne. Un segment très en vogue chez les sociétés et les investisseurs…

En effet. Le thème du vieillissement de la population reste porteur et le restera encore pour les 10 prochaines années. On a sans doute eu l’impression qu’Aedifica  progressait plus vite que Cofinimmo  dans ce segment. Mais avec cette importante opération en Allemagne (172 millions d’euros, NDLR), cela remet les pendules à l’heure. Cofinimmo a déjà annoncé sa volonté d’accroître ses activités dans la santé et la tendance devrait se poursuivre.

De manière générale, les SIR ont récemment annoncé de nombreuses opérations. 2018 est-elle une année chargée pour elles?

Il est vrai que la concentration des opérations ces dernières semaines donne l’impression que les SIR sont plus actives aujourd’hui. Mais cela est dû à plusieurs facteurs. Premièrement, nous sommes dans une période de regain économique, mais également à la veille d’une hausse des taux en Europe. C’est donc le bon moment pour agir. Deuxièmement, les SIR belges surperforment en Bourse depuis plusieurs années et plusieurs d’entre elles affichent une prime. Cela fait donc sens d’en profiter pour lancer une augmentation de capital. Il faut rappeler que ces sociétés sont condamnées à faire appel au marché pour croître. Elles ont plusieurs obligations, notamment en termes de taux d’endettement qui ne peut dépasser les 65%. Or il se situe actuellement autour de 45% en moyenne.

Enfin, dans les pays voisins, le secteur immobilier a davantage souffert de la précédente crise. Les sociétés et les banques se sont montrées plus prudentes. Les entreprises belges en ont donc profité pour s’intéresser aux marchés voisins.

"Je ne suis pas effrayé par le cours de Bourse de WDP. La société affiche un beau parcours."
Jean-Marie Caucheteux
Degroof Petercam

Les sociétés belges se portent bien pour le moment?

Oui. Cela se voit notamment en termes de taux d’occupation qui restent bons, qu’importe le segment. Même du côté des bureaux bruxellois, cela va mieux. Il y a eu moins de constructions neuves ces dernières années et la tendance vers plus de flexibilité a poussé à la hausse le taux d’occupation. Les structures financières et la gestion des portefeuilles sont également bonnes. De même pour les rendements locatifs, qui subissent pourtant une légère pression. Mais le spread avec les obligations d’état est encore correct.

La meilleure performance en Bourse est sans conteste WDP , qui gagne plus de 15% depuis le début de l’année. Comment l’expliquez-vous?

Selon Jean-Marie Caucheteux, la très bonne performance en Bourse de WDP n'est pas sans mérite. ©wim kempenaers (wkb)

On n’arrête pas un bateau comme ça (rires). D’après plusieurs études, la logistique reste le segment le plus attractif pour les investisseurs. Et la différence avec les autres segments s’est même accrue. Je ne suis pas effrayé par le cours de WDP. La société affiche un beau parcours. Et sa capitalisation boursière dépasse celle de Cofinimmo. WDP a annoncé qu’elle était en avance sur son plan d’investissement d’un milliard d’euros sur quatre ans. Ils ont déjà investi environ 850 millions. Le management vise à présent 1,25 milliard d’ici 2020. Le premier objectif était déjà pas mal, mais là c’est encore mieux.

Par contre, je m’étonne de la différence avec Montea  , qui est aussi active dans la logistique. Les performances opérationnelles sont équivalentes et leurs plans d’investissements sont plus ou moins égaux en termes relatifs. L’action Montea progresse pourtant bien moins. À mon avis, cela s’explique par la différence de taille. Les investisseurs étrangers s’intéressent surtout aux grandes entreprises.

En guise de perspectives, le second semestre sera-t-il aussi chargé?

En termes d’augmentation de capital, je ne pense pas. Peut-être Home Invest  … Sa structure financière ne permet pas de faire encore une grosse opération. Son taux d’endettement devrait atteindre 55%. Si la société veut continuer à croître, elle devra faire appel au marché. Que ce soit via une augmentation de capital ou un apport en nature.

Pour moi, le risque en plaçant son argent dans les SIR est limité. Je ne dis pas que les cours de Bourse vont grimper ou baisser dans les prochains mois mais le rendement dividendaire – qui est de 5% en moyenne – fait office de matelas.

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