L'automobile et l'acier européens victimes de Donald Trump

Donald Trump. ©EPA

L'annonce de taxes à l'importation sur l'acier et l'aluminium par le président américain pèse lourd sur les compartiments auto et acier des Bourses européennes. Donald Trump a à nouveau menacé ce vendredi d'imposer des "taxes réciproques" sur les importations.

Nouvelle passe difficile sur les marchés boursiers mondiaux ce vendredi. Cette fois, ce n’est plus la crainte liée à une hausse des taux d’intérêt qui suscite la frilosité des investisseurs. Non, la responsabilité en revient pleinement à Donald Trump. Il a annoncé jeudi soir son intention d’imposer dès la semaine prochaine des droits de douane de 25% sur les importation d’acier et de 10% sur celles d’aluminium afin de défendre une industrie sidérurgique américaine "décimée par des décennies de commerce inéquitable".

Cette annonce a fait chuter Wall Street de 2% jeudi, les trois principaux indices américains limitant quelque peu leurs pertes en clôture. Le Dow Jones abandonnait finalement 1,68% et le S&P 500 1,33%.

La Bourse de New York a d'ailleurs ouvert en recul ce vendredi. Le Dow Jones reculait de 305,59 points à 24.303,39 points. Le Nasdaq baissait de 74,57 points à 7.105,99 points et le S&P 500 abandonnait 0,86% à 2.654,55 points. Les indices se sont toutefois repris en cours de journée. A quelques minutes de la clôture, le Dow ne perdait plus que 0,43% à 24.504,31 points, le Nasdaq et le S&P 500 progressant respectivement de 1,02% et 0,24%.

Vendredi, le président américain à de nouveau menacé d'imposer des "taxes réciproques" sur les importations de certains produits dans son pays. Ce qui a encore mont d'un cran les menaces de guerre commerciale. 

"Quand un pays taxe nos produits disons à 50% et que nous taxons à ZERO le même produit qui entre dans notre pays ce n'est pas équitable ni intelligent", a-t-il affirmé sur Twitter.

"Nous allons bientôt imposer des TAXES RECIPROQUES pour que nous puissions imposer la même chose qu'ils nous imposent. Avec un déficit commercial de 800 milliards de dollars, nous n'avons pas le choix", a ajouté Donald Trump.

Levée de boucliers

Elle a aussi provoqué une levée de boucliers à travers le monde, de la Chine à l’Union européenne en passant par le Canada et l’Allemagne, certains n’hésitant pas à souligner le risque de conflit commercial international. D’autres pointent une spirale protectionniste qui se traduirait en définitive par des pertes d’emploi aux Etats-Unis.

AB InBev et l'aluminium

Jeudi, avant cette annonce officielle du Président américain, AB InBev , lors de la présentation de ses résultats annuels, demandait que les Etats-Unis renoncent à la taxe sur l’importation de l’aluminium. La moitié de la bière vendue dans ce pays est en effet conditionnée en canettes ou en bouteilles. Le géant brassicole craint qu'une telle mesure n'ait un impact sur l'emploi. L'action a terminé en baisse de 0,75% à 88,76 euros.



Auto et acier plombés

Bien entendu, les marchés européens ont souffert ce vendredi de cette mesure protectionniste. L’indice Stoxx 600 a perdu 2,09% et l’Euro Stoxx 50 2,19%. C’est le secteur des ressources de base (acier notamment) qui paie le plus lourd tribut avec une baisse de 5,79% suivi par celui de l'automobile avec un recul de 1,55%.

Si cette mesure a, en toute logique, profité aux valeurs sidérurgiques américaines, elle a pénalisé les sidérurgistes en Asie et en Europe. ArcelorMittal  a ainsi reculé de 3,07%, Salzgitter de 5,17% et Norsk Hydro  de 0,91%.

Bekaert et Aperam souffrent

A Bruxelles, Aperam qui produit de l’acier inoxydable a reflué de 2,34% à 41,67 euros. Le principal perdant, chez nous, est le producteur de fil d’acier Bekaert qui a vu son action reculer sèchement de 8,19% à 37,22 euros.

Les entreprises utilisant de l'acier, dont les coûts de fabrication devraient augmenter, sont aussi pénalisées, à l'instar de l'aéronautique et de l'automobile. Safran et Airbus  ont respectivement reculé de 4,63% et de 3,24% après le repli de 3,46% de Boeing la veille à Wall Street.



Vallourec, l'exception

Une valeur française profite toutefois de ce mouvement protectionniste en gagnant 1,51%. Il s’agit de Vallourec qui est spécialisée dans les tubes en acier sans soudure pour l’industrie pétrolière.

"Les tubes chinois importés aux Etats-Unis vont désormais être plus chers suite à cette mesure. L'écart entre ces tubes plutôt bas de gamme et ceux 'premium', comme en produit Vallourec, va se réduire, ce qui incite généralement les consommateurs de ces tubes à se tourner vers le haut de gamme", explique un analyste de Natixis.

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